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<title>BLOG CARTOGRAPHIQUE de Nicolas Lambert</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr</link>
<description>Cartographie et activisme politique #reseauFDG</description>

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<title>Bifurcation</title>
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<title>Bravo a Migreurop !</title>
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<title>La butte rouge migratoire essai de cartographie radicale</title>
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<title>Ne vous laissez pas (a)buzzer</title>
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<title>Un peu d'economie pour les nuls : la dette</title>
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<title>Lire delivre</title>
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<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Avant de me réattaquer à des articles avec un peu plus de contenu, je prolonge ici le billet du 11 janvier dernier en réalisant ici une ébauche de liste de romans que je completerai peu à peu. Ce sont des romans sociaux qui parlent de près ou de loin de l'histoire de la gauche, de révolutions, des inégalités, des injustices. Ils m'ont marqué. De Orwell à  Koestler en passant par Victor Hugo, ces romans savent décrire la réalité sociale car, bien plus que des essais qui ne font appel qu'à la raison, ils jouent avec nos imaginaires. Ils font réfléchir aussi. Oui, lire un livre peu nous changer, nous transformer. En deux mots, lire délivre.
" width="200"/></img>]]>
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<title>Chants de lutte</title>
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<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Pour une fois, je ne publie pas ici un vrai article mais je tente de realiser une idée que j'ai en tête depuis pas mal de temps. Celle ci consiste à dresser une liste des chansons révolutionnaires, de luttes, de resistances (ou sur le thème des migrations). L'idée est donc d'esquisser un début de liste que je compléterai petit à petit. Je vous mets donc toutes et tous à contribution pour enrichir cette liste si vous le désirez. Ainsi, grâce à l'effort de tous, Commençons cette nouvelle année en chantant. Excellente année à vous tous. En 2013, on lâche rien !" width="200"/></img>]]>
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<title>OpenStreetMap collaborer pour faire des cartes</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=44&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/«OpenStreetMap (ou OSM) est une carte du monde entier librement modifiable, faite par des gens comme vous.» (site OpenStreetMap France).

La montée en puissance de la cartographie en ligne

Au tournant des années 2000, 20% des requêtes réalisées sur les moteurs de recherche concernaient des lieux ou des adresses . C’est ce qui a poussé de nombreuses sociétés privées à mettre en place des portails cartographiques gratuits (ou partiellement gratuits). Dans un univers très concurrentiel, Google s’est imposé facilement en mettant à la disposition des internautes, dès 2004, un service de cartographie et de vues aériennes d’une grande partie du monde, devenu «Google Maps» (sur le web) et «Google Earth» (via un logiciel 3D). Révolutionnaire par sa facilité d’accès et sa simplicité d’utilisation, ce portail cartographique a bousculé d’emblée les us et coutumes de la cartographie et de la géomatique, jusque-là domaine réservé aux experts et aux professionnels.

Mais l’arrivée de Google Maps n’a été qu’une étape. En effet, la montée du web 2.0 (web collaboratif) a encore changé la donne pour les ressources cartographiques en ligne, au point qu’on identifie aujourd’hui un domaine nouveau de la cartographie, qui a été nommé (un peu improprement) «néogéographie».

Le contexte: du web participatif et collaboratif au crowdsourcing

Depuis le milieu des années 2000, le web a en effet connu une profonde mutation. Peu à peu, la domination sans partage du web «vertical» (top down) aux contenus élaborés par peu d’acteurs et rendus accessibles aux internautes avec peu d’interactivité, s’est atténuée pour laisser une large place à un web ouvert, participatif, collaboratif où une grande partie des contenus mis en ligne provient des internautes eux-mêmes. L’extraordinaire potentiel de la web-cartographie fascine (Palsky, 2010). Il y a plus d’interactivité: chacun peut contribuer, échanger et collaborer sous différentes formes. L’internaute devient ainsi, grâce aux outils mis à sa disposition, une personne active sur la toile. Il alimente les sites en contenus, avec les blogs ou les réseaux sociaux, de manière collaborative avec les wikis et a accès à des dispositifs très rigoureux de type science citoyenne. Les sites web 2.0 sont centrés sur l’utilisateur et lui permettent de contribuer aux contenus publiés et d’avoir un contrôle sur ces informations.


La web-cartographie n’a pas échappé à ce vaste mouvement technologique lié à de nouvelles pratiques. L’évolution des techniques vers plus de simplicité (les utilisateurs n’ont pas besoin d’avoir de grandes connaissances techniques ni informatiques) permet à tout un chacun de s’improviser cartographe et de participer à l’élaboration de contenus géographiques, ce qui était naguère un privilège réservé à des organismes officiels. Même Google a recours à cette alimentation «par le bas» (ou crowdsourcing, littéralement «alimentation par la foule») dans le domaine cartographique. Le lancement en 2008 de Google Map Maker a été pour l’entreprise l’occasion d’enrichir ses données géoréférencées par de multiples contributions d’utilisateurs (photos, itinéraires spécifiques, visualisations originales…). La représentation en 3D de la Tour Eiffel proposée par Google est, par exemple, le travail d’un internaute anglais bénévole. Depuis 2011, il est aussi possible de parcourir certains itinéraires et de survoler des paysages avec une vue en 3D qui place l’internaute aux commandes d’un hélicoptère. C’est la fonction Helicopter View (fig. 1). Ces pratiques collaboratives en géographie ou geocrowdsourcing ont fini par intéresser la plupart des acteurs importants de la cartographie sur le web: après Google, on peut citer TomTom et son application Mapshare, et enfin, plus timidement et seulement avec des professionnels partenaires, l’IGN et son application RIPart .

Ce «géoweb» enrichi par de multiples contributions issues du «geocrowdsourcing» modifie le contexte de développement de la cartographie numérique. On peut donc, sans abus de langage, parler de l’apparition d’une cartographie numérique 2.0, qui s’appuie sur un ensemble de techniques et d’outils permettant aux utilisateurs de créer leurs cartes à partir du web, en combinant leurs données avec celles provenant d’autres sources (ce que l’on appelle des données composites ou mashup).

Le modèle classique de la cartographie était celui d’une carte réalisée à partir d’une information géographique produite et consultable par des spécialistes. Le modèle du web 1.0 (illustré par Google Maps, entre autres portails cartographiques ou par le Géoportail) permettait à la carte de devenir un outil d’information et de communication produit par des experts mais consultables par tous. Dans le modèle web 2.0, la carte est un outil d’interaction et de participation où l’information géographique est produite et consultable par tous.

Un seul producteur de données géographiques utilise à l’heure actuelle uniquement l’acquisition de données sur un mode collaboratif: c’est OpenStreetMap, qui fait vraiment office de précurseur en la matière et participe à une démocratisation souhaitable des pratiques cartographiques. Cependant, on peut craindre que cette rupture technologique et culturelle radicale, qui met au même niveau les experts et les contributeurs lambda laisse de côté la question de l’expertise géographique (Goodchild, 2009).

OpenStreetMap, un projet typique du mouvement «Open Source»


OpenStreetMap (ou OSM) est un projet collaboratif de cartographie visant à produire des informations géographiques entièrement libres de droits. OSM est la plus grande coopérative libre du monde; elle regroupe aujourd’hui plus d’un demi-million de contributeurs volontaires, qui constitue une véritable communauté multilingue de cartographes. Le projet a été lancé en 2004-2005. Son objectif premier est de «cartographier le Monde rue par rue…», pour réaliser une carte du monde précise et librement modifiable par tous (fig. 2). Institutionnellement, c’est une fondation anglaise (dont le correspondant en France est une association loi 1901). Ses membres, qui viennent du monde entier, élisent un comité directeur. Une conférence est organisée chaque année: le «State of the map».

OSM est donc un système d'information géographique volontaire ou VGI, l’acronyme anglais pourVolunteered Geographical Information(Goodchild, 2007; Haklay et al., 2010). Cette démarche de création de contenus géolocalisés est bénévole et spontanée (Mericskay, Roche, 2010). Au départ, les contributeurs enregistraient les traces GPS de leurs trajets en vélo ou en voiture. Aujourd'hui, il existe trois sources de données: les traces GPS enregistrées par les utilisateurs, les numérisations d’après des images satellitaires et les données issues du domaine public (cadastre…). Les données sont libres, téléchargeables, diffusables et utilisables gratuitement, sous licence libre ODbL 1.0, spécialement conçue pour la protection des données et des bases de données .

OpenStreetMap France, contributeurs et groupes de travail français

En 2012, OSM compte 600 000 membres dans le monde. Mais seuls 20 000 d’entre eux contribuent de manière active chaque mois. Un noyau de 40 personnes est chargé de l’infrastructure, de la gestion des serveurs et des améliorations techniques. Il existe de nombreuses façons de contribuer au projet OSM.

La contribution simple vise la correction des erreurs repérées et concernant une rue ou la localisation d’un bâtiment mais également l’ajout de nouvelles informations (nom de rue, sens unique, oubli d’un tracé quelconque, points d’intérêts, etc.), le tracé de nouveaux objets à partir d’images aériennes, d’enregistrement GPS, de photos ou tout autre élément géolocalisable (consulter).

Les contributeurs peuvent être de simples personnes ou des institutions. Ces dernières peuvent contribuer en fournissant des données. En France, on peut citer la communauté urbaine de Brest, les villes de Nantes, Rennes, Toulouse ou Montpellier, des régions comme l’Auvergne ou des administrations (la Direction Générale des Impôts pour le cadastre). On peut aussi contribuer par des dons, sur le même modèle que la fondation Wikipédia.

Quatre groupes de travail sont actifs dans OpenStreetMap France:

«Technique» s’occupe de l’infrastructure informatique (serveurs, hébergement, transit et applicatifs);

«Communication» s’occupe de la communication de l’association/fondation OpenstreetMap avec ses membres, les contributeurs francophones et le grand public (site web, livres, articles, relations presse, charte graphique …);

«Relations internationales» s’occupe des échanges entre OSM France et les autres OSM dans le monde;

«Territoires» coordonne les relations d’OSM France avec les administrations territoriales pour la fourniture sans droits ou «libération» de données.

Une pratique encore réservée à un milieu de passionnés

Comme l’écrit Thierry Joliveau «la neogeography est le produit d'un peuple de geek» (2010). OSM est effectivement dominé par les informaticiens ou les passionnés de web et de nouvelles technologies. Mais la fondation a su créer un engouement pour son projet, très en phase avec des pratiques emblématiques du monde du logiciel libre. Selon un modèle lancé par la communauté Linux (qui organise des install parties), les séances de travail OSM se font bien souvent de façon collective et festive lors de ce que l’on appelle maintenant des cartoparties (en anglais mapping parties).

Une cartopartie  consiste à réunir, généralement lors d’un week-end, un groupe d’«openstreetmappers» qui vont se partager une zone et la parcourir pour la cartographier. Chaque participant, novice ou habitué, sera chargé de la numériser. Le rendez-vous est souvent fixé dans un café ou autre lieu public, de préférence avec WIFI.

OSM, un acteur en devenir

OpenStreetMap reste bien moins connue que Google Maps. Pourtant, avec sa communauté de contributeurs très réactive, il n’est pas à exclure qu’OSM devienne un jour le support cartographique de référence sur le web. Dans un contexte d’ouverture des données publiques (open data), OSM pourrait, en effet, bénéficier d’un véritable boom dans les années à venir, en tirant son épingle du jeu grâce à sa stratégie de libre diffusion des données.

Car d’autres acteurs passent à un modèle payant: depuis octobre 2011, Google facture l’intégration des services offerts par Google Maps à ses gros clients (plus de 25 000 requêtes par jour). La facture peut être lourde: 8 euros toutes les 1 000 cartes chargées (Husson, 2012). Après le choix de la solution OpenStreetMap fait par Microsoft, fin 2010 (Gévaudan, 2012), c’est au tour d’Apple de s’émanciper du concurrent Google. En effet, pour s’affranchir d’un service dorénavant devenu onéreux, la nouvelle application d’Apple utilise les données gratuites d’OSM. Dans la guerre commerciale entre Google, Microsoft, Apple et maintenant Amazon (qui prépare la sortie d’un Amazon Maps), OSM est donc bien placée.

Le point fort de la communauté OSM est sa très grande réactivité. Après le tremblement de terre à Haïti le 12 janvier 2010, la communauté OSM a mis en place un plan détaillé de Port-au-Prince en moins de deux jours grâce aux images satellites publiées en ligne juste après le séisme. Cette carte a servi aux ONG sur place pour organiser les secours, malgré son relatif manque de précision .

Selon une étude du laboratoire COGIT de l’Institut géographique national (Touya, Girres, 2009) et contrairement aux a priori que l’on peut avoir sur les données VGI, la précision reste respectable pour une utilisation SIG, notamment en France. Il semble que pour l’instant il y ait peu de concurrence entre des données OSM et des données «officielles», elles ne s’adressent pas encore au même public. Par rapport à ses voisins comme le Royaume-Uni, l’Allemagne ou la Belgique, le projet français en est à ses balbutiements, mais, comme le travail de chaque contributeur est cumulatif, il est à parier qu’un jour OSM-France sera extrêmement fourni. D’autant que grâce aux soutiens officiels de plus en plus nombreux et grâce à une augmentation exponentielle du nombre des contributeurs, OSM devrait rapidement allier fiabilité et qualité de l’information. Il reste à souhaiter que soit opérée une certaine homogénéisation des méthodes de construction de la carte, ce qui passera sans doute par la mise en place, à l’échelle mondiale, de spécifications pour le levé et la numérisation selon une échelle précise, pour une résolution minimale et une précision géométrique identiques.

Une idée pour ce week-end? Devenez un contributeur «volontaire» sur la carte coopérative d’OSM!" width="200"/></img>]]>
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<title>En avant cAmArAdes(*)</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=43&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/J'écris rapidement ce nouveau billet pour faire le point sur la situation politique du moment. Elle est désastreuse, nous tenons bon. Un message principal : pour peser sur le cours des évènements, tous ceux à gauche qui sont contre les politiques d’austérité doivent se rassembler. 

La crise est devant nous

« Le pays s'enfonçait dans la crise, les plans sociaux se multipliaient ... » (Arnaud Viviant)



La crise, nous sommes en plein dedans. Alors que les peuples souffrent, les politiques d’austérité menées partout en Europe n'ont de cesse aggraver la situation. Grâce au dernier remède du FMI et de la commission, la Grèce s'apprête à rentrer dans une 6e année de récession. Une bonne saignée n'a jamais soigné un malade. Le chômage explose en Espagne et dans toute la zone euro, les peuples grondent. A jouer le jeu de la compétitivité qui conduit de façon absurde à comprimer les salaires, l'économie européenne s'asphyxie en entraînant dans son sillage le reste du monde. En France, François Hollande nous promet sans broncher encore une année de hausse du chômage. Nous en sommes là... 

La finance repart à attaque

« Il faut toujours que ce qui est grand soit attaqué par les petits esprits » (Voltaire)



Jean-Luc Mélenchon l'avait annoncé il y a quelques semaines, la situation internationale se stabilisant avec la réélection d'Obama aux USA et la pseudo élection de Xi Jinping en Chine, les marchés allaient se ré-attaquer à l'Europe en commencent par la France. Ca n'a pas traîné... Cette semaine, Moody's a annoncé la dégradation de la note de la France qui perd son fameux triple A. Selon Moscovici, cette décision viendrait sanctionner la politique de l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy, et en aucun cas la politique de l'actuel gouvernement qui ne cesse d'envoyer des signaux encourageants. Il se trompe lourdement. Quant à François Hollande, il a annoncé qu'il fallait prendre en compte la décision de Moody's, c'est à dire accélérer le calendrier des mesures d’austérité. La finance claque des doigts et Hollande obéit à ses injonctions. Ce n'est pas la bonne stratégie. 

Hollande et Mosco au pays des bisounours

« No, I am not dangerous » (François Hollande à la City)





Pourquoi Moody's a-t-il sanctionné la France alors que tout est fait pour amadouer les marchés financiers et leur donner des gages de confiance. Avec le MES, le TSCG, l'augmentation de la TVA, le choc de compétitivité, la compression des dépenses de l'état et une politique de l'offre dorénavant assumée de façon hallucinante par la gauche au pouvoir, tout était là pour donner des preuves de bonnes volontés aux marchés. Les intentions du gouvernement étaient peut être louables, mais la décision de Moody's et la réaction de François Hollande nous montrent de façon éclatante que cette stratégie des petits pas qui consiste à cajoler la finance est une impasse totale sans aucune espèce d'efficacité. Face à un capitalisme qui s'est transnationalisé, où les frontières n'ont plus de prises sur un capital sans âme ni patrie, le compromis historique qui verrait l'accomplissement de l'équilibre social démocrate n'aura pas lieu. Cette idée surannée qui consiste à penser qu'il y aurait une stratégie gagnant-gagnant entre les travailleurs et le capital n'a rien vue de la transformation qu'à opéré ce dernier au cours des 30 dernières années. Non, François Hollande ne parviendra pas à établir un compromis historique avec le capital. Non, une politique qui utilise comme levier la diminution du « côut » (Ndlr : Prix) du travail pour jouer sur la compétitivité des entreprises n'améliorera pas le sort des plus faibles. En refusant de s'attaquer au mur de l'argent et en envoyant des signaux au Medef et aux « pigeons », François Hollande ne nous rend pas service. Il tend le bâton pour se faire battre. Et ce sont les plus faibles qui prennent les coups. 

Que faire ?

« Le capitalisme est cette croyance stupéfiante que les pires des hommes feront les pires choses pour le plus grand bien de tout le monde. » (Keynes)





Alors, que faire ? Nous ne sommes pas au pouvoir et force est de constater que nos idées ne sont pas mises en œuvre dans ce gouvernement qui se dit pourtant de gauche. Pourtant, sans nous, François Hollande n'aurait pas battu Nicolas Sarkozy. Nous sommes des ayant droit, Hollande aurait du, dans sa politique, incarner l'ensemble des forces qui l'ont fait élire. Il n'en fait rien, alors que faire ? 

Le rôle de la gauche, et a fortiori quand elle est au pouvoir, est de faire avancer la société dans le sens du progrès social. Pour la gauche, le progrès économique résulte du progrès social, et non l'inverse. Pour la gauche, la solidarité et la coopération priment sur la concurrence. Enfin, pour la gauche, l'implication populaire est la clef de l'accomplissement du socialisme. Dans l'histoire, les avancées sociales se sont toujours faites sous la pression pour la simple et bonne raison que le socialisme ne peut s'opérer d'en haut. En effet, l'état étant à la fois l'expression de l’intérêt général et de la classe dominante, celui-ci est toujours tenté de se plier à l'exigence de cette dernière. C'est donc par l'implication populaire qui permet, dans un jeu de rapport de force complexe, qu'on peut maintenir le cap dans le sens du progrès social. Que ce soit pendant le Front populaire, ou en 81 qui n'a été possible que grâce à la poussée extraordinaire de mai 68 qui a abouti sur le programme commun, partout et tout le temps, l'implication populaire est ce qui rend possible la marche vers le socialisme et le progrès social. Visiblement, Hollande n'est pas au courant. Il faut donc maintenir la pression. 

Maintenir la pression pour provoquer le changement

« On ne fait pas et on ne peut pas faire le socialisme au moyen de décrets, pas même lorsqu'existe un gouvernement socialiste, si parfait soit-il. Le socialisme doit être fait par les masses, par chaque prolétaire. Là où les prolétaires sont rivés à la chaîne du capitalisme, c'est là que la chaîne doit être rompue. C'est ça le socialisme, et ce n'est qu'ainsi qu'on peut le réaliser » (Rosa Luxemburg, 1918)




Quand on ne nous écoute pas, il faut se faire entendre. Nous ne sommes pas d'accord pour mener des politiques d’austérité qui mènent l'Europe à la catastrophe. Nous sommes nombreux à faire ce diagnostic. Que ce soit dans les rangs du PS ou au sein d'EELV, nombreux sont ceux qui pensent que cette politique n'est pas la bonne. De plus en plus d'économistes font également ce diagnostic. Au Front de gauche, en déposant des amendements, en proposant un contre budget alternatif, en regardant et expliquant d'autres modèles à travers le monde, nous tentons de montrer et de convaincre qu'une autre politique est possible et surtout réaliste. Nous montrons aussi que nous sommes prêts et organisés pour la mettre en œuvre si nécessaire. Il n'y a pas de fatalité, il y a toujours plusieurs options possibles. Nous en proposons une. 

Vers un Front anti-crise

«Celui qui ne consent pas à la rupture avec l'ordre établit, avec la société capitaliste, ne peut pas être adhérant du parti socialiste » (François Mitterand)




Mais pour cela, le Front de gauche doit s'élargir, se transformer et s'ancrer dans la société. Nous tendons la main à ceux qui ne sont pas d'accord avec les politiques d’austérité. Cette gauche là doit se regrouper pour mettre en mouvement ses forces de façon cohérente et organisée dans la bataille. Le Front de gauche est l'outil qui permet cela. Cet outil sera transformé par toutes celles et ceux qui rentrent dans le processus, ce n'est pas un outil figé mais un objet mouvant en construction. Tous ensembles, nous devons unir la gauche pour résister à l'austérité et proposer un autre modèle. 

Mais cette union ne peut se faire que sur un contenu politique concret, c'est la méthode du programme commun. Nous ne cherchons pas à dénouer les éventuelles contradictions entre les visions idéologiques des uns et des autres, nous les prenons au contraire comme des richesses. Ce dont nous avons besoin c'est d'un socle commun (république, écologie, socialisme), une stratégie (il faut rompre avec les politiques d’austérité), et un projet politique (nous le construirons ensembles). 

En nous unissant, nous ne desservons pas le gouvernement. Nous l'aidons au contraire à réaliser le changement pour lequel il a été élu. Et si le fait d'exiger de façon unitaire une politique de gauche de relance écologique de l'activité qui tourne le dos à austérité, est-ce si grave que ça ? Non, nous ne serons réellement efficaces que si nous nous regroupons sur des idées réellement de gauche. Le parti socialiste à vu en 30 ans sa ligne droitière l'emporter malgré les efforts utiles mais insuffisants de son aile gauche. EELV est à la croisée de chemins. La crise est devant nous et il est temps d'y apporter des solutions concrètes. Militants socialistes, écologistes, syndicalistes, engagés, enragés, indignés, révoltés, vous êtes les bienvenus au Front de Gauche. Comme le disait Nicolas Sarkozy en 2007, « ensemble, tout devient possible » ;-). " width="200"/></img>]]>
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<title>La gauche doit crier son NON</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=42&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/C'est la rentrée. Je me remets doucement à mon clavier. Je parle aujourd'hui d'Europe et du sujet brûlant qui est sur la table, le TSCG. 

Maastricht, 20 ans déjà
« Ce n'est pas la mondialisation qui dissout les nations, mais l'autodissolution des nations qui produit la mondialisation » (Emmanuel Todd)


Le 20 septembre prochain, le traité de Maastricht aura 20 ans. Ratifié de justesse par le peuple Français le 20 septembre 1992, ce texte était globalement perçu, par la gauche socialiste (PS), malgré ses nombreuses imperfections, comme un premier pas vers plus d'Europe, un premier pas pour unifier le vieux continent et mettre en place un système économique et politique au niveau européen. Il fallait changer d'échelle pour y instaurer le socialisme. “L'Europe sera socialiste ou ne sera pas” disait François Mitterand. 20 ans plus tard, le constat est implacable, cette gauche là s'est trompée. 

En effet, dans le traité de Maastricht, tout était déjà là : Les critères de stabilité budgétaire, la création d'une Banque centrale européenne indépendante de tout pouvoir politique. Mais, je comprends ceux qui y ont cru de bonne fois. Après tout, tout était une question de rapport de force ; l'histoire, ce sont les femmes et les hommes qui la font, rien n'était écrit d'avance. Mais le bilan est là et il est accablant. En lieu et place d'un beau fédéralisme européen promouvant l'émergence d'un peuple européen solidaire, nous avons assisté la mise ne place de la guerre de tous contre tous. C'est la concurrence libre et non faussée, le dogme libéral qui s'est imposé peu à peu. 

2005, cette fois c'est non !
« Depuis le 29 mai, nous avons rendez-vous avec l'Histoire »
(Jacques Généreux)


13 ans plus tard, nous voici en 2005. Le 29 mai 2005, le peuple Français est à nouveau consulté sur les questions européennes. A la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe?", 54, 68% des électeurs ont répondu NON ! Cela représentait 15 449 508 français contre 12 808 270 pour le oui, un résultat sans appel avec un taux de participation de plus de 70% exceptionnel pour les questions européennes qui mobilisent peu. Ce texte, qui reprenait la totalité du contenu des anciens traités, y compris le traité de Maastricht a donc été rejeté massivement par le peuple. Le NON fut majoritaire aussi à gauche. Le peuple Français, et ce ne fut pas le seul, déclara démocratiquement ce jour là vouloir tourner la page de cette Europe libérale. 

On décide que le peuple a mal voté
« Référendum. Cette méthode est désormais totalement caduque. Aujourd'hui lorsqu'un scrutin est défavorable, on ne part pas, on le change »
(Jacques Mailhot)


Malheureusement, en faisant passer le traité de Lisbonne au parlement, copié collé du TCE, la droite sarkozyste, avec l'aide du PS, a décidé que le peuple s'était trompé et que tant pis, il fallait décider pour lui. Le peuple trop bête pour décider ? On connaît cette vieille rengaine de l'histoire. Depuis ce jour, on sait que le contenu de Maastricht repris par le traité de Lisbonne est donc appliqué contre la volonté populaire. Décidément, les européistes n'en n'ont que faire de la democratie. 

2012, le TSCG
« Le mot résister doit toujours se conjuguer au présent »
(Lucie Aubrac)


20 ans après Maastricht, voici le nouvel assaut des liberaux. Le pacte budgétaire européen, appelé aussi traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) est le prochain traité européen qui est sur la table. C'est à la ligne près celui conçu par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel. Signé le 1er mars dernier par 25 des 27 pays de l'Union, ce texte doit être ratifié au parlement en Octobre pour pouvoir s'appliquer. Il faut tout faire pour qu'il ne le soit pas. Ce traité, c'est Maastricht en pire. 

Qu'y a t-il dans ce traité ?
« L'austerité vise par certaines mesures à avancer l'âge de la mort »
(Georges Marchais)


1) Équilibre budgétaire
Les budgets nationaux doivent être équilibrés (pas de déficit structurel supérieur à 0,5%). Les déficits ne sont autorisés que temporairement et exceptionnellement. 

2) La règle d'or
La règle d'or doit être inscrite dans la constitution. Les mécanismes de corrections seront automatiques, sans délibération parlementaire. C'est enfin le vieux rêve des libéraux qui voit le jour. 

3) Dette publique
Lorsque la dette publique dépasse 60% du PIB (valeur qui na pas de sens puisqu'elle met un rapport un stock et un flux), les états doivent procéder à sa résorption en 3 ans. Dans le cas de la France, cela signifie 26 milliards d'économies à réaliser chaque année. 

4) Le pouvoir à la commission
Lorsqu'un pays est trop endetté (au delà de 60% du PIB), il doit présenter un programme de reformes à la commission européenne et au conseil. Pour s'endetter, un pays doit également soumettre son projet à la commission et au conseil. Si la commission dit qu'un état ne respecte pas les règles du traité, elle peu imposer des sanctions. Seule une majorité qualifiée des états peut s'y opposer. 

5) Cerise sur le gâteau
Un état peut porter plainte contre un autre état si il estime qu'il ne respecte pas les règles du traité. 

source : www.monde-diplomatique.fr 



Exigeons un référendum
« Parce que l'Europe ne peut se faire sans ni contre les peuples, nous exigeons la convocation de référendums » (Jean-Luc Melenchon)


Fin août, un sondage réalisé pour le journal l'Humanité indiquait que 72% des Français sont favorables à l'organisation d'un référendum contre 23% pour la voie parlementaire. Ce referendum doit avoir lieu, le peuple doit être écouté et cela pour 2 raisons. Ce traité, c'est l'enfermement de la construction européenne dans la voie austeritaire (ndlr : austère et autoritaire) dans laquelle elle s'est engagée depuis de nombreuses années. 

Ce traité, c'est l'austérité. Ce traité, c'est austérité à la sauce grecque pour tous les pays d'Europe. Un exemple : Le rapport annuel 2012 de la Cour des comptes indique que le déficit structurel de la France était de 5 % du PIB en 2010, soit 96,55 milliards. Le ramener à 0,5 % du PIB supposerait une économie de près de 87 milliards d’euros ! Autre exemple : les économistes du FMI nous apprennent que la réduction du déficit d'un point de PIB, c'est un point de croissance en moins. Les politiques austérité de réduction de la dette publique provoquent donc, une contraction de l'économie, une baisse globale de l'activité et donc, in fine, moins de rentrées fiscales dans les caisses de l'état. Bref, la solution n'est evidemment pas dans l'austérité et la baisse des dépenses publiques comme le réclament les libéraux qui, de façon dogmatique, veulent toujours moins d'état, mais au contraire dans la relance de l'activité. En période de crise économique, il faut de la dépense publique. 

Ce traité, c'est aussi une perte de souveraineté, autre nom de la liberté. Après avoir perdu toute marge de manœuvre en matière monétaire, avec ce traité, les gouvernements s'apprêtent à abandonner aussi le levier de la politique budgétaire. Le contrôle préalable de la commission sur le budgets des états, c'est un transfert de souveraineté vers une instance non élue au suffrage universel. C'est une perte de souveraineté qui devrait faire sursauter la gauche. On ne peut pas construire l'Europe par moins de démocratie. Être de gauche cela renvoie intrinsèquement à la souveraineté du peuple puisque droite et gauche sont nées à la révolution française au moment du débat sur le droit de veto du roi à la Constituante. Il faut réagir ! 

Tous dans la rue le 30 septembre
« Nous étions à ce point dans la crise européenne qu'une révolution de plus, c'était une guerre de moins » (Victor Hugo)


Être socialiste c'est lutter contre l'ordre des choses. Rien n'est irrémédiable. La gauche est une force de transformation, pas une force d'accompagnement d'une mondialisation capitaliste contre laquelle on ne pourrait pas grand chose. Il faut voire les choses en grand. La construction européenne n'est pas inéluctablement libérale. L'organisation de l'Union européenne, son système économique ne tombe pas de ciel. L'Europe n'est pas régie selon des lois naturelles de l'économie contre lesquelles on ne pourrait rien. La mondialisation (ndlr : le capitalisme mondialisé) n'est pas un système tombé du ciel auquel il faudrait inéluctablement s'adapter. Non. Tout cela provient de décisions humaines et de rapports de forces. Ayant compris cela, comprenons aussi que, par conséquence, un autre mode d'organisation est possible. 

La construction a-democratique de l'Europe, celle que nous vivons, mène à la catastrophe. Cette Europe là, que François Hollande le veille ou non, c'est le primat des interets financiers sur l'interet des peuples. Pour réorienter l'Europe vers plus de justice et égalité, le seul moyen est donc de redonner le pouvoir au(x) peuple(s) européen(s). On sait que l'état est à la fois l'expression de l'interet général et de la classe dominante. Pour que prime l'interet général dans cette dualité, il faut de l'implication populaire. C'est la clef de tout. Le peuple DOIT pouvoir décider de son avenir. 

Tous dans la rue le 30 septembre pour exiger l'organisation d'un référendum sur le TSCG. L'Europe sera démocratique ou ne sera pas, exigeons un référendum. 

En attendant, bonne fête de l'Huma :-)" width="200"/></img>]]>
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<title>La social democratie est morte, vive le socialisme</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=41&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Ca sera long et dur ! Voilà en substance le coeur du discours de politique générale pronconcé par Jean-Marc Ayrault mercredi 4 juillet à l'assemblée nationale. En effet, quels que soient les mots doux et les carresses dans le sens du poil, chacune des 60 popositions de François Hollande restent invariablement soumises à une exigence : réduire l’endettement public pour un retour à l’équilibre en 2017. C'est donc bien la rigueur qui est annoncée.

Et oui, nous en sommes là. En proposant de fait une politique d'austerité (ou de rigueur ou de redressement, ce sont des synonymes), l'idée socialiste, intrinsequement égalitaire, redistributrice et humaniste n'est plus portée par le parti du même nom. La dérive social democrate sur laquelle s'est engagée le PS depuis quelques années est aujourd'hui largement consommée. Alors qu'il nous faudrait une politique de civilisation, on nous propose une politique de la rustine. Bref, le changement c'est maintenant, mais ce n'est pas pour tout de suite... 

Dans ce billet, je parle donc de cette dérive là et de l'impasse stratégique que cela représente. Je parle aussi de l'immense espoir soulevé par la belle campagne du Front de Gauche. Si vous n'êtes pas d'accord avec moi, laissez un commentaire à la fin de ce texte ou venez discuter sur twitter (@nico_lambert).

La social démocratie 
"L'histoire humaine est par essence l'histoire des idées"
(Herbert George Wells)


La social démocratie n'a pas toujours été ce courant de centre gauche que nous connaissons aujourd'hui. Son origine remonte en fait aux révolutions européennes de 1848. Porteuse à la fois de revendications sociales fortes et de revendications démocratiques (suffrage universel), c'est en France que l'idée social democrate a vu le jour pour la premiere fois. Au départ fondamentalement marxiste et bien souvent révolutionnaire, la social democratie européenne s'est peu a peu vidée de sa substance pour devenir, dans la quasi totalité des pays, un courant de gauche ou de centre gauche, fondamentalement reformiste, ayant accepté l'idée de marché.

Jacques Delors définie la social démocratie de la façon suivante. Selon lui, c'est "un double compromis entre l'état et les marchés d'une part, et entre les patronats et les syndicats d'autre part". Incarnée en Europe par Gerhard Schröder et, dans sa version anglo-saxonne par Tony Blair, la social démocratie d'aujourd'hui n'a donc plus rien à voir avec l'idée de 1848. Convaincue que le capitalisme est, malgré ses defauts, le meilleur système possible, la strategie politique social démocrate consiste donc seulement à apporter des correctifs sociaux à un système dorénavant jugé acceptable.

L'impasse strategique
"Depuis qu'ils sont au pouvoir, je n'ai jamais rien demandé aux socialistes.
Et il faut leur rendre cette justice, je n'ai rien obtenu"
(Guy Bedos)


Jacques Delors pose bien le problème. La social démocratie repose sur 4 éléments : l'état, le marché, le patronnat et les syndicats. En théorie, c'est plutôt joli. L'idée est même seduisante d'imaginer une société d'économie mixte où le dialogue et la concertation permettraient d'aboutir à un optimum social qui ne nierait personne. Ne nions pas les bonnes intentions. Mais regardons plutôt le bilan, le constat, les faits.

Partout où la social democratie gouverne, elle n'aboutit plus à des avancées sociales. Au mieux, ce sont des petites améliorations à la marge qui sont proposées ; au pire, ce sont des régressions sociales. Et ceci pour la raison suivante. Dans un système économique ouvert ou règne la guerre économique, le rapport de force n'est plus en faveur des travailleurs. Comme le dit simplement le milliardaire Warenn Buffet, "La lutte des classes existe, et c'est la mienne qui est en train de la remporter". Limpide...

On l'a dit, pensée dans le cadre de l'état nation, la strategie social démocrate devient donc inneficace dans un système ouvert ou le capitalisme s'est transnationalisé. Il faut être sans cesse plus competitif, faire baisser le cout du travail, jouer sur ses avantages comparatifs avec ses voisins... Ou sont passées les belles idées de coopération et de solidarité.

Bref, ce que nous apprenenent aussi les sciences de la nature, c'est que tout système ouvert est un système mort. Une cellule ouverte est une cellule morte. La vie n'est possible que par le cloisonnement. Avec l'ouverture des frontières aux marchandises et aux capitaux (mais pas aux humains..), l'idée de coopération et d'internationalisme s'étiole pour laisser la place à la guerre économique forcément favorable aux puissants. C'est la concurrence libre et non faussée. La social démocratie n'a rien vue venir, c'est l'échec total.

L'exception francaise ?

"Mon projet n'est pas socialiste" (Lionel Jospin)
"Il faut donner du sens à la rigueur" (François Hollande)


Ne faisons pas durer le suspens. Non, il n'y a pas (plus) d'exception Française. Alors que le gouvernement de Lionel Jospin était peut être le plus à gauche d'Europe lorsqu'il gouvernait (il y a bien eu des succès : 35h, CMU, etc...), la pente des privatisations et des libéralisations était glissante. Aujourd'hui, plus grand chose ne distingue le PS des autres partis sociaux démocrates européens. Certains disent que c'est la construction européenne qui avance, d'autre diront que c'est la gauche et ses idées qui reculent. Je me range bien sur du côté des seconds.

Quelles sont les grandes avancées sociales promises par le nouveau gouvernement ? Le contrat de génération ? En théorie, l'arrivée au pouvoir du PS aurait du se traduire par des avancées sociales fortes. Pas cette fois. L'éléction de François Hollande se traduit au contraire par une augmentation du SMIC rikikie (l'équivalent d'un carambar par jour), des coupes dans les depenses publiques, des suppressions de postes dans les secteurs non prioritaires (15 000 postes en moins chaque année) et une politique migratoire (in)digne de la droite. Non, ce ne sont pas les choix sociaux qui ont été faits. La priorité a été donnée à l'équilibre des comptes publiques. Le leitmotiv du parti socialiste est desormais : il faut produire la richesse avant de la partager. Pis, la France accepte non seulement la rigueur budgétaire déjà mise en œuvre par Sarkozy mais aussi son approfondissement. Selon la Commission européenne, notre pays doit « garantir que le déficit excessif (au-delà de 3% !) sera corrigé dans les délais fixés ». Elle ajoute : la France devra arriver ensuite le plus vite possible sous la barre des 0,5% de « déficit structurel ». Ca tombe bien, c'est exactement le programme de François Hollande. Certes, il y aura des améliorations sociales à la marge (la réélection de Sarkozy aurrait été pire que tout), mais c'est la fuite en avant austeritaire.

Le retour du peuple
"On ne fait pas les révolutions avec de l'eau de rose"
(Chamfort)


C'est en allant à la mer que le fleuve reste fidèle à sa source écrivait Jean Jaurès. La mer, c'est le socialisme historique incarné par le Front de Gauche ; le chemin pour y arriver, c'est l'implication populaire.

Durant la campagne présidentielle, nous avons vu le peuple reinvestir l'espace public. Les rassemblements de la Bastille pour la 6e republique, sur la plage du prado ou sur la place du capitole ont étés des évenements nouveaux qui ont surpris. "Place au peuple", disions-nous. Nous criions "RESISTANCE ! ". C'est le retour du peuple. Comme l'ecrit Lev Davidovitch, alias Léon Trotsky, "le trait le plus incontestable de la révolution, c'est l'intervention directe des masses dans les évenements historiques" (Histoire de la révolution russe). L'éléction présidentielle a été une première étape de la révolution citoyenne qui sera inéluctablement la prochaine révolution française. Nous avons voulu en faire un beau moment d'éducation populaire et ce fut un réel succès. Nous avons fait avancer les idées de gauche. Au final, avec presque 4 millions d'élécteurs au premier tour, le Front de gauche a fait une avancée prodigieuse. C'est l'evenement politique de la campagne, la seule force nouvelle, la seule qui ait fait une réelle percée politique. 



L'espoir vient aussi d'ailleurs. Aux elections du 17 juin en Grèce, Syriza est arrivé en deuxième position, mais en tête dans la grande ville d'Athène qui regroupe non loin de la moitié de la population nationale. Ce score, analysé avec soulagement comme une défaite de Syriza par nombre d'éditorialistes et personalités politiques de gauche soulève en réalité un immense espoir. Ce résultat est énorme et sans précédent pour la gauche radicale. Enfin en Europe, les solutions autres qu'austeritaires sont crédibles. Elles sont majoritaires à gauche, et surtout auprès des populations qui souffrent directement de la crise. 

Hauts les coeurs
"Là où il y a une volonté, il y a un chemin"
(Vladimir Illich Lenine)


Alors hauts les coeurs. En France, la dynamique continue. Mercredi 27 juin, Gauche anticapitaliste a rejoint le Front de Gauche. C'est la huitième composante à le rejoindre depuis sa création. Bref, le Front de Gauche s'impose clairement comme la deuxième force à gauche, c'est le lieu de rassemblement, c'est une alternative sociale et écologique crédible qui peut être majoritaire dans notre pays, et ainsi emmener l'Europe derrière elle.

Ne soyons pas deçus par les resultats. Certes, nous avons esperé plus, mais ce que nous avons construit collectivement et beau et solide. Pendant cette campagne, nombre de gens se sont forgés une culture politique, ont appris beaucoup de choses. Les braises sont là, il ne nous reste plus qu'à souffler dessus. Alors, on lâche rien :-)" width="200"/></img>]]>
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<title>Le 22 avril, prenez le pouvoir </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=40&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Alors qu'il est dores et dejà annoncé que le couperet de la finance tombera sur la France au lendemain de l'election présidentielle, les deux "grands" partis manquent de réponses. Entre la concurrence libre et non faussée assumée par Sarkozy et son traité de Lisbonne ravageur et Hollande qui défend une social démocratie sympathique mais devenue inopérante face à un capitalisme qui s'est transnationalisé, la crise a de beaux jours devant elle. Et ce ne sont pas les réponses autoritaires et xénophobes d'un Front national obnubilé par les questions d'immigration qui seront crédibles face à un capital prédateur que le parti de la famille Le Pen a toujours cajolé. Cette crise que nous avons sous les yeux, qui est une crise de la spéculation et non une crise de la dette dite souveraine, produit beaucoup de pauvres, mais aussi beaucoup de riches ; bref, elle accroît les inégalités. Face à cela, un seul remède, le partage des richesses. 

Place au peuple 
"Une insurrection qui éclate, c'est une idée qui passe son examen devant le peuple"
(Victor Hugo, les misérables)

Partout dans le monde, quand le peuple se révolte, il descend dans la rue et occupe l'espace public. Après la place Tharir au Caire, la plaza del Sol des indignés à Madrid ou Occupy Wall street, ce fut au tour de la France et de sa prise de la Bastille le 18 mars dernier. Avec 120 000 personnes rassemblées devant les yeux incrédules des journalistes médusés, le peuple français a fait lui aussi immersion sur la scène politique. Au fur et à mesure que ce mouvement grandit, le peuple s'éduque, se conscientise et grandit. Il est là non pas pour soutenir simplement un candidat, mais bel et bien sur des idées et un contenu politique dont il est lui même le maître d'œuvre. La révolution citoyenne nécessite l'implication populaire car la révolution ne se décrète pas d'en haut. Il n'y a pas d'homme providentiel. Bref, c'est le retour du peuple. 

Melenchon présisons 
"Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience"
(Jean Jaurès)

Aussi talentueux et fort en gueule qu'il soit, Jean-Luc Mélenchon n'est pas notre sauveur. C'est notre porte drapeau, notre porte parole, celui qui défend la parole commune. Dans les meetings du front de gauche, on ne crie pas son nom, on crie "RESISTANCE" ! Ces masses de femmes et d'hommes qui se rassemblent à ses meetings ne sont pas une foule de supporters venus soutenir un chef, ils forment une assemblée consciente au service d'un projet politique élaboré collectivement. On ne deplace pas 120 000 personnes à la bastille un jour de pluie pour entendre parler 20 minutes quelqu'un à une tribune, aussi bon orateur qu'il soit. On y va pour pour etre ensemble et faire une démonstration de force. 

Tout comme notre projet, notre campagne est collective. Une seule consigne, n'attendez pas les consignes, tel est notre mot d'ordre. Si nous voulons prendre le pouvoir avec le Front de Gauche, c'est pour le partager car le peuple est partie prenante de la democratie ; on ne gouverne pas contre lui. Il faut donc en finir avec la monarchie quinquennale qui concentre tous les pouvoir dans les mains d'une seule personne. Il faut passer à la 6e république. S'il est est élu, Jean-Luc Mélenchon sera le dernier président de la 5e république. Une fois au pouvoir, le Front de gauche convoquera une assemblée constituante. Cette assemblée aura la charge de définir les règles de la 6e république pour qu'enfin le peuple puisse exercer pleinement sa souveraineté. Cette 6e république sera parlementaire, sociale, féministe et participative. 

L'Humain d'abord 
"Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre révolution"
(Saint-Just)

Élaboré collectivement par de nombreux acteurs de l'autre gauche rassemblés au sein du Front de Gauche, l'Humain d'abord est le programme proposé au peuple Français pour l'élection présidentielle et les élections législatives à venir. Plaçant l'Humain au coeur de son projet, le Front de Gauche rappelle à travers ce programme que l'économie est au service des peuples, et non l'inverse. Ainsi, notre programme partagé propose en premier point de partager les richesses et d'abolir l'insecurité sociale. Cela passe par l'instauration d'un salaire maximum, d'une augmentation du SMIC à 1700 euros, de la mise en place d'un effort de solidarité partagé par l'établissement de 14 tranches d'impôts sur le revenu, de la titularisation des précaires de la fonction publique et de faire en sorte de le CDI redevienne la norme dans notre pays. Halte au précariat (précarité/prolétariat). Mais, même si nous nous appuyons sur la demande pour relancer l'économie, nous ne voulons pas la croissance à n'importe quel prix. Conscients des ravages du productivisme, notre cap, le socle de notre programme, c'est la planification écologique. Le capitalisme s’est structurellement développé selon une économie de gaspillage des ressources naturelles. Il est temps de penser le développement et le progrès humain sur le temps long et donc planifier. Nous créerons donc un pôle financier public qui permettra d’investir dans une réorganisation de notre appareil de production. Par l'intermédiaire d'un protectionnisme social et écologique, nous relocaliserons l'économie pour que cesse hémorragie de la desindustrialisation. Enfin, avec la règle verte, nous engagerons la sortie des énergies carbonées. Évidemment, rien de tout cela n'est possible dans le cadre du traité de Lisbonne dont il faudra sortir. Notre projet est au service du progrès humain et a pour objectif l'émancipation des femmes et des hommes de notre pays. Bref, c'est l'Humain avant la finance. 

Prenez le pouvoir 
"La meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuples"
(Machiavel)

La révolution citoyenne est en marche ; elle est inéluctable. Car alors que chaque jour, la crise financière frappe un peu plus durement les plus démunis, la cocotte minute boue. Y mettre un couvercle dessus n'y changera rien. Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Italie ou au Portugal, les peuples d'Europe n'en peuvent plus. Dans cette Europe qui est plus riche qu'elle n'a jamais été, le peuple est laissé pour compte et chaque jour un peu plus dépossédé de sa souveraineté. Pourtant, en démocratie, c'est le peuple qui gouverne. Le souverain, c'est nous ! Reprenons le pouvoir. Vous aussi, aidez nous a faire avancer la révolution citoyenne. L'austerité n'est pas une fatalité, prenez le pouvoir." width="200"/></img>]]>
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<title>Cartographie radicale</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=39&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Ayant un peu trop délaissé ces derniers temps la cartographie sur ce blog, j'y reviens aujourd'hui pour parler de cartographie radicale. Ce mouvement qui intervient à la marge de la cartographie conventionnelle, mérite en effet qu'on s'y attarde quelques minutes, en particulier sur un blog comme celui ci qui tente de concilier cartographie et engagement militant. Comme d'habitude, j'attends vos commentaires avec impatience à la fin de ce billet. Et un grand merci avant de commencer à Philippe « reka » Rekacewicz pour ses conseils de lecture (@VisionsCarto sur twitter). 

Qu'est ce qu'une carte ? 
« Aucune carte n'est digne d'un regard si le pays de l'utopie n'y figure pas »
(Oscar Wilde)


Une carte est une représentation schématique de la réalité mise à plat. C'est « une représentation géométrique plane simplifiée et conventionnelle de tout ou partie de la surface terrestre, et cela dans un rapport de similitude convenable qu'on appelle échelle » (F. Joly, 1976). C'est aussi une représentation, qui sous couvert de rigueur scientifique, est largement pensée comme une représentation objective et concrète de la réalité. C'est sur la carte, donc c'est vrai, voilà ce qui est couramment admis ; la carte est presque considéré comme une preuve. Pourtant, les cartes mentent. Étant une représentation où tous les éléments de la réalité ne peuvent être représentés (il faut sélectionner, agréger, hiérarchiser, …), la carte n'est rien d'autre qu'une vision subjective de la réalité. Car en effet, « pour pouvoir reproduire de manière significative, sur une feuille de papier plane ou sur un écran vidéo, les relations complexes d'un monde en trois dimensions, une carte doit déformer la réalité » (Comment faire mentir les cartes, Mark Monmonier, 1993). « La carte est intentionnelle donc sélective, subjective autant qu'objective » (Michel Foucher, 2011). 

Les cartes mentent 
« Maps are subjective »
(Jai Sen, an atlas of radical cartography)


« Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées » disait Winston Churchill. Il est en effet bien facile de faire dire aux chiffres tout et n'importe quoi, nous en avons des exemples dans les médias tous les jours. Mais cela est peut être encore plus vrai pour les cartes. Le cartographe a des choix à faire lorsqu'il dessine une carte, il choisit les objets à représenter, les couleurs, il traite les données, il hiérarchise, il sélectionne, etc... Et même lorsque on se veut le plus objectif possible, on choisit quand même. Ne pas choisir, c'est encore choisir, disait Jean-Paul Sarte. Bref, il n'existe pas de représentation objective du monde. Une carte n'est jamais un objet neutre mais toujours un point de vue visant à véhiculer un message, conscient ou non. Se rend on compte par exemple à quel point la carte du monde de Mercator, conçue au départ pour la navigation maritime, déforme la réalité ? 



D'autres façons de mettre la terre à plat sont pourtant possibles : (voir la projection de Peters) 

Bref, les choix de fond de carte, de couleurs, des données, de projection, de sélection, les choix statistiques ont un impact sur le rendu final de la carte. 



Donc même s'il existe des règles théoriques, scientifiquement fondées, pour bien représenter telle ou telle donnée, le cartographe a toujours la possibilité d'orienter son message dans un sens plutôt qu'un autre. C'est d'ailleurs l'essence même de l'art cartographique que d'être capable de produire une image véhiculant un message sciemment pensé et clairement audible. Car au delà du savoir faire technique, le savoir faire du cartographe est bien de créer des images pour étayer une démonstration ou pour appuyer un raisonnement. La carte vient toujours en appui d'une démonstration scientifique ou d'un argumentaire politique. C'est un outil. Donc, même si la carte est un outil efficace pour explorer, analyser et comprendre les disparités spatiales, elle reste avant tout un outil de communication. Comme dit le vieil adage, un dessin vaut mieux qu'un long discours. 

Le pouvoir des cartes 
« Mapping is ... an act of power »
(Jai Sen, an atlas of radical cartography)


Précurseur, le géographe anglais John Brian Harley se demande très tôt si la carte géographique est bien une représentation objective du réel ou si elle n'est pas plutôt une construction sociale. Il répond à cette question en décrivant la carte comme un outil de surveillance, et de pouvoir d’un gouvernement sur un territoire. Pour Harley, la carte est un produit social incarnant une forme de pouvoir. Selon lui, la carte porte intrinsèquement en elle un discours idéologique. Ayant conscience de cela, il n'est pas entonnant que le rôle de production cartographique, comme des statistiques aient longtemps été l'apanage des états (Statistique provient de state = état). Ainsi, en France, c'est bien l'IGN qui assure depuis 1940, depuis la dissolution du service géographique des armées (fondé en 1887), la production de cartes topographiques pour le territoire national. 

Les pouvoirs exercés par la carte sont de quatre ordres. Premièrement, c'est un outil administratif. En France, c'est Napoléon qui instaura le cadastre en 1807 dans le but d'imposer les citoyens aux contributions foncières. La mise en carte de façon unique et centralisée de la propriété foncière est donc bien un outil de domination et l'exercice du pouvoir. Deuxièmement, c'est un outil de pouvoir économique. Quiconque est capable de produire des cartes détaillées dispose d'un atout non négligeable pour déterminer les routes commerciales ou développer des visions géostrategiques. Troisièmement, c'est un outil pour faire la guerre. Être capable de produire une carte précise des champs de bataille a toujours été un élément décisif pour les militaires, et cela est toujours aussi vrai aujourd'hui avec l'avènement de la télédetection et de la 3D. Enfin, c'est évidemment un outil de souveraineté. A ce jour, de nombreuses frontières sont encore disputées. Que ce soit le Sahara occidental, le Cachemire ou la Palestine, produire des cartes sur ces territoires contestés en y représentant la localisation au mètre près de telle ou telle frontière est bien un moyen d'ancrer dans le réel une revendication territoriale. 

Prenez le pouvoir 
« Dessiner une carte c’est prendre le pouvoir, avec le stylo comme seule arme, décider du moindre trait, sélectionner, exagérer, voire mentir. » (Ingrid Saumur)


Avec une production centralisée, contrôlée et normative, les cartes sont donc traditionnellement l'expression du pouvoir et non de la contestation. Car on l'a vu, qui a le monopole sur la création cartographique, impose sa vision du monde. Et même dans un monde largement ouvert où le web participatif s'impose peu à peu (Cf http://www.openstreetmap.org/), il n’y a à ce jour pas ou peu l'expression populaire de la cartographie comme il peut y en avoir dans d'autres domaines (musique, littérature, ...). Il n'existe pas ou peu de contre culture cartographique. Développer cette contre culture, c'est là tout l'enjeu de ce mouvement en construction qu'est la cartographie radicale. La cartographie radicale, c'est penser la cartographie comme contre pouvoir . C'est une cartographie qui vise à faire voler en éclat ou ébranler les structures de pouvoir et de domination. Comme le dit si bien Pierre Laurent, secrétaire national du parti communiste français, il faut « prendre le pouvoir pour le partager ». C'est tout l'objet de la cartographie radicale, « contrer adversaire avec ses propres armes » (owni.fr, 30 mars 2001). C'est donc forcément une cartographie populaire et participative qui donne à voir d'autres visions du monde. Bref, en cartographie comme ailleurs, Prenez le pouvoir. 

La cartographie radicale 
« We define radical cartography as a practice of mapmaking that subverts conventional notions in order to actively promote social change »
(Alexis Bhagat & Lize Mogel, an atlas of radical cartography)


Assez tourné autour du pot, qu'est ce que la cartographie radicale ? La cartographie radicale est donc une cartographie populaire et politiquement engagée. Loin des us et coutumes académiques, c'est aussi la « combinaison revendiquée d’art, de sciences, de géographie, de politique et d’activisme social. » (Reka). C'est aussi souvent « une forme de contestation au service de la dénonciation des pratiques politiques douteuses et de la justice sociale » (reka). Souvent anticapitaliste ou altermondialiste, c'est une cartographie subversive, qui en jouant le rôle de contre pouvoir, essaye inverser les structures de pouvoir en place. C'est la cartographie contre la pensée unique. 

Subversive et provoquante, la cartographie radicale peut heurter les professionnels de la cartographie dite classique. Utilisant plutôt (mais pas forcément) des représentations iconoclastes ne respectant pas toujours les règles classiques de la cartographie (sémiologie bertiniene), la carte est ici utilisée avant tout comme un outil de communication au service d'un combat à mener. Utilisant parfois des représentations cartographiques conventionnelles ou plus souvent des expérimentations visuelles, les cartes ne sont ici que des outils au service d'une cause politique : libre circulation des personnes, rendre visible les invisibles, lutte contre les autorités, etc... Comme semble l'illustrer le collectif « Échelle inconnue » (http://www.echelleinconnue.net/), ce mouvement semble peu ou pas organisé, voire carrément bordélique. La raison de cela est qu'il promeut explicitement le désordre culturel ; son organisation est donc forcément déstructurée et informelle. C'est le grain de sable... 

Voici quelques exemples : 

1) iSee project
http://www.an-atlas.com/contents/iaa_iaa.html 



Le projet iSee est une application en ligne qui cartographie l'emplacement de toutes les caméras de vidéo surveillance à Manhattan. Cette carte est évidemment subversive. On peut y voir notamment que sont surveillées, non pas les zones pauvres à forte criminalité, mais plutôt les quartiers d'affaires ou les zones économiquement aisées. Gênant.... Mais au delà de la simple visualisation des caméras sur une carte, l'application propose aussi à chaque citoyen de planifier son itinéraire dans la ville de telle sorte qu'il soit le moins filmé. A la manières des cartes militaires, l'application délivre ainsi des cartes stratégiques de moindre surveillance. Très mal vu par les autorités locales, le but de cette application est bien de créer des perturbations à l’intérieur des systèmes existants de pouvoir et de contrôle. 

2) Les bidonvilles de Calcutta
http://www.an-atlas.com/contents/unn_sen.html 




Au milieu des années 70, alors que les cartes de Calcutta ne représentaient pas les bidonvilles mais uniquement les logements « désirés » (les emplacements des bidonvilles sont laissés en blanc sur la carte), ce projet a eu l'idée de réaliser une carte non officielle des logements de la ville. En représentant sur la carte, ces logements « non désirés », ce groupe d'activistes tentait alors de bouleverser les représentations usuelles de la ville et d'en transformer sa représentation mentale. Sur cette carte, ont donc été tracés minutieusement chaque logement de façon individuelle, avec les noms des occupants. Cette façon de rendre visible des invisibles et la confrontation de cette nouvelle représentation de la ville avec celle présentée habituellement pas les autorités locales était donc un moyen, pour les habitants des bidonvilles, de prendre pleinement conscience de leur place dans la ville. 

3) Des morts par millers aux portes de l'europe
http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=25&type=texte 



Cette carte, réalisée pour la première fois par Olivier Clochard et Philippe Rekacewicz dans le monde diplo, représente le nombre de migrants morts en voulant rejoindre l'union européenne. Cette carte montre que la politique migratoire européenne, qui avec Frontex met en place des dispositifs quasi-militaires pour empêcher les migrants de venir "envahir" l'Europe, a des effets concrets en terme de vies humaines. Plus le dispositif se durcit à un endroit, plus les routes migratoires utilisées deviennent dangereuses et donc mortifères. Bref, cette carte morbide, est un véritable pamphlet humaniste contre la politique migratoire européenne. Cette carte a été actualisée plusieurs fois et de nouvelles versions de cette carte seront bientôt disponibles dans l'Atlas des migrants en Europe 2nde édition (à paraître). 

Cartographie radicale & radicalité concrète (conclusion) 
« Une carte subversive des frontières aide a créer une frontière subversive »
(Maribel Casas-Cortes et Sebastian Cobarrubias)


Produire une image neutre qu'on veut le plus proche de la réalité a finalement peut d’intérêt. La carte qui représenterai le réel le plus fidèlement possible serait une carte a l'échelle 1 qui viendrait impeccablement se superposer à la réalité du terrain. On voit bien absurdité et inutilité d'une telle construction, c'est une chimère. Pour être utile socialement, mieux vaut donc pour le cartographe, produire des images provocantes, subversives et engagées dont la subjectivité et le parti pris sont assumés et clairement énoncés. C'est alors la confrontation, le dialogue fracassant entre les personnes qui vont utiliser ces cartes qui va petit à petit tracer le chemin. Bref, en politique comme en cartographie, tout est une question de rapport de force. 

Donner à voir une vision du monde, peut permettre de changer le monde lui même. La carte est une représentation du reel. Agir sur cette représentation en tant que telle est un moyen d'influer sur notre représentation collective du monde. En détournant la formule de Marx, on peut donc dire que la cartographie n'est pas seulement la pour comprendre et interpréter le monde, mais aussi pour le transformer. Comme l'écrivait le géographe Yves Lacoste en 1976, «La Géographie, ça sert d'abord à faire la guerre». Une fois réappropriée par les masses, on peut prolonger cette formule en disant que la géographie (et donc la cartographie) sert effectivement à faire la guerre, mais la guerre des classes... Bref, en cartographie comme ailleurs, place au peuple !" width="200"/></img>]]>
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<title>Voter Le Pen ne sert a rien</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=38&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Ca y est nous sommes en 2012. La crise est bel et bien là et ses effets se font sentir au plus profond des sociétés européennes. Dans de nombreux pays, on vit moins longtemps (en Allemagne, de 2001 a 2010, l'espérance de vie des plus pauvres est passée de 77,5 a 75,5 ans), le chômage explose (avec 4.5 millions de chômeurs la France connaît son taux de chômage le plus élevé depuis 20 ans), l'union européenne se disloque, la désindustrialisation s'amplifie (en France, 900 usines ont fermé leurs portes en 3 ans) et les inégalités se creusent dramatiquement (ventes de véhicules en 2011 : Bentley +37%, Rolls-Royce +31%, Porsche +22%). Les faits sont là et les réponses libérales apportées à cette crise du capitalisme (qui n'est en rien une crise des états) ne règlent rien. Pire, elles aggravent le mal ; une bonne saignée n'a jamais guéri un malade. En Grèce, après 9 plans du rigueur, le PIB est en chute libre (-6 points). Quel résultat ! Bref, leur truc ne marche pas et les gens commencent à s'en rendre compte. 

Dans ce marasme qui met en évidence l'incapacité des gouvernements en place à régler les problème, le Front National, qui s'est toujours dit (à tort) hors du système, fait tout pour tirer son épingle du jeu. Sous la houlette de Marine Le Pen, le FN aurait effectué un «virage social» et serait maintenant un parti ouvrier défendant les travailleurs. Ce discours, tristement repris par nombre de médias, est une énorme arnaque. Le tournant social du FN n'a pas eu lieu. De plus, je montre aussi dans ce billet que voter FN ne sert à rien. A vous de juger, Si vous voulez en débattre, postez un commentaire à la fin de ce billet ou retrouvez-moi sur twitter (@nico_lambert). 

C'est quoi le FN ? 

Fondé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et dirigé aujourd'hui par sa fille Marine, le Front National est avant tout une histoire de famille. Classé comme parti d’extrême droite par la plupart des historiens et philosophes, cette appellation est contestée par les dirigeants du FN. Considérant que son parti est économiquement de droite et socialement de gauche (comme si on pouvait déconnecter les 2 aspects), Jean-Marie Le Pen préfère définir le FN comme appartenant à «la vraie droite», ou à la «droite nationale». Aujourd'hui, Marine Le Pen considère plutôt que le FN est «ni de droite, ni de gauche». Bref, ce parti serait un ovni politique hors du système déconnecté de toute histoire politique. Évidemment, il n'en est rien comme le montre l’emblème même de son parti. Alors que Marine Le Pen prétend qu’elle n’a rien à voir avec le fascisme et ses symboles, le logo de son parti montre sans l'ombre d'un doute la filiation avec le MSI qui lui, se réclame explicitement du fascisme . 



Pour compléter le tableau, il y a les meetings que firent ensemble Jean Marie Le Pen et le fasciste Giorgio Almirante, ou encore le groupe Identité Tradition Souveraineté dont faisait parti Marine Le Pen au parlement européen avec la petite fille de Mussolini qui refuse que l'on rejette l'héritage mussolinien. On le voit bien, le FN est bien un parti d’extrême droite dont la filiation idéologique laisse à désirer. 

Fond idéologique du FN 

Quelles sont les idées du FN ? Si on écoute la radio, qu'on regarde la télé, ou qu'on lit les journaux, se faire une idée claire sur ce que propose concrètement le Front National est une tache loin d'être aisée. La méthode que je propose est donc la suivante : regarder ce qui est immuable au fil des programmes et détecter ce qui relève de la rhétorique ou de la stratégie de communication. En faisant cela, les thèmes qui font l’essence même du Front National se dégagent assez clairement. Ce sont les suivants : l’immigration, l’insécurité, le combat contre les syndicats ouvriers ainsi qu'un anticommunisme virulent, un positionnement économique libéral, un ancrage catholique conservateur et une conception de la place de la femme dans la société. Tout le reste (le virage social, la laïcité, la République, ...), c'est de l'enfumage. Comme le dit Alexis Corbière, «Les frontistes adaptent leurs discours à la période, mais l’objectif initial reste identique. Et c'est ainsi depuis deux siècles». Il ajoute, «le fil conducteur est le même que celui déroulé depuis 40 ans par la famille Le Pen, père et fille». 

Et le fameux virage social ? 

Le Front National a toujours été un parti de droite proposant des idées économiquement de droite. Jean-Marie Le Pen était par exemple pour la retraite à 65 ans et pour la semaine de 42 heures. Il considérait Ronald Reagan comme un modèle alors qu'il fut certainement le président américain le plus libéral et le plus hostile aux travailleurs. 



Aujourd'hui, avec Marine Le Pen, rien n'a changé. Ne cessant de dire que le FN a toujours eu raison avant les autres, elle assume le positionnement ultra libéral de son père sans le remettre en cause à aucun moment. Pis, elle l'assume pleinement. Car même si elle dénonce parfois dans ses discours les spéculateurs et les marchés financiers, vous ne trouverez pas les mots « patrons », pas de « profits », pas de « capitalisme » et encore moins de « libéralisme » dans les discours de Marine Le Pen. Ce fameux virage social, c'est du vent ! 

Rien de nouveau sous le soleil 



Marine Le Pen présentait le 12 janvier, son programme chiffré pour l’élection présidentielle. Selon elle, proposer un programme chiffré c'est avant tout dire ou sont les priorités politiques. Voilà donc les priorités du FN clairement exposées. D'abord, évidemment, il y a la lutte contre l'immigration, la sortie de l'union européenne, la construction de nouvelles prisons et la lutte contre la fraude sociale (dont les immigrés sont évidemment les premiers responsables). Sur ce dernier point, elle parle de la fraude mineure des pauvres gens sans à aucun moment parler des entreprises qui sont pourtant responsables de 80 % de la fraude sociale. Elle souhaite aussi le déremboursement de l'IVG, la mise en place d'un revenu parental d'éducation et la création d'un statut pour les mères de familles françaises. pour que les femmes puissent rester à la maison. On est là dans le registre classique du Front National : immigration, insécurité, acharnement sur les travailleurs et place de la femme dans la société. 

Un programme économique immuablement libéral 

Malgré la rhétorique sociale, laïque et républicaine (qui sonne souvent faux), et malgré la promotion d'un protectionnisme franco-francais dont le principal objectif est toujours le même depuis 40 ans (la fermeture des frontières aux étrangers), ses propositions restent immuablement dans la lignée de celles de son père : libérales. Je prends 2 exemples. Dans son programme, Marine Le Pen propose de mettre à contribution les 50 plus fortes capitalisations boursières. Çà parait joli, non ? Dans les faits, elle précise que cette contribution se fera de telle sorte que ça soit « sans incidence sur leur rentabilité » car l'argent sera investit dans une « réserve spéciale » mis à disposition de « fonds stratégiques » et leur sera rendu au bout de 5 ans. Vous l'avez compris, hors de question de s'attaquer aux ultra-riches et aux oligarques. Deuxième exemple, elle propose une augmentation de 200€ des bas salaires. Enfin une mesure sociale ? Et bien non. Quand on creuse un peu, on constate que ce n'est pas le cas. Elle propose en fait de « faire prendre en charge par l’État 200€ de cotisations salariales jusqu'à 1,4 fois le SMIC » et suppose que cela entraînera automatiquement une hausse de 200€ des salaires. En fait, cette mesure qui va dans le même sens que la TVA sociale défendue bec et ongles par Sarkozy, vise avant tout a faire baisser le coût du travail. Choisir entre pouvoir d'achat et protection sociale, voilà ce que propose Marine Le Pen avec cette mesure qui n'a rien de sociale. 

Marine Le Pen propose l’austérité 

Vous l'avez compris, dans les priorités de Marine Le Pen, pas question d'augmenter vraiment les salaires, le SMIC ne sera pas augmenté (ça serait une « mesurette » selon elle), les hauts revenus ne seront pas limités, il n'y aura pas de répartition des richesses, elle ne s'attaquera pas au grand capital, les postes d'enseignant(e)s ou d'infirmier(e)s supprimés depuis 2007 par Sarkozy ne seront pas recréés, etc. Avec Marine Le Pen, les puissants peuvent dormir tranquille. En refusant opiniâtrement de répartir la richesse entre capital et travail et en mettant la priorité sur le remboursement de la dette publique, elle propose finalement la même chose que ceux du « système » qu'elle critique tant. Elle propose aux classes populaires de se serrer la ceinture, elle propose la rigueur et l’austérité. Marine Le Pen est bien une voix supplémentaire parmi tous les «austéritaires» (ndlr : austère au autoritaire). 

Le FN un parti ouvrier ? 

Selon la propagande du FN, d'ailleurs bien relayée par les medias, les ouvriers se seraient mis majoritairement à voter FN depuis les dernières élections. C'est ultra faux. Aux 2 dernières élections (régionales et cantonales), 60 à 70% des ouvriers ne se sont pas rendus aux urnes. Au final, le vote FN n'a donc représenté que 6 à 8% des ouvriers. On est loin d'un raz de marée, non ? Par ailleurs, contrairement à la propagande, très peu d'ouvriers qui votaient à gauche en 2007 se sont mis à voter FN aujourd'hui. Il s'agit en fait d’électeurs UMP qui ont fini par préférer l'original à la copie. Bref, tout cela, c'est la guerre des droites. 

Dans les luttes, le FN n’est jamais au coté tes travailleurs qui se battent pour leurs droits. Le FN est absent des luttes sociales, des manifestations et des syndicats. Aux élections cantonales, les candidats présentés étaient bien souvent inconnus sur le terrain à tel point qu'ils préféraient mettre la photo de Marine Le Pen sur leurs affiches plutôt que la leur. C'est tout juste si leur nom était écrit. De plus, ce n'est pas dans les quartiers ou dans les usines que les idées du FN se propagent, les idées Lepenistes rentrent dans les maisons par la télévision. Dans les luttes sociales, sur le terrain, le FN n'est pas du coté des travailleurs. Pour preuve, voici un communiqué du FN à propos de Pétrpolus trouvé sur le site http://www.raslfrontrouen.com/ : «Le sectarisme des syndicats de moins en moins représentatifs est une atteinte à la démocratie et un mauvais coup porté à l'image des salariés en lutte pour le maintien de leur activité». Les travailleurs s'organisent autour des syndicats pour se défendre, et le FN joue contre eux. C'est édifiant. En réalité, en jouant sur la division entre les opprimés et en dénonçant les syndicats et les immigrés, Le FN fait plutôt le jeu d'un patronat qui n'a de cesse de rogner les droits des salariés. 

Voter FN ne sert a rien 

Le FN dit être un parti hors du système. Il clame en boucle que tous les maux de la France viendraient de la mauvaise gestion de ce qu'il appelle l'UMPS. Profondément anti-communiste, le FN est viscéralement opposé à l'autre gauche dont nous faisons parti (et c'est réciproque). Donc, même si cette stratégie de communication politique peut avoir un certain succès médiatique, c'est une impasse politique totale. Seul contre tous, le FN n’accédera jamais au pouvoir. Rappelons qu'en 2002, Jean-marie Le Pen obtint le plus faible score atteint (17,79%) dans un second tour d'une élection présidentielle de la Ve République. Comme le dit avec humour Jean-Luc Mélenchon, même une chaise peut gagner contre Le Pen (père ou fille). 

Donc, s'il veut accéder au pouvoir, le FN doit s'allier. Avec qui ? Avec l'UMP bien sur ! Avec son discours sécuritaire, sa politique d'immigration ou encore sa rhétorique populiste, l'UMP est plus que jamais en situation de trouver des convergences avec le FN qui lui de son côté, tente d'adoucir son image. Impensable il y a quelques années, force est de constater que la frontière entre le FN et l'UMP devient de plus en plus poreuse et rend envisageable une alliance des droites. Voici quelques éléments qui me font penser cela. Il y a par exemple Guillaume Peletier, ancien membre du FN puis du MPF de Philippe De Villiers, qui vient d’être nommé secrétaire national de l'UMP. Il envisage clairement, si jamais Nicolas Sarkozy perd l’élection présidentielle, la création d'un grand parti de droite national. Il y a aussi les prises de position de la députée UMP Brigitte Barèges, membre de la droite populaire, qui défend la préférence nationale. Il y a l'enquête du Monde datée du 1er janvier 2011 qui montre que le FN séduirait de plus en plus de sympathisants de la droite classique. Il y a enfin ce genre de propos qu'on peut lire de plus en plus sur twitter : « je préfère l'arrivée de la Droite Nationale que le retour de l’extrême Gauche au pouvoir #jospin ». Nous ne sommes pas loin du « plutôt Hitler que Léon Blum » entendu en 1936. 

De son côté, Marine Lepen commence aussi à susurrer ici ou là qu'une telle éventualité est envisageable. « Si jamais je n'étais pas candidate, Sarkozy peut faire une croix sur sa réélection ». Ça y est, elle avoue, elle soutiendra in fine Nicolas Sarkozy. Le FN et l'UMP, de plus en plus proches idéologiquement se rapprochent petit à petit. Les digues tombent et une alliance pour battre la gauche est de moins en moins exclue. 

Si on résume, Le Pen ne sera jamais élue sans alliances (1). Si le FN veut accéder au pouvoir, il devra s'allier avec l'UMP dont les convergences idéologiques sont de plus en plus évidentes (2). Alors soyez avertis, si vous voulez dégager Sarkozy, ne votez pas Le Pen. 

Ne vous trompez pas de front 

Celle qui se dit ni de gauche ni de droite, est finalement bien de droite, et même assez banalement d’extrême droite. Le virage social est un leurre, et Marine Le Pen est le diable de confort du capitalisme et du système en place qu'elle prétend pourtant combattre. Alliée implicite de Sarkozy, elle ne propose en aucun cas de s'attaquer au grand capital ou de partager les richesses, les deux conditions nécessaires pour changer vraiment le sort des classes populaires. Le FN, c'est le chien de garde du capitalisme. 

Résistez, prenez le pouvoir 



Alors que le monde craque de toute part, que l'économie européenne est dans une dépression historique, que l'emballement climatique détruit le seul écosystème qui rend la vie possible sur terre, il est temps de tourner la page. Or, le seul programme de transformation sociale et écologique qui rassemble au delà des partis, c'est celui proposé par le Front de Gauche. L'humain d'abord, c'est le nom du programme du Front de Gauche, appelle à une révolution citoyenne. "la révolution citoyenne sera la prochaine révolution française" clame Jean-Luc Melenchon. Elle est à portée de main. En 2012, nous ne sommes pas dans une alternance pépère pour continuer comme avant. Le grand bug n'est pas loin. 2012 sera à coup sur l'année du grand chamboule-tout politique. Vous le voyez bien, le monde est en convulsion et ceux qui veulent continuer comme autrefois seront balayés. Amis, camarades, lecteurs de ce blog, aidez-nous. Indignez-vous, résistez, engagez-vous selon vos convictions et ne cédez pas aux sirènes du vote utile. Le peuple souverain c'est vous, prenez le pouvoir. Mais attention, ne vous trompez pas de Front. " width="200"/></img>]]>
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<title>Resister au vote futile</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=37&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/En baisse de quelques malheureux points dans les sondages, le camp Hollande passe à l'offensive : "Franchement entre les oukazes de Mme Eva Joly, les coups gueules de Jean-Luc Mélenchon, et les coups de pub de Jean-Pierre Chevènement. Ça sent le 21 avril. En tout cas cela donne de l’air à la droite qui n’en demandait pas tant." (Blog de Cambadelis, 13/11/2011). Vous l'avez compris, l'offensive Hollandaise n'aura pas lieu sur le terrain des idées mais sur le terrain de la peur : le vote utile ! Le programme de Hollande c'est TSS et TSLP ! (ndlr : TSS = Tout sauf Sarko ; TSLP = Tout sauf Le Pen = souvenez-vous le 21 avril). 

Je m'adresse donc ici, dans ce billet coup de gueule, a ceux qui sont convaincus par la pertinence des idées et du programme du Front de Gauche mais qui s'apprêteraient à voter pour François Hollande au nom du vote utile (ndlr : vote futile). Si vous n'êtes pas d'accord avec mes arguments, n'hésitez pas à laisser un message pour poursuivre la discussion. 

Hollande est le seul capable de rassembler 

FAUX. Le vrai barycentre de toute la gauche (y compris l'écologie politique), c'est le Front de Gauche. En faisant des oeillades aux centristes, le PS est, comme tous les partis sociaux démocrates européens, sur la pente savonneuse du social libéralisme. Partout en Europe, cette gauche mène soit des politiques de droite, soit gouverne directement avec la droite. Pire encore, la gauche gouverne aujourd'hui en Grèce dans un gouvernement d'union nationale avec l'extrême droite. A côté de ca, le Front de Gauche, union de 6 partis politiques, de syndicalistes, de militants non encartés, d'écologistes et de citoyens engagés a fait la preuve de sa capacité à rassembler le peuple de Gauche. Ce qui n'a pas été possible en 2007 avec les comités anti-libéraux l'est aujourd'hui avec le Front de Gauche. 

Plus raisonnable, le programme du PS est plus à même de rassembler les français 

FAUX. Social libéral, le programme du parti socialiste n'est pas en phase avec la pensée de gauche du Peuple français. Très marqués par les théories de la troisième voie importée des pays anglosaxons, la pensée sociale démocrate française est à côté de la plaque. Comme partout en Europe, elle ne peut apporter de réponses efficaces dans un monde où le capitalisme s'est transnationalisé. C'est l'impasse. A côté de cela, la ligne politique portée par le Front de Gauche est finalement banalement de gauche. Croyant aux services publics à la française, à la planification écologique et à la coopération, cette gauche porte les valeurs de partage et de solidarité qui ont toujours animé les luttes sociales. C'est la gauche du NON au traité constitutionnel européen de 2005 qui peut être majoritaire dans le pays. Nous l'avons prouvé. De plus, en pleine crise du capitalisme, être raisonnable c'est affronter le système économique et financier et ne pas se coucher devant le diktat des banquiers et des agences de notation. Mener une politique de rigueur comme le propose Hollande est pure folie. On voit ce que cela donne en Grèce et partout en Europe. Être raisonnable c'est ne pas faire comme Papandréou. Avec le Front de Gauche, aucun risque. 

Hollande est le seul à gauche avec une stature de présidentiable 

FAUX. Même si François Hollande a certainement, comme beaucoup d'autres, les compétences intellectuelles et la culture nécessaires pour gouverner le pays, cela ne fait pas de lui plus un homme d'état que Bayrou, Chevenement, Sarkozy ou Mélenchon. Par ailleurs, si on veut être un peu taquin, nous pouvons remarquer que François Hollande n'a jamais été ministre et n'a jamais participé à un gouvernement. A l'inverse, le candidat commun du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon a lui participé au gouvernement de Lionel Jospin. Sur ce critère là, c'est donc Jean-Luc Mélenchon qui, avec son expérience gouvernementale, a réellement la stature d'Homme d'état. Et toc !

Mais François Hollande est plus crédible 

FAUX. Quand la gauche empreinte des recettes de la droite (austérité, rigueur, baisse des dépenses publiques, ...) pour sortir le pays et l'Europe de la crise, et bien non, elle n'est pas crédible. La sortie de la crise ne pourra se faire que par le haut, par le partage des richesses. L'histoire est connue et les faits sont têtus, l'austérité en période de récession ne présage rien de bon. "Qui ne connait pas l'histoire est condamné à la revivre" disait Marx. Continuer dans cette voie est une abération économique et politique qui n'a rien de crédible. 

Regardez les sondages, François Hollande est le seul qui peut gagner en 2012. 

FAUX. Souvenez vous de Balladur et de Segolène Royal, tous deux favoris des sondages en leurs temps. Tous les 2 ont étés largement battus dans les urnes. Selon Daniel Cohen-Bendit, se Segoleniser est même devenu une insulte. Bref, encore une fois, sachons faire le bilan des expériences passées. Les sondages mettent toujours en avant le candidat de gauche le plus centriste, et au final, se plantent toujours. Il existe d'autres indicateurs de l'opinion que les sondages. J'en propose un. Le programme du Front de Gauche (l'Humain d'abord) a été tiré à plus de 300 000 exemplaires et vendu, à 6 mois de la présidentielle, à plus de 250 000 exemplaires. C'est un vrai succès de librairie qui le place à la hauteur du dernier prix Médicis. Cela représente 50 fois plus que le dernier livre de François Hollande. Alors, qui est en train de gagner la bataille idéologique ? 

François Hollande est le Seul qui peut Battre Sarkozy 

FAUX. Contrairement à ce que pense Hollande, une élection se gagne à gauche. Sur une ligne politique obstinément sociale-libérale depuis le tournant de la rigueur de 1983, François Hollande ne cache plus aujourd'hui sa volonté de s'allier avec les centristes. Pourtant, l'histoire de la 5e République montre que la gauche peut gagner les élections quand elle est sur une ligne de gauche mais jamais quand elle dévie sur sa droite. Car si les programmes de la gauche et de la droite ont des contenus quasi identiques, il faut se rappeler que les pros de la com’ et du marketing, les lobbies et les puissants sont du côté de la droite. Rappelez-vous comment lors de la dernière présidentielle, Sarkozy s’est attribué Jaurès alors que Ségolène Royale parlait de l'encadrement militaires des jeunes délinquants. Bref, la gauche a tout à perdre avec une telle stratégie. [voir : la petite histoire du marchand de glace] 

Seul le vote utile pourra empêcher un nouveau 21 avril 

FAUX. La question qui se pose ici est qui combat le mieux l'extrême droite. Est-ce le PS qui n'ose pas condamner leurs partenaires grecs qui ont fait rentrer l'extrême droite au gouvernement ? Ou nous et nos camarades de l'autre gauche qui sommes dans l'opposition ? Sachez le, avec le Front de Gauche, il n'y aura jamais de gouvernement d'Union nationale. Nous ne gouvernerons jamais avec le FN qui reste plus que jamais notre adversaire principal. Posez la question au Candidat Hollande et a sa troupe dont certains disent que "Melenchon est pire que Le Pen". Attendez la réponse et réfléchissez la dessus. 

Rien de grand dans le monde ne s'est accompli sans passion 

VRAI. Ras le bol du vote utile. En tête dans les sondage avant les primaires, le vote utile a été le credo de Hollande depuis le 1er tour de la primaire socialiste. Il se disait investi d'une responsabilité particulière. Belle stratégie de communication qui évite de parler du fond, mais archi-faux. Il fallait donc voter utile au 1er tour de la primaire car il était en tête dans les sondages, utile au 2nd tour pour donner du souffle à sa candidature, il faudra voter utile au premier tour des présidentielles pour éviter un nouveau 21 avril et également utile au 2e tour des présidentielles pour battre Sarkozy. Cela fait donc une élection à 4 tours où on ne parle jamais vraiment du fond. Ça vous satisfait ? Pas moi ! 

Il faut résister au vote utile 

VRAI. Il faut voter pour ses idées. Si vous pensez que le projet politique porté par François Hollande est le meilleur, votez pour lui sans aucun état d'âme. Par contre, si vous pensez que le projet politique porté par Jean-Luc Melenchon (ou même Eva Joly) est plus en phase avec vos idées, réfléchissez à deux fois avant de vous faire piéger par le tourbillon du vote utile. Le suffrage universel a été arraché de dure lutte pour que chacun puisse, libre dans les urnes, choisir ce qu'il pense être le mieux pour tous. Le suffrage universel est un moyen de faire vivre les convictions de chacun. Alors s'il vous plait, n'utilisez pas cette belle chose pour faire vivre la résignation et le renoncement. L'élection présidentielle est un scrutin à 2 tours. Au premier tour, on vote pour ses convictions, au second tour, on élimine. 

Il faut tout faire pour battre la droite 

VRAI. Même si cet article vilipende assez fortement le Parti socialiste, sachez le, nous saurons toujours nous unir pour faire barrage au FN et battre la droite. Nous sommes la gauche et nous n'avons pas d'ennemis dans ce camp là. Donc pas de panique, la gauche saura se regrouper au second tour. Derrière Hollande si il arrive en tête de la gauche, et derrière Melenchon si c'est le Front de Gauche. De plus, des alliances seront probablement nécessaires au 1er tour des législatives dans certaines circonscriptions si il y a un risque FN. Bref, la gauche a un objectif commun et nous nous entendrons toujours la dessus : battre le FN et battre la droite. Mais une fois que nous avons dit cela, rien n'est joué à gauche. 

La gauche doit debatre 

VRAI. Le PS n'est pas hégémonique à gauche. Il va donc devoir accepter la critique d'une façon ou d'une autre et de venir parler du fond avec nous. La gauche doit pouvoir faire vivre, en son sein, le débat d'idées sans que, comme Jean-Christophe Cambadelis, on nous taxe de faire le jeu de l'UMP ou pire, du FN. Nous réclamons de longue date un débat public avec le PS pour que nous puissions parler du fond et, peut être, nous entendre sur quelques mesures que nous pourrions défendre ensemble. Nous attendons toujours. Au lieu de cela, le PS nous snobe, nous dénigre, nous insulte et fait de l'enfumage en proposant des idées canada-dry qui ressemblent aux notres mais dont la substance a été vidée (e.g. Le PS propose le salaire maximum uniquement pour les entreprises publiques alors que la question des très hautes rémunérations se pose dans les grandes entreprises privées du CAC40). Alors oui, nous provoquons le capitaine de Pédalo pour le faire sortir de sa réserve et qu'il accepte enfin de venir discuter. Pour que peuple souverain puisse exercer sa souveraineté, il doit pouvoir choisir en connaissance de cause. La démocratie a besoin de débats. Qu'attendez vous !" width="200"/></img>]]>
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<title>La boussole politique du Front de Gauche</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=36&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Après le SMIC à 1700 euros, je parle une nouvelle fois dans ce billet du programme du Front de Gauche pour la présidentielle et les législatives, l'Humain d'abord. Aujourd'hui, mon billet porte sur de l'Indicateur de progrès Humain (IPH). 

Le programme du Front de Gauche propose de mettre en place "un nouvel indicateur de progrès humain (IPH) après débat populaire et vote au parlement." (L'Humain d'abord, p 44-45). Cette idée, tout doit sortie de la "Trilogie" de l'économiste du Parti de Gauche Jacques Généreux (la Dissociété, l'Autre société, La Grande Régression) est de mon point de vue un élément majeur de notre projet politique. Car, alors que de nombreux travaux n'ont de cesse de mettre en exergue le manque de pertinence du PIB pour mesurer le progrès d'une société (e.g. Dominique Meda, Joseph Stiglitz, ...), il est temps de construire un nouvel indicateur qui puisse servir de boussole politique au service d'une conception du progrès humain défini démocratiquement par le peuple. Vaste programme... 

Le PIB et le taux de croissance 

Aujourd'hui, dans tous les pays, le progrès des sociétés est mesuré avec le produit intérieur brut (et son évolution, le taux de croissance). Inventé par Simon Kuznets en 1934, le PIB est un agrégat de comptabilité nationale visant à mesurer le niveau de production du pays. Pour cette raison, il s'est logiquement imposé après la seconde guerre mondiale alors que les pays européens étaient en reconstruction. En règle générale, et même si quelques critiques émergent ici ou là, le PIB est encore souvent considéré comme un bon indicateur de l'activité économique. Il faut aller chercher la croissance avec les dents parait-il. 

Or, si nous voulons une boussole politique pour accompagner la révolution citoyenne que nous allons mettre en place avec le Front de Gauche, le PIB, indicateur purement productiviste, n'est pas celui qu'il nous faut. Car, même si Le PIB mesure très bien la production d'un pays (il reste utile pour cela), il ne mesure en aucune façon le bien être ou le progrès d'une société. Le PIB ne mesure que la production stricto sensus, et cela quelque soit le contenu de cette production (produire des armes ou des médicaments peut augmenter le PIB de la même façon). Il ne prend pas non plus en compte les impacts environnementaux et encore moins le travail non salarié. Enfin, il n'intègre pas directement d'éléments liés à la répartition de la richesse produite. Bref, il est temps d'inventer autre chose. 

Mesurer le développement humain 

Pour pallier aux insuffisances du PIB et dans une volonté de mesurer autre chose que la production, de nombreux indicateurs plus ou moins pertinents ont été mis en en place par le passé. Parmi eux, le plus emblématique est l'indicateur de développement humain (IDH). Mis au point en 1990 pour le 1er rapport rapport mondial pour le développement humain, l'IDH a été conçu selon l'idée que chaque être humain doit disposer d'un droit à satisfaire ses besoins essentiels. Pour cela, et c'est là l'idée forte de cet indicateur, il s'appuie sur un texte politique majeur pour définir quels sont ces besoins essentiels. Ce texte, c'est la déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. 

"Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, sa qualité de vie et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux, ainsi que pour les services sociaux nécessaires [...]. Toute personne a droit à l'éducation [...], au travail [...] et à la sécurité sociale." 

De ce texte, sont extraits 3 principaux domaines sur lesquels va se baser l'IDH : la santé, l'éducation et le niveau de vie. La santé est mesurée par l'espérance de vie à la naissance, l'éducation par le taux d'alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation des enfants, le niveau de vie est mesuré par le PIB par habitant (en parité de pouvoir d'achat). C'est donc la combinaison de ces variables qui va donner un indicateur synthétique dont la valeur s'échelonne entre 0 (faible niveau de développement) et 1 (fort niveau de développement). Bien qu'imparfait, l'IDH a l'avantage de s'appuyer sur des données disponibles pour tous les pays du monde et cela sur le long terme. Ainsi, il est possible de suivre l'évolution de cet indicateur au cours du temps et de voir le décollage de certain pays ou au contraire, leur stagnation. 

Les fondements politiques d'un nouvel indicateur 

Trop corrélé au PIB (qui en est une des composantes) et donc à la production, l'indicateur de développement humain reste un indicateur imparfait. Trop simple (c'est aussi sa force), il ne peut servir de point d'appui au projet politique du Front de Gauche qui vise à refonder démocratiquement notre société vers un objectif d'émancipation et de progrès humain. Définissons donc d'abord cette société émancipatrice que nous voulons construire, puis posons les bases d'un nouvel indicateur. 

Que les choses soient claires, l'objectif du Front de Gauche n'est pas de relance de la croissance en utilisant les leviers habituels dans une société capitaliste. Notre projet propose au contraire une stratégie crédible d'affrontement du capital. Ce que nous portons avec le Front de Gauche, c'est une politique de civilisation qui vise à changer l'ordre des valeurs de notre société. En lieu et place de la concurrence libre et non faussée, nous voulons mettre en place une société de la coopération, de solidarité et de partage. Mettre ces valeurs au centre de nos vies ne sera possible que dans une société qui saura concilier le développement des liens sociaux et l'émancipation individuelle. 

Contrairement à ce que véhicule l'idéologie libérale, ces deux objectifs ne sont pas contradictoires. Le renforcement des liens sociaux n'est pas un frein à la liberté individuelle puisque c'est au contraire la multiplicité et la diversité des liens sociaux qui permet à chacun et à chacune de faire ses propres choix. On n'est pas libre quand on est seul. L'émancipation complète de l'humanité passera donc non pas par le dénouement des liens entre les individus et entre les groupes humains, mais au contraire par le renforcement continu de leur solidarité. 

Cette société, c'est la société de progrès humain. 

"On appelle progrès humain le processus d'évolution d'une société qui tend à assurer à chacun la meilleure capacité à mener une vie pleinement humaine, compatible avec une capacité égale pour tous et pour les générations futures. Pour un être social, une vie pleinement humaine signifie la liberté et la possibilité effective de concilier harmonieusement son développement personnel (être soi) et ses liens sociaux (être avec)" (Jacques Généreux). 

L'IPH 

Notre projet politique est global, il nous faut donc un indicateur global sachant intégrer et concilier toutes les dimensions de la vie humaine énoncées plus haut. Notre indicateur doit donc se inclure les 4 composantes suivants : 

(1) Épanouissement personnel et émancipation
La première finalité humaine mesurée par notre indicateur, c'est l'émancipation individuelle. C'est à dire la capacité de chacun de vivre pleinement sa vie en toute liberté, d'être capable de satisfaire ses besoins essentiels. Bref, tout ce qui contribue à l'épanouissement de la vie individuelle. Les variables statistiques que nous utiliserons ici seront donc par exemple liées à la protection des libertés, à l'éducation, aux conditions de travail, à l'espérance de vie... 

(2) Sociabilité et cohésion sociale
La seconde finalité mesurée par notre indicateur concernera l'harmonie sociale. Dans ce domaine, nous utiliserons des données mesurant le développement de la vie associative, le taux d'emploi, le niveau de protection sociale, les dépendances, l'isolement, la réduction des violences, la mixité sociale, ou encore la cohésion territoriale. 

(3) Égalité et justice sociale
La troisième finalité concernera l'égalité et la justice sociale. Nous mesurerons par exemple ici les inégalités de patrimoine et de revenu, les inégalité femmes-hommes, l'égalité d'accès à la culture et aux services publics, le traitement des personnes handicapées. Bref, Nous mesurerons la liberté réelle et non plus seulement formelle. 

(4) Environnement
La quatrième et dernière composante concernera le droit des générations futures à disposer de ces mêmes capacités. Nous mesurerons cela notamment par l'empreinte écologique, les taux de pollutions, les émissions de CO2 ou encore le taux de recyclage. 

L'IPH, un indicateur de progrès démocratique 

Intégrant de nombreuses composantes, cet indicateur sera donc complexe. Il intègrera une pensée globale qui ne délaisserai pas, par exemple, l'égalité au nom de la liberté (libertarisme), ou la primauté de l'écologie sur tout le reste (environementalisme), comme si on pouvait penser l'écologie en dehors des liens sociaux. Complexe, je l'ai dit, la composition de cet indicateur de progrès humain doit largement faire l'objet d'un processus démocratique large. Le contenu exact de l'IPH fera donc l'objet d'un grand débat populaire, sera soumis au(x) parlement(s) puis finalement adopté par referendum. L'enjeu est de taille car ce processus citoyen consiste a mettre en place un instrument démocratique permettant à la société de débattre de ses fins. Il s'agit de définir ce que la société dans son ensemble se donne comme critères de progrès. On nous parle souvent du fait que les agences de notions seraient des thermomètres mesurant la santé des pays. Nous proposons de construire un autre thermomètre qui mesurerait si la société progresse ou non, selon des critères définis démocratiquement par l'ensemble du peuple. Cette démarche, qui devra être mise en place à tous les échelons territoriaux, sera le vecteur de la révolution citoyenne a venir. 

Vive la République 

Bien plus qu'un simple outil statistique, notre démarche est un appel à l'intelligence, un moyen de doter la société d'un outil démocratique permettant de choisir collectivement ses objectifs de progrès. C'est une construction collective basée sur la raison et l'intérêt général. Bref, c'est l'exact opposé de la main invisible du marché qui flatte les égoïsmes de chacun. L'intérêt général n'est pas la somme des intérêts particuliers. L'Europe et la France n'ont jamais été aussi éduqués de leurs histoires, il est temps que le peuple exerce pleinement sa souveraineté. Certain ont peur de trop de démocratie, nous c'est le contraire. Place au peuple." width="200"/></img>]]>
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<title>Le SMIC a 1700 euros, c'est possible !</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=35&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/"Oui c'est possible. L'humanité a déjà surmonté de nombreuses catastrophes. Derrière la crise du système capitaliste qui se déroule sous nos yeux, il y a la possibilité d'un monde meilleur. Nous devons la saisir. Elle est à notre portée. Encore faut-il que nous le décidions". 

Voilà comment commence le programme du Front de Gauche. Et oui, c'est possible. Tout l'enjeu de la campagne électorale qui s'amorce va être la. Il s'agira, pour nous, d'expliquer que ce que nous proposons n'a rien d'utopique. Nous ne sommes pas de doux rêveurs se projetant dans un monde idéal que nous penserions en fait inatteignable. Nous ne sommes pas non plus une force de témoignage qui œuvre à la mise en place d'une société meilleure pour un jour ou cela sera possible. Non ! Nous nous battons pour changer les choses concrètement ! Concrètement et maintenant ! C'est ce que nous appelons la radicalité concrète. "Nous on peut" comme l'écrit notre brillant économiste Jacques Généreux. Au Front de Gauche, nous savons quoi faire pour sortir de la crise, et nous savons concrètement comment le faire. C'est ce que je tente un peu, à ma manière, d'expliquer ici. 

L'humain d'abord 

Quelques jours avant la fête de l'Humanité, le programme partagé du front de gauche paraissait en librairie sous le titre "l'Humain d'abord" (Librio, 2€). Ce programme, fruit du dialogue permanent entre les 6 partis politiques réunis dans le Front de Gauche (Gauche unitaire, Parti communiste français, Parti de Gauche, Convergences et alternatives, Fédération pour une alternative sociale et écologique, République et socialisme) est clairement un outil qui vise à bouleverser la vie politique de notre pays et à réinventer la gauche en France et en Europe. L'Humain d'abord expose un cadre cohérent de mesures (qui doivent encore être discutées et affinées par le biais d'ateliers législatifs) visant à donner un horizon de progrès humain ainsi qu'une stratégie pour sortir de la crise. Que ce soit sous l'angle de la planification écologique, de la refondation des institutions (constituante, 6e République), ou de la définanciarisation de l'économie, ce programme partagé s'affirme indéniablement comme un outil d'affrontement du capital. Malgré la crise, la France n'a jamais été aussi riche. Il est temps de partager. 

Partager les richesses 

Depuis l'élection de Sarkozy, la politique menée en France a été une politique de classe au service de la classe dominante. Tandis que les exonérations en tout genre ont permis aux plus riches d'accumuler des fortunes considérables, la précarité et la pauvreté se sont accrues dans notre pays. Alors que le pouvoir d'achat des 10% les plus pauvres a augmenté de 13% entre 1990 et 2008, celui des 10% les plus riches a cru de 27%. En 2011, 45% des français n'ont pas eu les moyens de partir en vacances d'été. Bref, les inégalités se creusent. Il est temps de tourner la page de l'ère Sarkozy et de partager enfin les richesses, dans un pays plus riche que jamais. 

Pour partager les richesses, le programme du Front de Gauche propose une batterie de mesures qui, lorsqu'on les combine, forment un tout cohérent. J'en donne ici quelques exemples :

- rétablissement des 35 heures effectives
- garantie du droit à la retraite à 60 ans à taux plein
- instauration d'un salaire maximum dans toutes les entreprises (écarts de 1 à 20 entre le salaire le plus bas et le salaire le plus haut)
- mise en place d'un revenu maximum à 360 000 € annuel (30 000 €/mois)
- assurer une réelle progressivité de l'impôt sur le revenu avec 14 tranches
- SMIC a 1700 euros
- Augmentation générale des salaires
- etc... 

Parmi ces mesures, il y en a une en particulier qu'il faut prendre le temps d'expliquer. Il s'agit du SMIC à 1700 €, et derrière ca, l'idée générale qu'il est temps d'augmenter les salaires. Ça ne serait pas possible nous dit on. Voyons ca. 

le SMIC à 1700 euros 

Aujourd'hui, le SMIC est à 1365 euros brut, soit 1070 net/mois. Si le Front de Gauche arrive au pouvoir, il le passera à 1700 euros brut en début de législature, puis 1700 net en 2017. Or, quand on écrit cela, on nous réplique : "Dans ce contexte de crise, comment feront les petites entreprises pour supporter cette augmentation ? Comment faire alors que l'état est en faillite ? Vous n'y pensez pas, dans un monde ouvert il faut être compétitif !". Si on veut être crédible, voilà les questions auxquelles il faudra répondre. J'essaye ici, d'apporter 6 éléments de réponse. 

Premièrement, on nous a déjà fait le coup
A chaque fois que la gauche a arraché quelque chose dans ce pays, la droite disait : "ce n'est pas possible !". On nous taxait d'utopiques. C'est vrai que ça devait faire rêver. Imaginez un peu, donner le droit pour les ouvriers de toucher un salaire sans travailler ou le droit de partir à la retraite avant la mort. Infaisable nous disaient-ils. Pourtant, les congés payés et la retraite à 60 ans ont été arrachés de dure lutte. Finalement, c'était possible non ? Vous avez-vu ? A chaque fois que le peuple veut faire progresser la société, la rendre plus juste, la droite le taxe d'archaïques, de menteurs ou même d'idiots. Il faut faire de la pédagogie disent-ils. Ne nous arrêtons pas à ca. Nous on peut je vous ai dit ! 

Deuxièmement, un peu d'humanisme
A ceux qui nous disent que le SMIC à 1700 euros, ça ne tient pas la route, nous devons leur rétorquer la question suivante : "est ce que ça tient la route une société où on demande aux salariés de vivre avec 1000 euros par mois ? Aujourd'hui, le SMIC, c'est 120 euros de plus que le seuil de pauvreté. Ça tient la route ca ? Peut on vivre décemment, se soigner, se loger, s'instruire avec 1000 €/mois ?" On l'a vu plus haut, notre pays n'a jamais été aussi riche. La richesse est le produit du travail collectif de la société toute entière. Nous avons le devoir moral de mieux repartir la richesse produite par tous. Nous le devons. 

Troisièmement, les TPE PME
Aujourd'hui, 80% des salariés sont dans des TPE et PME. Ce sont elles qui font tourner l'économie et non nos "champions nationaux" du CAC40. Ça tombe bien, les petites et moyennes entreprises seront les grandes bénéficiaires d'une augmentation générale des salaires, et cela pour 2 raisons. Tout d'abord, aujourd'hui, ce ne sont pas les petites entreprises qui se gavent de dividendes, ce sont les entreprises du CAC40 qui, paradoxalement, sont proportionnellement beaucoup moins imposés. En 2011, l'entreprise Total, avec 10 milliards de bénéfices, n'a pas versé un euro au titre de l'impôt sur les sociétés. En moyenne, les entreprises de moins de 9 salariés sont taxés à 30%, les entreprises du CAC40 le sont seulement à 8%. Donc, si on taxe les revenus du capital pour augmenter les salaires, cela se fera forcement au profit des petites entreprises. CQFD ! Par ailleurs, ce qui fait tourner les entreprises, ce n'est pas le fait qu'elles doivent payer plus ou moins de "charges". Ce qui compte, c'est le carnet de commande. Dans cette optique, une augmentation des bas salaires fera respirer l'économie. Car, les salaires des classes populaires vont forcément à un moment ou un autre, se retrouver dans la consommation et ainsi faire tourner l'économie réelle (ce qui n'est pas le cas des hauts revenus qui partent bien souvent dans la bulle spéculative. Au total, moins de 2% des des opérations financières financent des opérations économiques réelles). En augmentant les bas salaires, on rentre ainsi dans un cercle vertueux dont vont forcément bénéficier les entreprises : 

Augmentation des salaires -> consommation -> le commerce repart -> le carnet de commande se remplit -> hausse du chiffre d'affaire -> l'augmentation des salaires n'est plus un problème. 

Augmenter les salaires fera respirer l'économie. C'est la seule issue pour sortir de la crise. L'autre politique possible, c'est l'austérité, et on voit bien le résultat. A bon entendeur salut ! 

Quatrièmement, la mondialisation n'est pas un problème.
"Mais alors, les prix vont augmenter. Du coup, les consommateurs vont acheter les produits chinois, ou les fraises espagnoles. On est dans un monde ouvert bla bla bla...". Tout d'abord, les TPE PME sont moins ouvertes à la concurrence que ce qu'on dit. Il faut arrêter avec le mythe du plombier Polonais. De plus, pour résister à la pression internationale sur le coût du travail, la réponse politique est simple : il faut se protéger. Et, plutôt que de privilégier des formes de protectionnisme unilatérales qui pourrait se transformer en protectionnisme nationaliste, il faudra plutôt œuvrer pour la mise en place d'un système de protectionnisme international multilatéral. Aujourd'hui, l'OMC puni les états qui ne respectent pas bien les règles du libre échange. Si on a réussit à mettre cela en place, on peut tout aussi bien en changer les règles. En attendant, pour résister aux agressions, nous ne nous interdirons pas de mettre en place au niveau européen mais aussi au niveau national, une certaine forme de protectionnisme social et écologique. Cela pourra passer notamment par la mise en place d'une taxe kilométrique qui permettra de taxer plus lourdement les produits qui viennent de plus loin : convergence sociale et écologique qui favorise aussi le commerce transfrontalier. Bref, pour mettre en place ces mesures, nous devront sortir d'un certain nombre de dispositions du traité de Lisbonne dont la pierre angulaire est la concurrence libre et non faussée. Si le peuple nous en donne le mandat, nous le ferons. 

Enfin, certains disent qu'il faut demondialiser (Sapir, Montebourg), d'autres disent qu'il faut du protectionnisme (Todd), ou d'autres encore qu'il faut décapitaliser (P. Laurent). Derrière le vocabulaire, l'idée est là : les ouvriers du monde entier ne doivent pas être mis en concurrence les uns avec les autres pour faire pression sur les salaires. La mondialisation n'est pas un problème insoluble. Les gouvernements se sont auto infligés des règles dogmatiques pour servir les intérêts de quelques uns. Il n'y a pas de lois naturelles en économie, ce sont bien les gouvernements les maitres d'œuvre. Un gouvernement qui veut changer ces règles, le peut. Nous nous sommes mis des menottes en plastiques qu'on peut décider de briser à tout moment. 

Cinquièmement, nous avons des marges de manœuvre budgétaires
Quoi qu'en disent les declinistes qui ne cessent de clamer haut et fort que l'état est en faillite, si on reprenait les 10 points qui sont passées des poches du travail a celles du capital en 25 ans, cela rapporterait 195 milliards d'euros par an. Je rappelle que le service de la dette qui nous effraie tant ne représente que 50 milliards par an. L'état a de quoi assurer la transition pour aider les entreprises en difficulté, notamment en favorisant le développement de l'économie sociale et solidaire. Les seuls perdants dans tout ça, seront ceux qui gagnent leur argent en dormant, ceux qui spéculent et qui ruinent la France en s'accaparant injustement les richesses. 

Sixièmement, et sinon, vous proposez quoi d'autre ?
Mais ceux qui ne sont pas convaincues et qui veulent continuer comme aujourd'hui, on ne peut que leur dire qu'une chose : à la fin, c'est le peuple souverain qui décide. Le réponse à la crise, c'est le partage des richesses. Le partage est la seule stratégie crédible et plausible, et c'est une issue par le haut. Nous on propose la planification écologique, la 6e république, le partage des richesses... Et eux, l'austérité ? Montrez nous un endroit ou cette politique fonctionne ! Nulle part ! 

Nous on peut 

"La meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuple" disait Machiavel. Le Front de Gauche est un outil et un programme que le peuple peut choisir de mettre en mouvement. Et, sachez le, si le peuple souverain le décide, tout ce qui est dans le programme du Front de Gauche sera appliqué ! La clef du succès, c'est l'implication populaire. Cela commence par chacun d'entre nous ! 


Épilogue : petit détour linguistique (Par Michel R) 

Quelqu'un a attiré récemment mon attention sur l'origine du mot démocratie. Tout à fait éclairant, je reproduis ici, avec son autorisation, le contenu du mail qu'il m'a adressé. 

Le nom Démocratie, est composé de deux mots: démos dont la traduction est “peuple” et kratein, qui renvoie à l’exercice d’une souveraineté. “Démos”, comme le français “peuple” peut désigner l’ensemble des citoyens, mais aussi par opposition aux “notables”, le petit peuple. C’est ce dernier sens que semble choisir Périclès lorsqu’il dit que les décisions dépendent ”de la majorité”, du plus grand nombre, car il est évident que le petit peuple forme cette majorité. “Kratein” est aussi un terme ambigu. Il implique l’idée de force (voir corporelle, de domination se distinguant du terme “arché” définissant l’exercice du pouvoir dans les autres forces politiques, par exemple: monarchie, et oligarchie. Que Périclès ai préféré “démocratie” à ”démarchie” est révélateur du sens à donner à ce nom, à savoir recours à la force populaire. 

(Périclès de Claude Mossé, éditions Payot et Rivages-2005) 

La force du peuple contre l'oligarchie, voici un bien bel encouragement au combat !" width="200"/></img>]]>
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<title>Cartographie du vote PCF </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=34&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Chose promise chose due, voici quelques cartes sur le vote des militants communistes à propos de la désignation du candidat commun pour l’élection présidentielle de 2012. 

Mélenchon en tête dans la majorité des départements 

Sur 96 départements en France métropolitaine, Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 73. André Chassaigne remporte 22 départements, Emmanuel Dang Tran, un seul (Haute Soane). 



Mélenchon désigné avec 59.12% des suffrages 

Avec un score de 59,12% des suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon arrive largement en tête du scrutin. André Chassaigne obtient 36,82%. Emmanuel Dang Tran ne récolte que 4,07% des voies. 



Une bonne participation 

Oscillant entre 45% dans les Alpes de Haute-Provence à 95% dans l'Orne, la participation a été relativement élevée (70.25% en moyenne) 



28 251 voies pour Mélenchon 

Au final, Jean-Luc Mélenchon aura récolté 28251 voies, Chassaigne 17594 et Dang Tran 1944. 



Voilà, j’espère que ces cartes vous ont intéressé. Maintenant, la campagne est lancée, place au peuple ! 

NB : Les résultats complets du vote sont disponibles ici" width="200"/></img>]]>
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<title>Le petit glossaire du Melenchonisme</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=33&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Dimanche 5 juin, les 800 délégués communistes réunis à Montreuil, se sont prononcés à plus de 63% pour un soutien du PCF à la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour le Front de Gauche. Si cette décision est entérinée par le vote des militants communistes prévu les 16, 17 et 18 juin (2 autres candidats PCF sont également en lice), Jean-Luc Mélenchon deviendra le porte parole du Front de Gauche pour l'élection présidentielle de 2012. Ce choix historique du PCF, serait un signe fort mettant en avant la diversité de ce qu'on appelle l'autre gauche. S'il est désigné, sa candidature aurait vraiment du sens et cela pour deux raisons. Il incarnerait à la fois une rupture avec le parti socialiste (comme l'a fait le PCF en son temps) mais aussi un certain nombre de valeurs qui lui permettraient de porter la parole commune. J'essaye dans ce billet, par le biais d'un glossaire réalisé à ma façon, de détailler ces valeurs qui à mon sens le caractérisent. J'y met évidemment mon appréciation personnelle. 

Révolution / Démocratie réelle 

Tout d'abord, Jean-Luc Mélenchon est révolutionnaire. Mais, il donne à ce terme un sens bien particulier. Loin d'un imaginaire emprunt de romantisme où la rue en arme prendrait le pouvoir, pour lui, la révolution doit être citoyenne. C'est à dire, menée avec un bulletin de vote. Un homme ou une femme, quelle que soit sa richesse, quelque soit son milieu, quelque soit la couleur de sa peau, pèse le même poids dans les urnes. On oubli souvent que le suffrage universel est d'une radicalité inouïe. La révolution doit donc passer par là pour renverser l'ordre des choses. Néanmoins, conscient que sans un appui de la population, les institutions ne peuvent rien, il en appel sans cesse à une implication populaire. La révolution selon Mélenchon, c'est un processus où on vote sans cesse (constituante, referendum) mais aussi un système où la démocratie se joue à tous les échelons de la société (dans l'entreprise, dans les quartiers). 

République 

Même s'il a démarré son engagement politique chez les trotskystes, le véritable ancrage idéologique de Mélenchon s'est vite révélé être la République. Loin d'être un régime neutre, la République est selon lui, un système politique supérieur à la démocratie. Car en République, on se prononce non pas sur ce qui est bien pour soit, mais sur ce qu'on croit être bien pour tous. C'est donc cette notion d'intérêt général qui est au cœur de ce système politique dont la pierre angulaire est la citoyenneté. Or, la vision que chacun se fait de l'intérêt général est étroitement liée aux canaux d'informations qui permettent à chacun de sa forger sa propre opinion. Ces canaux sont, l'éducation apportée par un système scolaire égalitaire d'une part, et le système médiatique qui doit mettre à disposition une information contradictoire et plurielle d'autre part. En attaquant sciemment et de façon virulente un système médiatique déficient, Mélenchon vise en fait à bousculer un pilier fondamental du système politique qu'il défend. 

Socialisme 

Pour Mélenchon, l'accomplissement de la république se fait forcement dans le Socialisme. "Sans la République, le Socialisme est impuissant, sans le Socialisme, la République est vide" disait Jean Jaurès. Rappelons que le Socialisme est une doctrine politique et économique qui vise, à l'inverse du modèle libéral, à réformer le système de propriété privée des moyens de production et d'échange et à l'appropriation de ceux-ci par la collectivité. Certes, selon la théorie marxiste, le socialisme n'est qu'une période de transition entre la fin capitalisme et l'avènement du communisme qui doit se formaliser la disparition de l'État. Qu'on soit d'accord ou non sur l'opportunité de la déperdition de l'État (c'est discutable), force est de constater que le socialisme-républicain façon Mélenchon porte en lui les valeurs (égalité, justice, intérêt général, ...) qui lui permettent d'en faire le moteur de l'histoire dont notre civilisation a besoin. 

Rupture 

De l'OCI, au Parti de Gauche, en passant par le Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon c'est aussi une trajectoire politique. Il a adhéré au PS alors que ce parti était révolutionnaire, anticapitaliste et faisait référence à la lutte des classes. Conscient de la dérive vers le centre du son parti, il a tenté chaque jours de peser sur son aile gauche. En 2005, il fait campagne contre son parti pour défendre le NON au référendum sur le traité constitutionnel européen (TCE). Mais, après cette grande victoire, le PS ne bouge pas et Mélenchon fait le constat qu'il pèse finalement peu au sein du parti. En 2007, il publie "enquête de Gauche" qui est un bel essai où il analyse les programmes de tous les parti sociaux-démocrates européens. Il en tire un bilan alarment. Partout où la gauche est au pouvoir, elle applique des politiques de régression sociale. Et, observe-t-il, le PS est sur la même pente. Enfin, il a toujours beaucoup observé les révolutions citoyennes d'Amérique du Sud. A chaque fois, note-t-il, la gauche social démocrate s'allie à la droite réactionnaire pour empêcher l'autre gauche d'accéder au pouvoir. Bref, l'écart entre les idées de son parti et les idées qu'il porte deviennent un véritable abime, qui le conduit inéluctablement à la rupture. En 2008, au sortir du congrès de Reims qui entérine une fois de plus l'orientation de centre-gauche du PS, il décide de rompre et de créer, avec Marc Dolez, le parti de Gauche. Son ambition est, à la façon de Jaurès, de créer un parti creuset, trait d'union entre toutes les composantes de l'autre gauche. Car, la gauche radicale unie peut passer devant le PS aux élections et renverser la table politique du pays. 

Matérialisme 

Vous l'avez compris, Mélenchon tire de ce qu'il observe concrètement sur le terrain et dans les livres, des enseignements politiques. Loin d'être dogmatique comme certains tentent de le décrire, il est au contraire très ancré dans le réel. "Il faut aller à l'Idéal en passant par le réel disait encore une fois Jaurès. Car, même s'il peut avoir un tempérament passionné (tant mieux), son arme principale est bel et bien la raison qui lui permet d'être politiquement concret. Certains peuvent le traiter de girouette, mais moi j'y vois au contraire une idéologie politique qui s'affine au fur à mesure qu'il la confronte avec la réalité des faits. Ainsi, l'écologie politique et le féminisme par exemple, sont des éléments qui sont venus petit à petit nourrir sa vision politique globale pour en faire un tout cohérent. Bref, c'est donc bien dans le réel et non dans le monde des idées qu'il cherche des réponses au monde. N'est-ce pas la définition du matérialisme ? Et c'est d'ailleurs aussi concrètement qu'il souhaite apporter des réponses. C'est ce qu'il appelle la radicalité concrète. 

Histoire 

S'il affine ses idées en les confrontant au réel, Mélenchon va également puiser sa réflexion dans l'Histoire. "Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre" écrivait Karl Marx. En observant l'histoire de France sur le temps long, pour lui, ce qui fait sens n'est pas la continuité mais la rupture provoqué par la Révolution Française qui a été précédée par le Siècle des lumières. Voilà encore ressurgir les éléments fondamentaux que sont la révolution, la rupture, et la raison. Et c'est aussi inspiré par cette longue histoire de France qu'il affirme avec force son positionnement pour la laïcité dont il y voit, après des siècles et des siècles de massacres, la solution politique idéale qui permette à chacun de vivre dans la liberté de conscience. Bref, Mélenchon, à la façon du Socialiste Pierre Leroux, voit dans l'Histoire "un éclairage du présent et une façon de construire l’avenir". 

Écologie 

Jean-Luc Mélenchon a une vision humaniste de l'écologie. Il ne propose pas de "sauver la planète" au nom d'un ordre naturel des choses qu'il faudrait préserver (cette pente étant en tout point dangereuse), mais il propose de protéger l'écosystème humain. Bien sur, les races n'existent pas et il n'y a qu'une espèce humaine. Et celle-ci vit sur une planète finie. L'écosystème de l'homme, c'est la planète tout entière qu'il convient donc de protéger. L'écologie humaniste est donc un pan de l'universalisme. Par ailleurs, l'écologie est évidemment politique. Il n'y a pas de capitalisme ni de droite, ni de gauche. De mon point de vue, il ne peut y avoir d'écologie de droite puisque l'écologie est intrinsèquement anticapitaliste. Au contraire, l'écologie est intimement liée avec la notion de partage : partage des richesses, des terres, des moyens de productions, des services... Il n'y a que les dogmatiques pour ne pas voir les convergences évidentes entre l'écologie et le socialisme/communisme. Les transports en COMMUN, qu'est ce que c'est si ce n'est du collectivisme ? 

What else? 

Voilà, mon petit glossaire du Mélenchonisme arrive à son terme. Il n'est certainement pas exhaustif. Je n'ai pas abordé les termes Nation, Internationalisme ou même Europe qui à mon sens pourraient largement mériter un nouveau billet. Par ailleurs, dans ce glossaire, j'y ai mis en grande parti ma propre vision des choses avec mes propres mots ainsi que mes maigres connaissances. Quoi qu'il en soit, ce que je voulais montrer dans ce billet est que, avec sa trajectoire politique, ses combats et ses valeurs, Jean-Luc Mélenchon serait le porte parole idéal de l'autre gauche pour la présidentielle. Camarades communistes, unie, l'autre gauche peut faire bien des choses. Votez pour le candidat Trait-d'Union, votez Mélenchon." width="200"/></img>]]>
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<title>Le 29 mai, prenons la bastille</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=32&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Je publie aujourd'hui, un billet d'humeur très court sur un date importante pour la gauche radicale, le 29 mai. Je parlerai dans un prochain billet un peu plus étoffé, d'internet, des réseaux sociaux, des web médias et de la nécessite pour nous de militer aussi sur la toile. Je conseille au passage, la lecture du dernier bouquin d'Ignacio Ramonet sur le sujet. Mais, revenons à nous moutons. 

29 mai 2005 

Dimanche, nous serons le 29 mai et c'est une date importante. Bon, c'est l'anniversaire de ma belle sœur (coucou Christèle) mais c'est surtout en ce qui nous concerne, un anniversaire politique. Le 29 mai 2005, contre la quasi totalité des partis politiques et la plupart des médias, le peuple de gauche a pris ses responsabilités en rejetant le projet de constitution européenne. A la question "Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une constitution pour l'Europe?", 54, 68% des électeurs ont répondu NON ! Cela représente 15 449 508 français contre 12 808 270 pour le oui. Cette victoire écrasante a été clairement le fruit de la dynamique qui s'est engagée alors à gauche et qui a largement débordé les seuls partis politiques. Car c'est bien cette gauche qui n'était ni anti européenne, ni xénophobe, ni repliée sur elle même qui a transformé ce scrutin en victoire populaire. Ne l'oublions pas, ce non au référendum est une belle victoire. C'était aussi un beau moment démocratique où, correctement informé grâce à Internet et à quelques rares médias traditionnels (en particulier l'Huma), le peuple a pu s'investir dans la vie de la cité et ainsi choisir ce qu'il croyait être le mieux pour l'intérêt général. C'est aussi ca l'implication populaire, non ? Malheureusement, l'avenir s'est révélé plus sombre puisque, en faisant passer le traité de traité de Lisbonne au parlement, les puissants ont décidé que le peuple s'était trompé et que tant pis, il fallait décider pour lui. Néanmoins, gardons le souvenir de cette belle victoire. 

29 mai 2011 

Cela, c'était il 6 ans. Mais, si je fais référence à cet évènement, c'est qu'aujourd'hui, le peuple européen surgit à nouveau inopinément dans la vie de la cité. Depuis le 15 mai, une véritable révolution citoyenne est en marche en Espagne. Lassés par l'incapacité des dirigeants politiques à régler concrètement les problèmes, les "indignados" ont décidé de prendre les choses en main en exigeant une vraie démocratie dont le pouvoir est exercé vraiment par le peuple. "Democracia real ya", voilà ce que réclame le peuple populiste dans la rue. Par le passé, en Afrique du Nord ou en Amérique Latine, de tels mouvements ont réussi à chasser les oligarques du pouvoir. Europe, prend garde à toi ! 

En France et dans bien d'autres pays européens, le mouvement se propage. Depuis le début de la semaine, jeunes et précaires se réunissent tous les soirs dans de nombreuses villes européennes. Dimanche, il faut amplifier le mouvement. Fêtons ensemble ce bel anniversaire du non au traité constitutionnel européen en remettant le peuple au centre de la vie politique. Le peuple doit reprendre son destin en main. Le 29 mai, prenons la Bastille ! 

Nota bene 

Je rappelle à mes camarades seine-et-marnais que j'avais publié dans un précédent billet, une carte du vote au TCE sur notre département. Vous pouvez la retrouver ici : [carte TCE 77]" width="200"/></img>]]>
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<title>De la puerta del Sol a la place de la Bastille</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=31&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Alors que la crise de la dette gagne les pays uns à uns, on voit se disloquer devant nos yeux l'espoir d'une Europe pacifiée et solidaire, qui est sacrifiée au profit des intérêts des banksters. Devant cette crise que les dirigeants sont incapables de régler (peut être ne le veulent-ils pas?), l'espoir renait des peuples eux mêmes. Depuis le 15 mai, les jeunes et les précaires espagnols occupent la place de la Puerta del Sol à Madrid. On les appelle les indignés. Inspirée par les révolution arabes, cette insurrection citoyenne, dont le mot d'ordre est "une vraie démocratie maintenant" (democracia real ) est en train de s'installer sur le vieux continent. Hier, 200 à 300 personnes étaient réunies place de la Bastille. Vous pouvez trouver la liste des rassemblements programmés dans votre ville ici : [http://reelledemocratie.com]. Il faut maintenant amplifier le mouvement pour que le peuple reprenne enfin son destin en main. Nous ne devons pas renoncer à bousculer l'ordre établi, même si celui ci semble inamovible et indépassable. Voilà ce que je tente d'expliquer dans ce billet écrit un peu au fil de l'eau. 

Connaissez-vous TINA ? 

"There is no alternative". Voila le Slogan maintes fois répété par Margaret Thatcher dans les années 80. En pleine poussée libérale, ce slogan, utilisé pour justifier sa politique est devenu un acronyme : T.I.N.A. Aujourd'hui, se référer à Tina, c'est affirmer que toute autre tentative allant contre l'ordre des choses serait naturellement voué à l'échec. En gros, c'est ca ou rien. Vous avez entendu de nombreuses fois ce discours. Nous-vivons-dans-un-monde-ouvert-Inde-chine-bresil-mondiaslisation-c'est-pire-ailleurs-competitivité-pas-le-choix-dette-bla-bla-bla. Bref, tout ce discours qui n'éveille ni l'intelligence ni l'esprit critique a l'avantage, pour les puissants, d'insinuer dans les esprits que le capitalisme est un horizon indépassable. Pourtant, nous le dépasserons.... 

Résister à l'ordre globalitaire pour refonder la démocratie 

Dire que nous n'avons pas le choix, qu'une seule politique est possible, c'est reconnaitre que nous ne sommes pas tout à fait en démocratie. Car, si le peuple souverain ne peut trancher entre plusieurs projets politiques contradictoires, mais seulement entre quelques nuances de styles, de couleurs de cravates ou de charisme, il ne peut se saisir vraiment de son destin en décidant, libre dans le urnes, de la trajectoire politique qu'il veut donner à son pays. Il y a un vrai problème ! 

De plus, alors que ce discours dominant européiste, mondialiste, social-libéral (vaguement social et surtout libéral) est véhiculé unanimement pas l'ensemble des médias, il n'est pas facile de faire preuve de discernement pour reconnaitre que d'autres choix sont effectivement possibles. D'ailleurs, quand le peuple prend la décision de ne pas ratifier le traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, les classes dominantes, et en son somment l'oligarchie européenne, décident que le peuple s'est trompé. La droite, bien aidée par la gauche social-démocratie décide alors de sacrifier l'idéal démocratique au non de TINA. Selon eux, il n'y a pas de plan B possible et ce traité est le seul compromis possible pour résister à la mondialisation (que eux même ont organisé). Bref, c'est le serpent qui se mort la queue. Et dans tout ca, le grand perdant, c'est le peuple qui perd chaque jour un peu plus sa souveraineté. Maintenant, avec le pacte euro plus, les parlements nationaux doivent faire valider leur budget par la commission européenne qui est une instance non élue dont la principale mission est de faire appliquer le traité de Lisbonne, copié collé du TCE qui a été rejeté par tous les peuples consultés par referendum. Si on croit à la construction européenne, ayons l'audace de construire une vraie démocratie à cette échelle en donnant de vrais pouvoirs à un parlement européen élu à la proportionnelle. La constructions européenne contre les peuples, ca ne marchera pas ! 

Il n'y a pas de lois naturelles de l'économie 

Bref, il n'y aurait pas d'autres alternatives à cette organisation du monde. Le capitalisme serait un horizon indépassable. Pour preuve, toutes les tentatives de mise en place de système alternatifs ont fini en systèmes totalitaires. Nous vivons dans un monde ouvert et il faut être compétitif sinon nous allons décliner inéluctablement. Vous voyez bien, il n'y a pas d'autres choix. 

Sornettes !!!! Ce monde ouvert auquel il faudrait résister n'est pas tombé du ciel. C'est le fruit de choix politiques voulus notamment dans les années 80 par Reagan et Thatcher. Selon eux, un monde ouvert, ou chacun tirerait son épingle du jeu par des avantages comparatifs serait le système le plus efficace. En gros, selon cette théorie, plus nous nous mettons en compétition les uns contre les autres, plus la croissance mondiale sera forte et plus les pauvres ramasseront de grosses miettes. Bref, un monde comme celui là ne tombe pas du ciel et n'a rien de naturel. Il est on contraire extrêmement organisé. A l'image d'un monde déréglé ou on laisserai l'économie s'auto-organiser toute seule, il vaut mieux y voir un monde régulé selon des règles qui servent les intérêts de quelques-uns. Pour décrire ce système qui a la fâcheuse tendance de profiter d'abord aux puissants, il vaut mieux parler de dirigisme libéral. Le FMI ou l'OMC ont pour principale mission d'organiser cette mondialisation capitaliste. En Europe, c'est le traité de Lisbonne qui organise la concurrence libre et non faussée. Tout cela est très règlementé, extrêmement organisé. Vous l'avez compris, ce n'est pas un ordre naturel des choses qui a aboutit à cette solution mais des choix politiques. 

Un été européen ? 

Bref, TINA suggère que le monde dans lequel nous vivons est une organisation sociale naturelle et que lutter contre serait un non sens absolu. Pourtant, nous venons de voir que cette organisation est au contraire un système voulu, décidé et organisé politiquement par quelques uns au profit de quelques-uns. En Europe, la droite défend ce système à corps défendant, soit par cynisme, soit pour defendre des intérêts particuliers, soit par aveuglement idéologique. La gauche social-démocrate est quant à elle incapable de trouver des solutions à un système qui la dépasse. On a beau y regarder de tous côtés, l'idée social-démocrate n'est pas outillée pour affronter un capitalisme qui s'est transnationalisé. 

La solution vient des peuples. Depuis le 15 mai, inspirés par les révolutions arabes, des milliers de jeunes occupent la place de la puerta del sol à Madrid. Ils réclament une vraie démocratie, de vrais réponses à la crise et viennent de sanctionner le gouvernement de Zapatero dans les urnes. On les appelle les indignés. Basta, que se vayan todos, dégage, ... ces slogans sont le fruit de la contestation populaire. En Amérique latine et au magreb, le peuple a réussi à renverser la table politique. En Europe, le fruit est mûr. Le vieux continent est mûr pour la révolution citoyenne. La izquierda Unida en Espagne, Die Linke en Allemagne ou le Front de Gauche en France ont des programmes et des strategies politiques qui apportent des réponses concrètes à la crise. Mais leurs succès dépend de l'implication populaire. Dans la rue et dans les urnes, renversons la table politique et changeons vraiment les choses. Nous sommes plus nombreux qu'eux camarades, en avant !!!" width="200"/></img>]]>
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<title>Sarko, le choc, et le printemps arabe  </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=30&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Allez hop, je profite d'un emploi du temps un peu moins chargé et d'un RER D un peu moins bondé que d'habitude pour laisser tomber un peu mon bouquin (l'empreinte communiste de Roger Martelli) et me remettre à mon clavier. Bon, je n'avais pas totalement disparu de la toile puisque depuis peu, on peut me retrouver sur Twitter sous le pseudo @nico_lambert. Il parait que la bataille idéologique se gagne là aussi. Concernant ce blog, je parle dans ce billet, un peu hors actualité, de Samuel Huntington et de sa théorie surannée du Choc des civilisations. 

Samuel Huntigton et la theorie du choc 

En 1996, Samuel Huntington, professeur à Harvard publiait un essai intitulé "The Clash of civilizations and the Remaking of World Order". Cet ouvrage, qui faisait suite à un article écrit 3 ans auparavant, a été traduit en français en 1997 sous le titre de "Choc des civilisations". Dans cet ouvrage, Huntington développe, au lendemain de l'effondrement du bloc socialiste, une grille de lecture engagée du monde contemporain. Son idée, est que le monde, qui était jusqu'ici marqué par l'opposition entre blocs politiques va inéluctablement se réorganiser de façon multipolaire sur des critères culturels à fort encrage religieux. Selon lui, ce nouveau monde multicivilisationnel ne se fait pas sur des critères idéologiques qui sont en perdition, mais sur le terreau du réveil identitaire longtemps inhibé par le monde bipolaire d'alors. Pour étayer sa thèse, Samuel Huntington propose donc un découpage du monde en grandes civilisations : la civilisation Chinoise, Japonaise, Hindoue, Islamique, Occidentale, Latino-américaine, Africaine et Orthodoxe. Et, c'est notamment aux frontières de ces grands ensembles que doivent avoir lieu les grands conflits géopolitiques à venir. 

Critique 

Même s'il est bien construit et extrêmement étayé, le modèle géopolitique du monde développé par Samuel Huntington a bien des défauts. En effet, le découpage en grandes civilisations qu'il propose est très simplificateur (simpliste ?). Par exemple, le bloc musulman englobe toutes les tendances internes de l'Islam en regroupant ensemble les pays du monde arabe et l'Indonésie, chiites et sunnites dans le même sac. De plus, ces aires civilisationnelles sont principalement fondées sur des critères religieux en occultant un certain nombre de critères économiques, anthropologiques ou géopolitiques qui sont tout aussi déterminants. Et c'est d'ailleurs ce qui rend cette thèse dangereuse. En assimilant les civilisations au seul fait religieux, on justifie à la fois les attentats du 11 septembre et la guerre contre le terrorisme. En adoptant cette interprétation du monde, les hommes politiques comme George W Bush ou Nicolas Sarkozy ont contribué peu à peu à sa réalisation dans les faits (comme en économie, on parle de prophétie autoréalisatrice). Mais, en 2011, force est de constater que ce n'est pas ce qu'il s'est passé. 

Une représentation du monde dépassée... 

Sous l'ère Bush (père et fils), qui fut marquée par les spectaculaires attentats du 11 septembre 2001, une vision du monde basée sur la thèse de Samuel Huntington pouvait faire sens aux yeux du plus grand nombre. La poursuite de Ben Laden (qui s'est terminée tragiquement récemment), ainsi que les guerres d'Irak et d'Afghanistan mettaient en scène jour après jour un affrontement entre l'occident (dont le bras armé est l'OTAN) et le monde arabe. Pourtant, au fur et a mesure de l'enlisement de ces guerres qui créent le chaos plutôt que de régler quoi que ce soit, ce schéma de pensée s'est peu a peu dissipé. L'élection de Barak Obama en est une illustration parmi d'autres. Quand Sarkozy, après son élection, fait plusieurs fois référence au texte d' Huntington, il est a rebours de l'histoire (une fois de plus). 

...invalidée par les faits 

Le coup de grâce fut bien évidemment porté par le printemps arabe. Pourtant, à l'instar de Christophe Barbier, beaucoup de nos mediacrates, affirmaient que les peuples arabes n'étaient pas faits pour la démocratie. Et que pour eux, ma fois, il valait mieux une bonne dictature éclairée plutôt que l'Islam et la charria. Selon ces grands intellectuels empreints de relativisme culturel, il n'y aurait pas d'autres alternatives pour ces peuples que la dictature d'une part et la religion d'autre part. Et, le fait que les indicateurs liés à la démographie et au niveau d'éducation soient très proches des pays du nord de la méditerranée, ne sont que secondaires. Rappelons que la Tunisie a le même indice de fécondité que la France, une population éduquée et a autorisé l'IVG depuis 1973 (bien avant la France). 

Au sud de la méditerranée, les peuples se sont levés, non pas pour demander plus de religion, mais pour demander des droits universels : de l'égalité, de la liberté, et de la démocratie. Si je ne m'abuse, il y a de la République dans tout ca. La vision du monde hutingtonnienne s'écroule. C'est l'estocade. Et il n'y a guère que notre cher président Chanoine de Latran pour rester sur un modèle de pensée aussi suranné (NB: les libéraux, adeptes d'Adam Smith sont habitués aux modèles archaïques). 

L'histoire n'est pas ecrite d'avance 

Les révolutions arabes sont loin d'être terminées. Le processus révolutionnaire est long et son débouché incertain. L'histoire n'est jamais écrite d'avance; ce sont les hommes et les femmes qui la font. Par ailleurs, à chaque révolution sa contre révolution. Et, il est certain que dans ces pays, et comme souvent ailleurs, la contre révolution sera religieuse. Mais, les peuples ont pris leurs destins en main. Le bouillonnement démocratique est là, des processus constituants sont engagés, le peuple reprend le pouvoir. A nous d'en prendre exemple en Europe. 

Epilogue : le rendez-vous des civilisations 

Malgré une empreinte mentale très forte qui représente dans nos esprits la méditerranée comme une barrière entre les pays européens et les pays arabes d'Afrique du Nord, cette mer a longtemps été une mer d'échange. La vraie barrière au sud de l'Europe, n'est pas la méditerranée, c'est le Sahara. Bien plus infranchissable qu'une simple mer, c'est bien le désert qui a séparé pendant des siècles et des siècles, les hommes blancs au nord, des noirs au sud. A travers les ages, la méditerranée a porté l'échange, le commerce et la rencontre entre les différents peuples. Au nord, comme au sud de la méditerranée, nous avons sur bien des aspects une histoire commune. Donc, plutôt que de rester figé sur une vision du monde ou s'affronteraient occident et monde musulman, un monde ou nous laisserions mourir jour après jour les migrants qui souhaiteraient rejoindre l"eldorado" Europe, ne vaut il pas mieux préférer y voir, comme Emmanuel Todd (Gugusse ?) le grand rendez-vous des civilisations ?" width="200"/></img>]]>
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<title>Des morts par milliers aux portes de l'Europe</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=29&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Le Bilan humain de l’Europe forteresse
Regard cartographique

 

« Tu ne dois pas revenir ici, marmonna-t-elle près de l’oreille de Khady.
Tu dois nous envoyer de l’argent dès que tu seras là-bas. Si tu n’y arrives pas,
tu ne dois pas revenir ». Trois femmes puissantes, Marie Ndiaye, 2009

 

« Qu’ils soient victimes de conflits, de persécutions ou d’autres violations des droits de l’homme, les déplacés sont parmi les populations les plus vulnérables au monde » Kofi Annan, 2000

 

Alors que le projet de loi relatif à l'immigration, à l'intégration et à la nationalité doit être discuté à l’assemblée nationale fin septembre, projet qui vise notamment l’application dans le droit français de la directive retour (souvent appelée à juste titre “directive de la honte” par ses détracteurs), certains députés UMP montent déjà au créneau. Dans un contexte où la plupart des niches fiscales sont susceptibles d’être rabotées, les députés Claude Gloasguen et Thierry Mariani (qui s’était déjà illustré en voulant soumettre le regroupement familial à des testes ADN), considèrent en effet que l’aide médicale d’Etat (AME) qui permet aux étrangers sans papiers de se soigner gratuitement, coûte trop cher. Ce dispositif, qui bénéficie aujourd’hui à 210 000 personnes a couté en effet 546 millions d’euros en 2009 (+15% par rapport à 2008)[1]. Pourtant, alors que seulement 6% des migrants déclarent venir en Europe pour des raisons de santé, une enquête européenne réalisée auprès de 1218 personnes dans 11 pays d’Europe[2] montre que 72% des problèmes de santé des sans papiers sont peu ou pas du tout traités. 80% des personnes interrogées n’accèdent pas à la prise en charge financière de leurs soins et seules 48% des femmes enceintes sont suivies pendant leur grossesse. On est loin de l’image véhiculée selon laquelle les migrants viendraient en Europe pour profiter d’un système social et médical avantageux.

En fait, dans un contexte où les politiques européennes visent les unes après les autres, à réduire de plus en plus les droits des migrants, avec une efficacité quasi nulle puisque les flux migratoires persistent, nous verrons in fine, qu’un effet réel, indiscutable de ces politiques, est l’augmentation du nombre de victimes. C’est le bilan humain de l’Europe forteresse.

Migrations internationales et Europe

Loin d’être un phénomène récent (né en Afrique, l’homme a peu à peu colonisé la planète entière), les migrations humaines se sont accélérées depuis les années 1980[3]. Aujourd'hui, 250 millions de personnes dans le monde sont des migrants, soit 3% de la population mondiale[4]. Sur ces 250 millions, un tiers est en Europe. Souvent vécus comme une menace, dans un monde globalisé où tout circule de plus en plus librement (à part les hommes), les pays riches tentent d’organiser un moyen de lutter contre ces flux migratoires. Car en effet, la concurrence économique mondiale construit un monde inégalitaire dans lequel il y a des gagnants et des perdants. Certaines régions gagnent la guerre économique et deviennent de fait attractives (effet push). D’autres, sont maintenues dans la pauvreté et deviennent répulsives (effet pull). Entre ces deux types d’espaces, apparaissent les grandes ruptures de notre monde. Que se soit en termes de niveau de vie (IDH), de richesse (PIB) ou d’espérance de vie, c’est là que l’on peut mesurer les plus fortes discontinuités[5]. C’est logiquement, sur ces frontières toujours militarisées, que se cristallisent les tensions liées aux mouvements humains.

Figure 1 : Discontinuités de richesse dans la région Euromed, 2008

L’effet push : ce qui pousse à partir

Il y a quatre principales raisons aux migrations internationales. Premièrement, les migrants fuient bien souvent leur pays pour des raisons économiques. Nous l’avons dit, l’inégale répartition des richesses à l’échelle de la planète provoque des mouvements de populations. Fuir la misère pour vivre mieux, c’est légitime. A cela s’ajoute la deuxième raison : les considérations familiales. Ceux qui sont restés dans leur pays veulent rejoindre ceux de leur famille qui sont déjà parti. A cela, vient se surajouter parfois des situations dramatiques où il n’y a pas d’autre choix que de partir pour survivre (conflit, guerre, famine, …). C’est la troisième raison. Enfin, la quatrième raison est écologique. Le réchauffement climatique est le grand défi de l’humanité. Ce défi est devant nous puisque la question qui se pose maintenant est celle de la sauvegarde de l’écosystème humain. Les événements de cet été (incendies en Russie, inondations au Pakistan) sont des éléments qui doivent nous alerter sur l’urgence à agir. Dans ce contexte de changement global, les aléas de la nature sont transformés en catastrophes du fait du modèle d’activité des êtres humains : le capitalisme productiviste. Donc, que ce soit pour cause de désertification, montée des eaux, assèchements de mers ou de lacs, déforestation, salinisation, érosion, pollution de l’eau de l’air ou du sol, déjà estimé déjà à 50 millions en 2010, le changement climatique pourrait causer le déplacement forcé de 250 millions de personnes d'ici 2050 (L. Craig Johnstone, Haut commissaire adjoint de l'ONU pour les réfugiés). Ces 4 éléments, bien souvent imbriqués les uns dans les autres, forment un contexte qui poussent les courageux à tenter leur chance ailleurs, pour aspirer à une vie meilleure.

L’effet pull : l’Europe terre d’accueil

De l’autre côté, il y a les zones attractives : les terres d’immigration. Initialement terre de départ vers le nouveau monde ou les colonies, l’Europe est devenue, depuis les années 1980, l’une des premières terre d’immigration. En 2002, seules la Lettonie, la Lituanie et la Pologne avaient un solde migratoire négatif. En 2010, L’Europe est attractive sans ambigüité. Composée de 490 millions d’habitants, l’Union européenne à 27 compte aujourd’hui 25 millions d’étrangers sur son sol. Les migrations à destination de l’Union européenne sont marquées par une forte composante régionale. Car, même si l’UE attire les migrants du monde entier, c’est en premier les migrants des pays proches qui sont concernés (Afrique du Nord, Balkans occidentaux, Europe orientale). Cependant, avec la mondialisation, cette composante régionale tend à s’atténuer.

En 1950, la communauté économique européenne totalisait un peu plus de 6% de la population mondiale. Et, ce n’est qu’au gré des élargissements successifs que l’Union européenne d’aujourd’hui, avec 27 pays a pu se maintenir à peu près à ce niveau. Il en est de même pour le poids économique de l’UE qui a pu maintenir son niveau de richesse à 20% du total mondial uniquement grâce au processus d’adhésion. Donc, que ce soit du point de vue démographique ou économique, l’Union Européenne en tant qu’entité politique a pu maintenir son poids, et donc sa puissance dans le monde, grâce à un apport régulier de nouvelles populations. Aujourd’hui, dans ce contexte de croissance molle et de dépression démographique (l’indice conjecturel de fécondité est de 1,5 enfant par femme en Europe en 2007), l’apport de main d’œuvre étrangère est souvent utilisé par ceux même qui présentent les clandestins comme une menace. C’est le cas de la Ligue du Nord en Italie qui, tout en usant d’une rhétorique xénophobe, favorise l’immigration car cyniquement, l’économie a besoin de main d’œuvre bon marché. Bref, en matière d’immigration, il est parfois difficile de démêler ce qui relève des effets de manches, des annonces et des politiques réellement menées.

78 000 kilomètres de frontières à contrôler

La migration est un droit reconnu par divers textes internationaux, y compris par la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1948 qui annonce dans son article 13 que “toute personne est libre de quitter son pays”. Cependant, chaque État étant souverain, il est également “libre” de contrôler l'accès à ses frontières. Ce n'est donc, qu'un droit théorique. Eric Besson nous l’explique d’ailleurs sans ambigüité en précisant que « la libre circulation des personnes ne veut pas dire la libre installation » (C Politique, 05/09/2010). C’est d’ailleurs la position communément admise au niveau Européen, qui tend à se durcir au fil des ans.

Des politiques de plus en plus restrictives

Depuis le milieu des années 1970, l’Union européenne s’est lancée dans la mise en place d’une politique de limitation de l’immigration. C’est dans le contexte de la crise pétrolière de 1973-74 que les pays européens ont commencé à réfléchir à une politique migratoire concertée. Car en effet, avec la signature du premier accord Schengen en 1985 sur la libre circulation dans l’Europe (composée alors de 5 pays), la question d’une politique coordonnée du contrôle aux frontières se pose. Cependant, alors qu’il est précisé dans la déclaration universelle des droits de l’homme (1948), puis dans la convention de Genève (1949) que « toute personne à le droit de quitter son pays, y compris le sien », en 1991, une résolution du conseil de l’Europe vient nuancer ces bonnes intentions. Celle-ci stipule en effet que « Le droit de se déplacer librement, comme prévu par les conventions internationales, n’implique pas la liberté de s’installer dans un autre pays ». Le durcissement commence. En 1993, La France affiche un objectif d’immigration zéro. En 1999, lors du sommet européen de Tampere, commence à apparaître le concept d’externalisation (voir infra) qui consiste à faire participer les pays hors-UE au contrôle des frontières. Lors de ce sommet, une position est prise « pour une coopération régionale entre les Etats membres et les pays tiers limitrophes de l’Union en matière de lutte contre la criminalité organisée [ce qui inclut] la traite d’êtres humains ». Avec le sommet de Séville en 2002, cette politique est réaffirmée avec la mise en place du système intégré de surveillance extérieure (SIVE), qui pose la lutte contre l’immigration illégale comme priorité absolue de L’UE, lorsqu’il négocie avec les pays du voisinage. Ainsi, l’Union joue de son rapport de force avec des pays plus pauvres, pour les faire participer à la « protection » de ses propres frontières. En 2003, le système Dublin II, qui vise à équilibrer les demandes d’asile au sein des pays de l’UE, est mis en place. En 2004, le programme de La Haye réaffirme la « dimension externe de la politique d’immigration et d’asile ». L’externalisation des contrôles migratoires s’amplifie. Cette année, est également crée l’agence FRONTEX, dont la mission principale est d’intercepter les migrants avant qu’ils ne rentrent en Europe. Dans la continuité, Cette politique d’externalisation des contrôles est réaffirmée lors du somment de Rabat où certains pays du sud commencent à se sentir piégés par cette politique. Ils parlent alors de blocus inversé[6]. En 2008, pendant la présidence française de l’Union européenne, est voté le pacte européen sur l’asile et l’immigration, dont la trame de fond constitue le « partenariat global avec les pays d’origine et de transit ». Lutte contre l’immigration « subie » et le « partage du fardeau » est au cœur de ce texte. C’est l’année aussi où est adoptée par le parlement européen le 18 juin 2008 par 367 voix contre 206, la directive retour, appelée directive de la honte par ses détracteurs. Celle-ci prévoit une harmonisation des mesures concernant le traitement des étrangers en situation irrégulière dans les différents pays de l'Union européenne en passant notamment la durée légale de rétention jusqu'à 18 mois et la possibilité d'interdiction du territoire communautaire pour cinq ans.

Au fil des ans, le durcissement des politiques migratoires est sans aucune ambigüité. Aujourd’hui, elle repose sur la triade : enfermement, expulsions et externalisation.

Enfermement : les camps

Parlons sans euphémisme. Il ne s’agit pas de centre d’accueil ou de centre de rétention administrative mais bel et bien de camps. Ce terme, qui caractérise l’assignation à résidence de populations « indésirables », rend en effet mieux compte de la réalité inhumaine de ces lieux d’enfermement. Car oui, l’enfermement des clandestins est au cœur de la politique européenne d’immigration. Nul n’est épargné. Les malades, les enfants, les personnes vulnérables et les demandeurs d’asile peuvent être enfermés. En 2010, il y a 250 camps d’étrangers (32 000 places) dans les 27 pays de l’Union européenne[7]. En France, en 2006, il y avait 47 320 étrangers enfermés dans des camps.

Cependant, du fait de la disparité des dispositifs mis en place dans les différents pays européens (camps ouverts, fermés, assignation à résidence, gestion de demandeurs d’asile), il est difficile de savoir exactement combien d’étrangers sont enfermés aujourd’hui dans l’Union européenne. Afin de sensibiliser l’opinion sur cette question, une campagne européenne est lancée en 2008 par le réseau Migreurop « pour un droit de regard dans les lieux d’enfermement pour étrangers ».

En Europe, des êtres humains qui n’ont commis aucun autre délit que d’être en situation irrégulière peuvent donc être enfermées jusqu’à 1 an et demi. Alors qu’il ne faut que quelques jours, voire quelques semaines pour évaluer si un migrant peut être expulsé ou non, ce dispositif est clairement utilisé comme outil de répression et de dissuasion. 

Les expulsions

En 2009, la France a expulsé 29 000 sans papiers. Sur 14 844 reconduites réalisées au premier trimestre 2009, 4 346 étaient roumains, 1 552 algériens et 1 550 marocains[8]. Ce chiffre, comparable à celui de 2008 (29 799 expulsions), reflète la politique de quotas menée depuis 2004 qui fixe chaque année un nombre préétablit de personnes à expulser. Cette politique du chiffre, met les préfectures sous pression qui doivent, cout que coute, atteindre les objectifs. Du coup, en matière de régularisation et d’expulsion, l’interprétation des textes se fait bien souvent au coup par coup dans les préfectures, en fonction des objectifs fixés sur le moment. Pour les migrants, il y a bien souvent deux poids deux mesures. De plus, au-delà du caractère absurde de ce dispositif, cette méthode, mise en avant pour vanter la crédibilité et la fermeté de l’Etat en la matière, a un coût. Même s’il est difficile à estimer, certains chercheurs évaluent le coût annuel des expulsions réalisées en France à 700 millions d’euros, soit l’équivalent de 20 000 emplois de fonctionnaires. Considérant cette somme trop élevée, les pouvoirs publics ont inventé le système de reconduite volontaire. En 2008, sur les 29 796 étrangers reconduits à la frontière, 10 000 l’ont été « volontairement » ; donc plus rapidement et à moindre coût.

Cette politique n’est pas uniquement l’apanage de la France. De 2005 à 2007, les expulsions d’étrangers vers les pays tiers étaient de 55 063 en France, mais de 62 202 en Allemagne, 68 000 en Italie, 85 958 en Espagne, 130 323 au Royaume-Uni et de 141 777 en Grèce (avec pour cette dernière, un taux d’expulsion réalisé par rapport aux décisions prises de plus de 90%)[9].

Externalisation du contrôle des frontières

Avant d’enfermer et d’expulser les migrants du territoire européen, la politique migratoire vise en premier lieu à empêcher les étrangers de venir. Pourtant, quels que soient les mesures ou les dispositifs drastiques mis en place pour surveiller les 78 000 kilomètres de frontières extérieures de l'UE, les migrants continuent et continueront à tenter leur chance. Même les événements tragiques, comme à l'automne 2005 lorsque des migrants ont été tués par balle ou d'étouffement pour avoir tenté de rejoindre “l'eldorado” Europe par l'enclave espagnole de Ceuta, ne freine l'aspiration des migrants à une vie meilleure. Conscients de la difficulté à endiguer les flux migratoires, l’Union européenne, par le biais de la politique européenne de voisinage (PEV), a mis en place un dispositif de contrôle des frontières externalisé.

Le concept d’externalisation, emprunté aux économistes par le réseau Migreurop, qualifie la mise en place par l’UE de collaborations aves les pays voisins pour le contrôle des frontières (zones tampons). Ce système de sous-traitance de la lutte contre « l’immigration illégale » souvent dissimulé sous le joli terme de coopération, permet en fait à l’UE de se décharger du contrôle des frontières sur les pays du sud. En réalisant des accords de partenariat économiques, politiques et commerciaux avec les pays limitrophes, l’Union européenne met les pays du sud sous pression afin qu’ils acceptent de prendre en charge la régulation des flux migratoires. L’UE impose par exemple ce contrôle en contrepartie du versement de l’aide au développement. Le rapport de force économique étant ce qu’il est entre l’UE et son voisinage, ces pays ne peuvent qu’accepter. On parle alors de blocus inversé.

En plus de la mise en place de cette délocalisation des contrôles, l’UE s’est dotée depuis 2004 d’une agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (FRONTEX). Opérationnelle depuis 2005, cette agence a pour mission principale de lutter contre l’immigration clandestine. Pour cela, elle dispose d’un budget annuel de 80 millions d’euros. Composée de 20 avions, 30 hélicoptères, 100 vedettes et plus de 500 gardes frontières, FRONTEX est le bras armé de l’UE en matière de lutte contre l’immigration. De 2006 à la fin 2009, l’agence a organisé 61 vols de retour pour 2 859 migrants clandestins. En 2006, 3.2 millions d’euros ont été débloqués pour un plan d’action destiné spécifiquement à traquer en permanence les migrants d’origine subsaharienne.

Les demandeurs d’asile sont les grands perdants de cette politique d’externalisation. Repoussés ou retenus dans des pays tampons aux marges de l’Union européenne, les éventuels demandeurs d’asiles n’ont même plus la possibilité de faire une demande officielle. Retenus dans des camps de rétention externes (en dehors de l’union européenne), y compris dans des pays où les droits de l’homme sont loin d’être respectés (Lybie par exemple), leur rêve européen s’arrête bien souvent là, sans que ceux-ci ne soient comptabilisées dans les statistiques officielles.

Des morts par milliers aux portes de l’Europe

Contrairement au message officiel vantant une politique qui viserait à empêcher tout appel d'air qui ne bénéficierait qu'aux seules filières de passeurs, le durcissement des politiques migratoires ne tend pas à faire diminuer le nombre de victimes. Au contraire, cela les aggrave! Les contrôles mobiles mis en place par Frontex avec des dispositifs quasi militaires, obligent les migrants à prendre plus de risques. Car, pour tenter de passer entre les mailles des filets, ils sont obligés de prendre des routes de plus en plus dangereuses, ce qui augmente mécaniquement le nombre de décès.

Néanmoins, il est très difficile de trouver des données officielles recensant les décès liés aux migrations. Afin de se rendre compte de l'ampleur du phénomène, des associations (Fortess Europe ou United for Intercultural action) se sont lancées depuis la fin des années 80 dans cet énorme chantier en recensant dans la presse européenne tous ces événements malheureux. Le résultat est édifiant. Depuis janvier 1993, on a compté 13 500 cadavres, dont environ 10 000 en méditerranée. Selon les experts, ce chiffre sous-estime certainement la réalité. Tout cela a été représenté sur une carte ci dessous réalisée pour la première fois pour le Monde diplomatique, puis réactualisée pour l'Atlas des migrants en Europe coordonné par Olivier Clochard (Réseau Migreurop). Ce que montre cette carte, c'est que les routes changent, mais que les drames subsistent, voire s’amplifient. Car, aucun des dispositifs mis en place pour dissuader les migrants de venir rejoindre l’eldorado Europe ne fonctionne.

Figure 2 : Mourir aux portes de l’Europe, 1993 - 2009

Mais, alors que cette carte montre l’ampleur du phénomène, elle rend mal compte des drames individuels qu’elle contient. En effet, cette carte pourrait être subdivisée pour montrer les morts par noyade, les étouffements, ceux qui sont morts d’une maladie après expulsion ou ceux qui sont morts dans les services de l’Etat. Ces données existent mais ne peuvent pas être synthétisées sur une seule figure. De plus, même en effectuant ces subdivisions, le drame individuel reste masqué par l’agrégation et la masse d’information représentée. Au final, ce n’est que par le récit de chacun de ces événements tragiques qu’on peut avoir une connaissance fine de la quantité de drame humain représenté sur cette carte. Je terminerai donc en retranscrivant ici, un court extrait de la base de données qui a m’a servit à construire cette carte. Le voici.

« Trente-six inconnus, dont deux femmes et quatre bébés, originaires du Nigéria et du Cameroun, sont morts noyés : des garde-côtes marocains ont percé leur embarcation gonflable avec un couteau » (28 avril 2008). « Sadedim, un garçon originaire de Macédoine, est mort de non assistance médicale au centre de détention de Geeuwenburg, en Hollande » (26 juillet 2006). « Un mineur, originaire du Maroc, est mort étouffé après avoir été emprisonné à la frontière de Melilla, enclave espagnole au Maroc » (Mai 2003)….

Pour une autre politique migratoire ?

Bien que sordide, cette carte nous montre avant tout que ces questions ne peuvent pas être traitées sans une once d’humanisme. Il est grand temps de revoir les politiques européennes d'asile, d'immigration et de repenser une vraie politique de co-développement. Quand il s’agit d’êtres humains, la fraternité et l’humanisme sont préférables aux logiques comptables qui se révèlent inefficaces. Nous avons notre part de responsabilité dans la misère du monde. Et, tant que nous continuerons à mener une guerre économique qui appauvrit encore plus les pays pauvres, quelque soient les dispositifs militaires que nous mettrons en place pour nous « protéger », les migrations continueront inéluctablement. La seule politique utile à mettre en place est donc une politique de solidarité et d’entraide afin de briser ces lignes de cassures entre les zones de richesses et les zones de pauvreté. Dans notre monde, ces lignes de fracture sont toujours militarisées. La première chose à faire est donc de provoquer une révolution citoyenne pour stopper la construction libérale de l’Union européenne et remettre enfin le curseur dans l’autre sens. Il faut sortir de cette période de grande régression pour aller à nouveau dans le sens du progrès humain, vers une société écologique et solidaire. Car, comme le disait Pierre Laurent pendant la manifestation contre la politique sécuritaire du gouvernement, « La lutte pour les libertés fondamentales et pour les droits sociaux sont un seul et même combat » (4 septembre 2010).

Il est vrai que c’est un travail du longue halène, mais un gouvernement de Front de Gauche pourrait agir tout de suite en mettant en place un certain nombre de mesures comme, la régularisation des sans papiers pour permettre un droit au travail et à la scolarisation, leur donner le droit de vote aux élections locales pour qu’ils retrouvent la voie de la citoyenneté, fermer tous les camps et négocier tout de suite la sortie de certaines directives européennes (opt out) comme la directive retour. Ainsi seulement, les étrangers sortiront de la « salle d’attente de la société »[10] dans laquelle nous les y avons mis.

Nicolas Lambert,
Cartographe

 

REFERENCES

[1] Le gouvernement veut faire payer l’accès aux soins, Cécilia Gabizon, Le figaro, 02/09/2010
[2] Deuxième rapport de l’observatoire européen de l’accès aux soins, septembre 2009.
[3] Atlas mondial des migrations, Catherine Wihtol de Wenden, Autrement, 2009
[4] Atlas de la population mondiale, Gilles Pison, Autrement, 2009
[5] Atlas de l’Europe dans la monde, Clarisse Didelon, Claude Grasland, Yann Richard, La documentation française, 2008
[6] Comment l’Union européenne enferme ses voisins, Alain Morice et Claire Rodier,Le monde diplomatique, juin 2010
[7] Les camps d’étrangers, symbole d’une politique, Olivier Clochard, Le monde diplomatique, juin 2010
[8] 29 000 sans-papiers expulsés en 2009 par la France, Le Monde, 07/01/2010
[9] Atlas des migrants en Europe, Olivier Clochard, Armand Colin, 2009
[10] Etrangers en séjour précaire, A. Veisse, 2004" width="200"/></img>]]>
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<title>Mais qui est Jeanne Deroin ?</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=28&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Le comité du parti de Gauche du sud Seine-et-Marne (Melun-Sénart) porte désormais le nom de Jeanne Deroin. 

Née en 1805 dans une famille d'ouvriers, Jeanne Deroin est une pure autodidacte. D'abord ouvrière lingère comme l'y amenait sa condition, elle apprend à lire et écrire à l’âge de 20 ans en recopiant des livres uns  à uns, puis arrache à la force du poignet son diplôme d'institutrice. Très tôt attirée par le saint simonisme (prémices au socialisme), son engagement se porte inconditionnellement sur l'amélioration de la condition féminine. Féminisme convaincue, elle épousera un homme (Desroches), dont elle refusa de porter le nom par esprit de liberté. 

Mais son plus grand combat fut le suivant. A 26 ans seulement, alors totalement inconnue, elle décide de se présenter aux élections législatives du 13 mai 1849. « Liberté, égalité, fraternité, c’est au nom de ces principes qui n’admettent pas l’exclusion que je me présente comme candidate à l’Assemblée Législative » proclamait-elle à l'époque. Déçue par  l'oubli des femmes dans le suffrage universel qu'elle nomma à juste titre universel masculin, elle s'engage dans cette bataille qui marquera la première étape d’une longue marche qui mènera 100 ans plus tard au droit de vote et d'éligibilité des femmes. A l'époque, seule contre tous (et même contre toutes), elle ne sera évidemment pas élue. Sans soutien, souvent insultée pour tant d'affront, y compris dans son propre camps, elle mènera tout de même sa campagne jusqu'au bout. Mais, sa candidature, jugée inconstitutionnelle, ne lui permettra pas de franchir l'ultime étape. 

Quoi qu'il en soit, Jeanne Deroin est pour nous un bien joli nom pour notre comité, et cela pour deux raisons. Tout d'abord, il illustre le fait que le combat féministe est, au même titre que l'écologie, la république et le socialisme, un des piliers sur lequel repose la politique d'émancipation voulue par le parti de gauche. Selon Jeanne Deroin, le combat socialiste pour l'émancipation de travailleurs ne peut être réalisé si on laisse de côté la moitié de l'humanité dans d'assujettissement.  De plus, vent debout contre l'ordre établi lorsqu'elle se présenta « illégalement » aux élections législatives, insoumise et révoltée, la personne de Jeanne Deroin représente aussi un appel aux mauvaises graines, aux têtes dures. C'est un appel à ne pas baisser les yeux ! 

Indignez-vous, révoltez-vous, mais aussi, impliquez-vous politiquement pour faire valoir ce qui vous semble bon pour l’intérêt général ! Voilà le message délivré par Jeanne Deroin. 

Le blog est accessible à l'adresse suivante :
http://pgmelunsenart.blogspot.com" width="200"/></img>]]>
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<title>Sortir du nucleaire ?</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=27&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Difficile de trouver du temps pour écrire. Je tente malgré tout de remettre le pied à l'étrier en abordant ici le sujet épineux du nucléaire. En effet, dans l'espace politique où se situe la gauche radicale (l'autre gauche, la vraie gauche, la gauche de gauche, je ne sais pas comment on l'appelle), qui va de l'idéologie de la décroissance au marxisme productiviste, la question du nucléaire pose débat. Je livrerai donc ici mon point de vue de militant lambda du Parti de Gauche. Et si les maigres lecteurs de ce blog pouvaient enrichir mon article en l'agrémentant de quelques commentaires, ca serait super. 

L'énergie nucléaire en question 

Le paysage énergétique Français est on ne peut plus atypique. La production d'électricité, dominé en grande partie par le nucléaire est le fait d'un virage énergétique réalisé dans les années 1950 et 1960 et la mise en place de neuf réacteurs. Progressivement devenue la principale source de production d'électricité, avec près d'une soixantaine de réacteurs aujourd'hui, environ 80% de l’électricité française est d’origine nucléaire, singularité quasi mondiale. 

En France, et au sein de l'autre gauche, la question de l'énergie nucléaire pose débat. En effet, alors que pour certains, l'énergie nucléaire est sans conteste efficace et rentable, d'autres mettent surtout en avant sa dangerosité. Pour les uns, grâce à son rendement inégalé (une tonne de charbon produisant autant d'énergie qu'un gramme d'Uranium), elle est une aide indéniable au développement de l'économie. Elle permet de palier à la raréfaction des ressources fossiles, coute moins cher, ne contribue pas au réchauffement climatique et permet le maintient d'un haut niveau scientifique. Bref, c'est sans conteste un atout de premier plan pour la France. 

Pour d'autres, au contraire, l'énergie nucléaire est avant tout un système dangereux. L'installation d'une centrale nucléaire implique la mise en place d'innombrables précautions sans qu'on ne soit jamais assuré d'une sécurité absolue. Qu'adviendrait-il de notre arsenal de centrales nucléaires en cas de dépression économique sévère, en cas de guerre ou face à une série d'attentats ? En cas d'accident, tous les avantages apportés par cette industrie seraient plus que balayés en quelques micro secondes. Par ailleurs, l'industrie nucléaire produit un grand nombre de déchets. Et, même si les déchets d'aujourd’hui sont les ressources de demain, force est de constater que ce procédé implique sur le long terme les générations futures. Enfin, l'industrie nucléaire serait un facteur de prolifération à des fins militaires et un frein au développement des énergies renouvelables. 

Ne faisons pas du nucléaire un élément de clivage 

De toute façon, nous n'allons pas sortir du nucléaire du jour au lendemain. La sortie (ou non) du nucléaire doit être planifiée à l'échelle de 20 à 30 ans. Mais, le débat doit être ouvert dès maintenant. 

Le parti de Gauche est plutôt en faveur d'une sortie programmée du nucléaire en préparant dès maintenant la transition pour une sortie au plus tard en 2040 avec la mise en place progressive et planifiée de solutions de remplacement (développement des énergies renouvelables, sobriété énergétique). Dans le même temps, serai maintenue la recherche sur le nucléaire, en réorientant massivement et prioritairement les fonds vers les réacteurs visant l'élimination des déchets. Il va de soi que la recherche serait également orientée vers de développement des énergies renouvelables. 

Du côté du parti communiste français, l'énergie nucléaire est irremplaçable. Une sortie du nucléaire nous obligerait à importer notre électricité (comme devra le faire l’Allemagne) et à relancer la production d’électricité à partir des ressources fossiles, ce qui n'irait pas dans le sens d'une lutte contre le réchauffement climatique. Par ailleurs, dans une logique qui reste productiviste, et où les tensions seraient à terme naturellement dénouées dans une société d'abondance, il n'est pas question d'aller dans le sens d'une décroissance organisée de la consommation d'énergie. 

Pourtant, que se soit André Chassaigne ou Jean Luc Mélenchon (tous deux possibles représentants du Front de Gauche à l'élection présidentielle), le cap à donner à la société est clairement social mais aussi écologique. Car, que ce soit au PCF ou au PG, tout le monde est d'accord pour développer les énergies renouvelables, relocaliser l'économie, développer le ferroutage et prendre le problème du réchauffement climatique à bras le corps. Cet ensemble qui va dans le sens d'une vision humaniste de l'écologie visant à sauvegarder l'écosystème humain, consisterai même la ligne d'horizon visée dans notre projet de société commun. Le point de vue de beaucoup de militants, et je partage ce point, est que l'écologie politique est intrinsèquement anticapitaliste. Bref, nous pouvons nous entendre ! 

Vite, une révolution citoyenne 

La population n'a jamais été concertée avant le choix du nucléaire. Et, à part les spécialistes, personne n'est vraiment informé sur le sujet puisque aucun débat national n'a jamais été organisé. Il est temps d'ouvrir ce débat. Ce débat ne doit pas être consensuel et les médias devront jouer leur rôle en reflétant les contradictions et les différents points de vue. Plutôt que le consensus, il vaut mieux la méthode des dialogues fracassants. Une démocratie se porte bien quand les medias montrent qu'il n'y a pas un seul choix possible, et c'est évidemment le cas sur la politique énergétique de notre pays. Ensuite, cette question devra être tranchée par le peuple lui même par referendum. En effet, une question aussi importante que le nucléaire doit être tranchée par l'implication populaire car le peuple est moins bête que ce que pensent les oligarques. Je ne veux pas être dans le « mon projet c'est vous » comme Ségolène Royal à la dernière élection présidentielle. Le candidat Front de Gauche devra certainement se mouiller et tenter de convaincre sur sa vision des choses, mais au final, le souverain c'est le peuple. Et c'est lui qui doit trancher ! 

Epilogue 

Cet article soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses. Camarades lecteurs, à vous de laisser vos commentaires !" width="200"/></img>]]>
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<title>La petite histoire du marchand de glaces</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=26&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/C’est la rentrée, et elle s’annonce chargée. Manifs les 4 et 7 septembre, fête de l’huma, euro-manifestation à Bruxelles contre les plans d’austérité le 29, etc… En septembre, on va beaucoup marcher. Fini de se prélasser sur la plage en sirotant une boisson fraiche ou en dégustant un cornet de glace avec un bon bouquin. Mais en attendant de rentrer tout à fait et pour garder un arrière gout de vacances pendant encore quelques temps, voici l’histoire du marchand de glaces. La petite histoire du marchand de glaces 

La théorie des jeux est une approche mathématique de l’économie qui consiste, en étudiant les comportements des individus, à présenter les problèmes économiques sous forme de jeux stratégiques. De nombreux exemples sont énoncés pour illustrer cette théorie. Le problème du marchand de glaces est l’un deux. Je l’ai un peu revisité.

Le principe est simple. Deux marchands de glaces ont installé leurs stands sur une plage. Les clients potentiels sont répartis uniformément sur la plage. Les marchands vendent des glaces de même qualité et au même prix. Ils ont pour objectif de maximiser leurs profits en servant le plus de clients possibles. Au départ, les deux marchands de glaces, qui se connaissaient bien, avaient décidé de s’entendre et de coopérer. Ainsi, le premier marchand occupait la partie gauche de la plage tandis que le deuxième était présent sur la partie droite (situation 1). Dans cette configuration, les deux marchands vendent sur un territoire de taille identique tout en minimisant la distance que doit faire un client pour aller chercher sa glace. Les profits des deux marchands sont identiques. Les clients sont contents.

Un beau jour, le marchand de glaces numéro 1, qui est un petit malin, sur les conseils d’un consultant spécialiste de benchmarking payé a prix d’or, décide de faire coter son entreprise en bourse. Les actionnaires, exigeant 15% de taux de profit, demandent au marchand de glaces d’augmenter son nombre de clients pour faire fructifier leur précieux investissement comme il se doit. Sous la pression, le marchand de glaces en question ne voit qu’une seule solution à son problème, il se rapproche du centre de la plage pour contrôler un territoire plus grand.

L’autre marchand de glaces, qui n’a rien demandé à personne, voit ainsi son territoire réduit, avec moins de clients potentiels. Pour ne pas voir son chiffre d’affaire diminuer, il n’a qu’une solution, il se rapproche également du centre de la plage pour récupérer sa partie de plage et ainsi rétablir l’équilibre. Du coup, le premier marchand se rapproche encore plus du centre, suivi par le second, et ainsi de suite jusqu’à ce que les deux marchands se retrouvent au milieu de la plage (situation 2). L’équilibre est rétabli. Chaque marchand, a comme au début de l’histoire, le même chiffre d’affaire. En théorie des jeux, c’est un équilibre de Nash. La situation est en équilibre car si un des deux marchands de glaces décide de s’éloigner du centre, il voit ainsi son territoire et son nombre le client potentiel réduit. Donc, s’ils ne se décident pas à coopérer et à se faire confiance pour revenir à la situation d’origine, personne ne bouge.

C’est un équilibre non-optimal. Alors que dans la situation de départ, les deux marchands gagnaient autant d’argent l’un que l’autre, à présent, c’est toujours le cas, mais avec un chiffre d’affaire plus faible. Car, si on continue de supposer que les clients se dirigent vers le marchand de glaces le plus proche, il n’est pas sur que ceux qui sont situés à l’extrémité de la plage marcheront des kilomètres pour rejoindre le centre de la plage. Vraisemblablement, ils se passeront de glaces. Du coup, les deux marchands de glaces voient leurs chiffres d’affaire réduits. Ils ne sont pas contents. Les actionnaires et les clients non plus.

Moralité, la coopération ca marche mieux que la guerre économique. Le premier marchand aurait mieux fait de rester sur la gauche plutôt que d’aller vers le centre (de la plage). 

En politique aussi 

Cette moralité fonctionne aussi en politique. A force d’aller toujours flirter avec le centre, la gauche ferait peut être mieux de retenir la leçon du malheureux marchand de glaces, qui à force de vouloir aller chercher plus de clients, a en fait atteint l’objectif inverse. Le PS, au lieu d’aller cherchez son électorat au centre (de la plage), ferait mieux de regarder sur sa gauche. La gauche doit se rassembler sur un programme clair, vraiment de gauche, socialiste. Le PS a-t-il oublié ce que ce mot signifie ? Si le PS se rapproche idéologiquement du centre et choisit comme représentant le chef du FMI, la gauche a tout à y perdre. La gauche perdra les élections. Car si les programmes de la gauche et de la droite ont des contenus quasi identiques (équilibre non-optimal), il faut se rappeler que les pros de la com’ et du marketing, les lobbies et les puissants sont du côté de la droite. Rappelez-vous comment lors de la dernière présidentielle, Sarkozy s’est attribué Jaurès alors que Ségolène Royale croyait faire la maline avec ses jurys populaires. Bref, la gauche a tout à perdre avec une telle stratégie.

Par ailleurs, la démocratie c’est jouer franc jeu avec les citoyens. C’est présenter un projet clair et compréhensible, de telle sorte que le peuple puisse choisir l’orientation politique du pays par son implication et par son vote. Si tous les programmes se ressemblent, il y a un affaiblissement de la démocratie. Si le message de fond est embrouillé, et qu’il ne reste plus que le casting (préférer telle ou telle personnalité), c’est la droite qui gagnera. Au mieux, nous aurons un président de gauche qui appliquera une politique de droite.

Bref, la démocratie, c’est présenter un programme clair sur lequel le souverain (le peuple) tranchera. Le programme commun du Front de Gauche pour la présidentielle et les législatives à venir, commencera à s’écrire la semaine prochaine à la fête de l’huma. Et ce qui est sur c’est que nous resterons bien de notre côté de la plage. " width="200"/></img>]]>
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<title>Le bilan humain de l'Europe forteresse</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=25&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Au moment où Eric Besson veut une nouvelle loi pour faciliter l'expulsion des étrangers et passer la durée légale de rétention de 32 à 45 jours, voici quelques éléments pour se rendre compte des implications réelles de ces politiques migratoires de plus en plus dures. 

Une ambiance nauséabonde 

3 ans après l'élection présidentielle où l'ex ministre de l'intérieur Sarkozy s'est fait élire en surfant sur les thèmes du Front National, et au lendemain d'une élection régionale où le FN se refait une santé, le moins que l'on puisse dire est que l'ambiance de ce pays est nauséabonde. Entre les discours très limites sur la Burqua et sur l'identité nationale, qui loin d'être républicains sont bien souvent racistes et intolérants, et Eric Zemmour qui nous explique, en occultant de façon volontaire toute considération sociale, que “Les français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes”, on attend des sommets de crétineries. Si on ajoute à ca Brice Hortefeux qui, à l'université de l'UMP, nous explique en parlant des arabes que “quand il y en a un, ca va, c'est quand il y en a plusieurs qu'il y a des problèmes”, la coupe est pleine. D'ailleurs, notre cher président Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca n'est pas en reste, quand il évoque a plusieurs reprises le “lien charnel avec la terre” dans son discours aux agriculteurs, référence pétainiste évidente (“la terre elle, ne ment pas”) et appel du pieds clair aux électeurs du FN. Je ne sais pas si tout cela reflète le fond réel de pensée de ces hommes là ou relève tout simplement de la stratégie politique (ce qui n'est pas mieux), mais en pleine crise économique, il vaut mieux ne pas être immigré, sans papiers ou même avoir une peau plus foncée que la moyenne. 

Mais, au delà des petites phrases, il y a les faits politiques. Le symbole emblématique de tout cela est le ministère de l'immigration et de l'identité nationale dont le titre même, en associant “immigration” et “identité nationale”, inscrit l'immigration comme problème pour la France et tend à renforcer de fait les préjugés négatifs. De plus, l'objectif affiché de ce ministère est de renvoyer “chez eux” (comprenez hors de France) 30 000 pauvres gens par an. Besson et les fonctionnaires des préfectures affectées aux services de l'immigration, doivent à tout prix atteindre ce chiffre, quitte à faire du cas par cas. Pour les migrants, il y a bien souvent deux poids deux mesures. Bref, tout cela sent bon le sale climat “années 1930”. Un signe qui ne trompe pas, l'extrême droite progresse partout en Europe. 

Pourquoi y-a-t-il des migrants ? 

Aujourd'hui, 250 millions de personnes dans le monde sont des migrants, soit 3% de la population mondiale. Sur ces 250 millions, un tiers est en Europe. Car, quels que soient les mesures ou les dispositifs drastiques mis en place pour surveiller les 78 000 kilomètres de frontières extérieures de l'UE, les migrants continuent et continueront à tenter leur chance. Même les événements tragiques, comme à l'automne 2005 lorsque des migrants ont été tués par balle ou d'étouffement pour avoir tenté de rejoindre “l'eldorado” Europe par l'enclave espagnole de Ceuta, ne freine l'aspiration des migrants à une vie meilleure. Car en effet, que ce soit pour des raisons familiales (l'envie de vivre avec ses proches), des raisons économiques (famine, l'envie de vivre décemment), des raisons écologiques (dégradation nette de l’environnement qui bouleverse gravement le cadre de vie), ou des raisons de survie (conflit, guerre, droit d'asile), les peuples des pays pauvres ont vraiment de bonnes raisons de fuir la misère. Ces derniers n'ont effectivement bien souvent pas d'autres choix que de tenter leur chance ailleurs. Et c'est bien ca, la hantises des pays riches, de se voir envahir par des clandestins qui viendraient menacer la prospérité de nos pays, y apporter l'insécurité et même y menacer l'identité nationale. 

Pourtant, les pays riches ont leur part de responsabilité. Une économie mondialisée, ou toutes les économies sont imbriquées les unes avec les autres, ou la guerre économique implique logiquement qu'il y ait des gagnants et des laissés pour compte, c'est la logique même du capitalisme. Certains se gavent de richesses tandis que d'autres meurent de faim, et nous voudrions empêcher les pauvres gens de migrer, unilatéralement par la force ? 

Toujours moins de droits pour les sans papiers 

La migration est un droit reconnu par divers textes internationaux, y compris par la déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen de 1948 qui annonce dans son article 13 que “toute personne est libre de quitter son pays”. Cependant, chaque État étant souverain, il est également “libre” de contrôler l'accès à ses frontières. Ce n'est donc, qu'un droit théorique. Dans les faits, les politiques migratoires, en particulier au niveau européen tendent à réduire de plus en plus les droits des migrants. La plus célèbre des réglementations européennes concernant l'immigration est la directive retour. Souvent appelée à juste titre “directive de la honte” par ses détracteurs, elle a été adoptée par le parlement européen le 18 juin 2008 par 367 voix contre 206. Ce texte, prévoit une harmonisation des mesures concernant le traitement des étrangers en situation irrégulière dans les différents pays de l'Union européenne. Celui ci passe notamment la durée légale de rétention jusqu'à 18 mois et la possibilité d'interdiction du territoire communautaire pour cinq ans. 

Par son nouveau projet de loi, ce que veux Eric Besson, c'est en fait l'application dans le droit français de cette directive. Pour cela, mercredi 31 mars 2010, il a présenté au conseil des ministres son projet de loi «relatif à l’immigration, à l’intégration et à la nationalité». S’il est adopté, ce texte serait le 5e depuis 2002 visant à réduire le droit des immigrés en France. Jugé «liberticide» par SOS Racisme, ce projet de loi prévoit notamment de porter de 32 à 45 jours la durée de rétention des étrangers expulsables, de limiter des pouvoirs du juge des libertés et de la détention, et d’accélérer les procédures d’expulsion. Bref, de moins en mois de droits pour les sans papiers. 

Le renforcement des politiques migratoires a un impact humain tragique 

Contrairement au message officiel vantant une politique qui viserait à empêcher tout appel d'air qui ne bénéficierait qu'aux seules filières de passeurs, le durcissement des politiques migratoires ne tend pas à faire diminuer le nombre de victimes. Au contraire, cela les agave! Les contrôles mobiles mis en place par Frontex avec des dispositifs quasi militaires, obligent les migrants à prendre plus de risques. Car, pour tenter de passer entre les mailles des filets, il faut prendre des routes toujours plus dangereuses, ce qui augmente mécaniquement le nombre de décès. 

Il est très difficile de trouver des données officielles recensant les décès liés aux migrations. Afin de se rendre compte de l'ampleur du phénomène, des associations (Fortess Europe ou United for Inercultural action) se sont lancées depuis la fin des années 80 dans cet énorme chantier en recensant dans la presse européenne tous ces événements malheureux. Le résultat est édifiant. Depuis janvier 1993, on a compté 13 500 cadavres, dont environ 10 000 en méditerranée. Selon les experts, ce chiffre sous-estime certainement la réalité. Tout cela a été représenté sur une carte ci dessus réalisée pour la première fois pour le Monde diplomatique, puis réactualisée pour l'Atlas des migrants en Europe coordonné par Olivier Clochard (Reseau Migreurop). Ce que montre cette carte, c'est que les routes changent, mais que les drames subsistent, voire s’amplifient.   

Cette carte nous alerte. Il est grand temps de revoir les politiques européennes d'asile, d'immigration et de repenser une vraie politique de codéveloppement. Une politique d'immigration basée sur la coopération et la solidarité plutôt que sur la construction de murs entre les peuples. Car tant que le monde sera aussi inégalitaire, les migrations continueront indéniablement. Aucun dispositif militaire ou répressif ne pourra empêcher cela. En attendant, il est grand temps de traiter ces questions avec un peu plus d'humanisme. Cela passe d'abord par la régularisation des sans papiers, l'arrêt des expulsions et le démantèlement de l'infâme ministère de l'identité et de l'immigration. 

"Nous sommes tous des immigrés, il n'y a que le lieu de naissance qui change"" width="200"/></img>]]>
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<title>Retour sur les elections regionales</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=24&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Le Front de Gauche s'inscrit dans le paysage politique 

Avec un score moyen avoisinant les 7% au premier tour des régionales, l'étape est franchie. Ouf ! Ce n'était pas gagné d'avance, mais, présent dans 17 régions, le Front de Gauche a réussi son pari. Avant les européennes, tout le monde pensait que le Front de Gauche allait voler en éclat au moment des régionales. A l'époque, c'était même le principal argument avancé par le NPA qui, ne voulant pas faire un coup électoral, prétextait que les élus régionaux du PCF allaient naturellement s'allier au PS dès le premier tour des régionales, pour être certains de conserver leurs sièges. Mais, l'histoire a été différente, puisque la grande majorité les militants communistes se sont prononcés pour une indépendance claire vis à vis du PS au premier tour des régionales. C'était un pari risqué pour eux avec le risque d'obtenir moins d'élus, mais c'était un pari délibérément tourné vers l'avenir privilégiant le choix stratégique collectif à long terme plutôt que les petits calculs. Bien sur, on aurait aimé que le Front de Gauche soit présent dans toutes les régions, mais je dois dire que le choix a été admirable. Ainsi, dans 17 régions sur 22, le front de gauche (PG, PCF, GU) était présent. A l'arrivée, c'est un beau score qui nous permet de nous maintenir dans le paysage politique. 

Une raclée pour la droite 

Même si le Front de Gauche a été loin de renverser la table cette fois ci, cette élection a été une vraie déculottée pour la droite. Pendant la campagne nous réclamions une bonne gauche contre la droite (notre slogan de campagne), je ne sais pas si ça sera le cas, mais ce qui est sur c'est que la droite est au tapis. Au premier tour, la droite gouvernementale a fait son plus mauvais score à des élections locale de toute la 5e république. Depuis 1958, jamais un gouvernement n'a perdu une élection intermédiaire avec une telle ampleur. Au second tour, la gauche rafle 21 régions sur 22 en métropole. Tous les ministres du gouvernements présents sur des listes sont battus. C'est une vraie claque ! Sarkozy atteint des abîmes d'impopularité et avec la crise financière et l'échec de la politique gouvernementale, l'idéologie de la concurrence libre et non faussée est en déroute. Étant donné la forte abstention, l'UMP représente à peine 10% des inscrits et n'est plus légitime. La victoire de Sarkozy en 2007 vient d'être effacée. Si ces élections avaient été des élections législatives, il y aurait moins de 100 députés UMP à l'assemblée nationale. Bref, c'est une victoire par KO et un véritable désaveu politique. 

Abstention / FN / Modem 

Néanmoins, il n'y a pas de quoi pavoiser. Nous frisons la « Côte d'alerte démocratique » (Mélenchon). Avec une abstention record de 54% au premier tour, qui touche encore une fois principalement les classes populaires (A peine 11,8 % de participation dans un quartier des Mureaux ; 13 % aux Bosquets, à Montfermeil), nos concitoyens ne croient plus à la possibilité politique de changer les choses. Lors des distributions de tracts, je ne peux citer le nombre de personnes qui me disaient « que de toute façon, ça n'allait rien changer » Et, même si le peuple souverain a donné un vrai carton rouge à la droite, les sondages montrent qu'ils ne donnent pas pour autant carte blanche à la gauche. Selon une majorité de français, ils ne feraient pas mieux que la droite.

Ce scrutin a aussi été marqué par la recrudescence du vote d'extrême droite. Avec près de 12% des voix, le FN a pu se maintenir dans 12 régions. Il double son score par rapport aux élections européennes. Il faut dire que le contexte (Burqa, débat sur l'identité nationale, …) leur a été favorable. Et, loin de servir la droite de gouvernement, ces sujets ont évidemment favorisés le FN. Quand la droite essaye de marcher sur les plates bandes du FN, l'électorat fini toujours pas préférer l'original à la copie. Pauvre France. 

Enfin, et c'est la bonne nouvelle de ce scrutin, le Modem ne dépasse pas la barre des 5% au niveau national. Ainsi, les partis de gauche réalisent qu'ils peuvent être majoritaires sans s'allier avec le centre. Enfin. 

Prolonger et approfondir le front de gauche 

Cependant, comme je l'ai dit plus haut, nous vivons une vraie crise démocratique. Dans un système mediatico-politico-people ou tout est dit et son contraire, ou ce n'est que chaboteries et chaboteries, force est de constater que le politique n'a pas la cote. Dans ce contexte de désaveu général, le front de gauche n'a pas réussi non plus à convaincre comme il faudrait. Dans le quartier le plus populaire de ma commune (Moissy-Cramayel), le liste emmenée par Pierre Laurent ne fait que 5 voix (1,99%) avec un taux d'abstention de plus de 75%. Pourtant, plus qu'Europe-écologie qui est à la croisée des chemins et qui doit consolider son projet politique, le Front de Gauche est selon moi la vraie nouvelle force politique crédible. En se revendiquant de toute l'histoire du socialisme et du communisme, et à la lumière des nouvelles préoccupations environnementales, la refondation idéologique est en marche. Elle est clairement anticapitaliste, en rupture avec le traité de Lisbonne. 

Cependant, pour être crédible, le travail doit continuer. Ce doit être un travail de terrain, basé sur l'éducation populaire, visant à montrer que plusieurs choix politiques sont possibles, et que la question de savoir si on est pour ou contre les réformes, n'est qu'une formule vide de sens. Il y a toujours plusieurs choix possibles. En s'élargissant à ceux qui veulent s'impliquer dans le sens de l'intérêt général, le Front de Gauche doit tout faire pour créer une dynamique qui part de la base, des quartiers, des associations et des mobilisations sociales. Ensuite, à nous de proposer un projet politique crédible et de tout faire pour le rendre crédible aux yeux de tous. A la fin, le peuple tranchera en connaissance de cause. Mais n'escamotons pas les débats. 

Objectif 2012 

D'ici 2012, beaucoup de choses sont à faire, dont la ligne d'horizon est d'arriver à une candidature commune de toute l'autre gauche au premier tour de la présidentielle. Car c'est bien en rassemblant toute l'autre gauche, que nous pourrons créer une dynamique qui nous permettra de passer en tête de toute la gauche, et ainsi battre la droite sur un projet de rupture avec le capitalisme. 

Pour cela, c'est sur nos projets que nous devons travailler d'abord. Même si, de part la nature même de l'élection présidentielle, la question des personnes devra se poser tôt ou tard, c'est en militant ensemble sur le terrain, en croisant nos projets respectifs, en mettant en dynamique tous les acteurs sociaux, en étant présents dans les mobilisations, en travaillant ensemble, que nous dépasserons naturellement la question des personnes au profit d'un projet collectif qui va dans le sens de l'intérêt général. Ce n'est évidemment pas facile, mais nous nous n'avons pas le choix si nous ne voulons pas renouveler l'expérience désastreuse de 2007, qui a vu 3 listes séparées de la gauche radicale. 

Ça commence maintenant !" width="200"/></img>]]>
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<title>Remettre le curseur dans l'autre sens</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=23&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/En pleine crise du capitalisme, on entend parler à tout bout de champ de moralisation ou de régulation. A aucun moment, l'idée même de remise en cause de la logique capitaliste n'effleure les grands médias. Cette question apparaît comme archaïque. Pourtant, c'est bien parce que le capitalisme est intrinsèquement inégalitaire, qu'il est temps pour la gauche d'affirmer clairement ses positions. Alors que cette question de choix de société entre capitalisme et socialisme (ou communisme) peut paraitre d'un autre temps, elle doit être au contraire au cœur des débats politiques. 

Qu'est ce que la capitalisme ? 

Dans le dictionnaire, la définition du capitalisme renvoi à un système économique basé sur la propriété privée des moyens de production, la recherche du profit et la concurrence. Souvent confondue à tort avec l'économie de marché (toute activité marchande n'est pas capitaliste), le capitalisme se caractérise par plusieurs éléments : L'exploitation (de l'homme par l'homme), la propriété privée des moyens de production et d'échanges, une extension indéfinie de la sphère marchande, et des crises cycliques. Voilà pour les grandes lignes. 

Mais, selon les lieux et les époques, les réalités du capitalisme peuvent être très différentes. Apparu aux environs du XIIe siècle, il s'est sans cesse transformé. Du commerce médiéval à la révolution industrielle en passant par le mercantilisme, il est aujourd'hui passé dans une phase de financiarisation. En effet, le capitalisme domine aujourd'hui sous une autre forme que celles connues aux siècles derniers. Cette nouvelle phase du capitalisme, souvent nommée de façon trompeuse “mondialisation”, est un système complètement désincarné, déconnecté des mécanismes de production de la richesse. Ce capitalisme là, est devenu un véritable destructeur social et écologique. Prenons rapidement l'exemple des LBO (leveraged buy-out : terme anglais qui désigne le financement d'acquisition par emprunt, l'acquisition étant possible grâce à un endettement important qui produit un effet de levier.). Avec ce procédé, les tenants du capital dépècent les entreprises unes à unes. Car une fois l'entreprise achetée avec un fort endettement, il faut se payer sur la bête pour rembourser les banques et dégager des profits démesurés. Selon Daniel Bensaid, “il ne faut pas être grand clerc pour comprendre que des retour sur investissement de 15% et plus avec une croissance de 3% relèvent d'un miracle aussi stupéfiant que la multiplication biblique des petits pains”. Dans l'entreprise, ces exigences imposent des rendements fous, des méthodes de management inhumaines génératrices de stress (voire des suicides), et des licenciements. Bref, le monde capitaliste dans lequel nous vivons détruit les richesses et le savoir faire au profit (énorme) de quelques uns. 

Enfin, contrairement aux idées reçues, le capitalisme n'a rien de naturel ni d'inéluctable. Il n'y a pas de lois naturelles de l'économie affranchies de la décision humaine, qui nous imposeraient une organisation sociale donnée. D'ailleurs, le capitalisme comme modèle dominant ne s'est imposé que tardivement. Le modèle capitalisme est donc dépassable. 

Qu'est ce qu'être anticapitaliste? 

Tout d'abord, conscient depuis Marx, que seul le travail produit de la richesse, (et non le capital), c'est l'idée selon laquelle les moyens de productions doivent appartenir au peuple souverain. Car l'appropriation privée des moyens de production est contradictoire avec l'idée de démocratie et de souveraineté populaire. Le capitalisme c'est plus on est riche, plus on a de pouvoir. Le socialisme, c'est un homme, une voix, y compris dans l'entreprise. Être anticapitaliste c'est aussi rejeter l'idée que la sphère marchande pourrait s'étendre à tout. Non à la marchandisation du vivant, oui à l'extension des services publics aux secteurs d'intérêt général (eau, énergie, transports). C'est l'idée de gratuité et de service public. Être anticapitaliste, c'est aussi lutter contre la guerre économique. C'est œuvrer pour la résorption des inégalités. Car alors que le capitalisme véhicule l'idée que les inégalités permettent d'accroitre la compétitivité, la gauche anticapitaliste défend exactement l'inverse. L'égalité est vecteur de croissance (au sens large). Enfin, être anticapitaliste, c'est être écologiste. J'y reviendrai. 

Alors que le parti socialiste, n'a plus de socialiste que le nom, l'autre gauche doit se revendiquer clairement anticapitaliste. Car aujourd'hui, ce n'est plus tenable. L'idée selon laquelle il faudrait des riches très riches pour investir et dynamiser l'économie pour être compétitif sur le plan international est une ineptie. Le capitalisme livré à lui même, on sait que ca donne : crises, crises et guerres. Si on ne croit pas que le capitalisme soit le stade ultime de l'humanité (ce qui est mon cas), alors, notre projet politique doit avoir pour but de remettre en marche notre société dans le sens du progrès humain. Cette société plus juste, dont la considération principale est l'intérêt général, ne peut pas être capitaliste. La gauche décomplexée est forcément anticapitaliste. Ce stade de l'humanité n'est pas indépassable. Nous n'en sommes pas à la fin de l'histoire. Notre projet politique doit changer la donne. Comment faire ? 

Quel projet ? 

Ce blog étant un blog géographique, je suis obligé d'aborder cette question en commençant par la question de l'échelle. A quelle échelle agir ? Certains penseront que la lutte anticapitaliste ne peut être portée qu'au niveau mondial. C'est d'une certaine façon ce que pensent les alter-mondialistes qui veulent une nouvelle gouvernance mondiale. Selon cette logique, des organismes comme l'OMC auraient pour fonction d'organiser la coopération, au lieu d'organiser la concurrence. Pourquoi pas. Cependant, le FMI, l'OMC et les autres étant des piliers du libéralisme mondialisé, on peut se demander dans qu'elle mesure il sera possible de les transformer. 
Descendons d'un cran : l'Europe. Également un des piliers les plus virulents du libéralisme, l'Union européenne est néanmoins un niveau économique pertinent. Les pays européens commercent beaucoup plus entre eux qu'avec le reste du monde. Donc, la mise en cohérence de cet espace économique avec un espace démocratique dans lequel il faudrait faire avancer l'idée anticapitaliste semble du coup pertinente. Mais, avec le traité de Lisbonne qui organise noir sur blanc un dirigisme néolibéral avec le dogme de la concurrence libre et non faussée, et un parlement qui n'a jamais été aussi à droite du fait du zèle libéral porté par les nouveaux convertis d'Europe de l'est, on peut se demander si batailler à cette échelle ne reviendrait pas à donner des coups d'épées dans l'eau.
Reste le niveau national. Pour certains, notamment au M'PEP (mouvement politique d'éducation populaire, issu d'ATTAC), c'est le seul niveau pertinent. C'est vrai que la nation est le lieu où la démocratie est la plus aboutie et où l'action politique est la plus puissante. Mais cela pose la vieille question du socialisme dans un seul pays. Certains reprocheront aussi à cette démarche une peur du replis nationaliste. Pourtant, l'idée de nation n'inclus à aucun moment l'idée de replis sur soi et de rejet de l'autre.
Finalement, conscient des intérêts mais aussi des difficultés liées à chaque niveau, l'évidence est que c'est du local au global qu'il faut batailler. Du militant alter mondialiste à l'élu local, en passant par le député européen, la bataille anticapitaliste peut être portée à chaque fois. Tous les niveaux sont pertinents, chacun avec ses limites. 

Se pose ensuite, la question de la production et du partage des richesses. C'est une question à la fois sociale et écologique. Comment financer nos ambitions sociales (éducation, santé, aide au développement, ...) et écologiques (transport, énergie, eau, …) ? Il y a des marges de manœuvre, le tout est d'affirmer clairement et d'assumer comment on peut financer tout ca. A droite on nous martèle le message qu'il faudrait d'abord produire la richesse avant de la partager. Or, malgré la crise, notre pays n'a jamais été aussi riche ni aussi attractif (la France est la 2e destination au monde pour les investissements directs étrangers). Or, en 30 ans, 10 points de la richesse produite sont passées des poches du travail à celles du capital (Voir graphique présenté plus haut), alors que les gros salaires augmentaient. Dans le même temps, la productivité du travail augmentait aussi de 30%, soit 2% par an. Le décrochage des salaires en même temps que l'augmentation de la productivité illustre sans ambiguïté que les richesses supplémentaires dégagées par les gains de productivité réalisés collectivement, ne se sont retrouvées que dans les poches de quelques uns. Étant donné notre PIB actuel, ces 10 points représentés sur le graphique représenteraient aujourd'hui 170 milliards par an. Notre projet politique doit être de remettre le curseur dans l'autre sens. Pour cela, il faut affirmer le rôle d'un État fort au service de l'intérêt général. Il faut que l'État affirme son rôle de protecteur social (politique de plein emploi, de santé, d'éducation) et son rôle de moteur de l'économie (nationalisation des secteurs stratégiques). Il faut aussi aller dans le sens d'une relocalisation de l'économie. On peut commencer par exemple à rendre plus difficile les délocalisations en permettant aux salariés de reprendre la gestion de leur entreprise qui veut partir à l'étranger, sous forme de coopérative. Il faut également défluidifier les transactions financières afin que ce ne soit plus la valeur de petits bouts de papiers (actions) mais bien la valeur réelle du travail qui compte. C'est aussi mettre en place un salaire maximum pour amorcer un cercle vertueux de répartition des richesses. Il faut aussi avoir une vraie politique de plein emploi et de répartition du temps de travail. Ces quelques exemples doivent faire corps avec un projet global qui aurait pour but de de mettre en place, pas à pas, en fonction des rapports de force, un projet de sortie progressive du capitalisme. Comme en Amérique latine, cela ne peut se faire que progressivement. 

Je crois aussi au caractère subversif et à la capacité de transformation de l'écologie politique. En mettant au centre de notre projet des enjeux de temps long, telle que la lutte contre le réchauffement climatique et la mutation énergétique, cela nous oblige à soustraire tout un tas de choses du champ du capital, et entrer dans une logique non productiviste. Car, pour agir sur le temps long, il faut planifier ! L'indicateur statistique de l'empreinte écologique nous enseigne qu'il n'y a pas assez de “planètes” pour tout le monde. Tout le monde ne peut pas vivre comme un européen. Encore moins comme un américain. Pour remédier à cela, la réponse est simple. Il faut partager les richesses et repenser nos modes de vie. Il faut une planification écologique pour permettre une répartition des richesses et une solidarité entre les générations. 

Enfin, se pose la question de la stratégie. Comment bousculer les rapports de force ? Tout d'abord, toute l'autre gauche doit se rassembler. Car quand on aborde sérieusement la question de la sortie du capitalisme, cela éclaire de façon flagrante l'ineptie des luttes intestines au sein de la gauche. Nous ne serons crédibles qui si nous sommes unis. Car il semble évident que pour mener un tel projet, la première chose à faire est de nous mettre d'accord sur un programme commun. Nous arrivons à être ensembles dans les luttes, soyons ensembles dans les urnes. Pour cela, il faut des compromis. Mais si nous ne sommes pas capable de les faire, aucun espoir n'est permis. Avec le front de gauche, cette union s'est amorcée avec les élections européennes. Élargie pour les élections régionales de mars, l'union doit s'étendre à toute l'autre gauche, et notamment au NPA qui ne peut continuer sa démarche solitaire alors qu'une dynamique unitaire est à l'œuvre. Une fois l'union la plus large possible réalisée, il faut des alliances pour dégager une majorité pour gouverner. Si toute l'autre gauche est rassemblée, nous pouvons créer un rapport de force favorable pour les négociations avec les autres partis (Verts, PS). Si on veut être majoritaire, et proposer un programme vraiment de gauche, quelle autre stratégie peut-il y avoir ? 

Enfin,notre projet de transformation sociale et écologique se fera sur le temps long, progressivement, dans la rue et dans les urnes. Car c'est bien le couple mouvement social / action politique, qui pourra emmener la transformation. Il n'y a pas de société idéale. La transformation sociale et écologique est un processus. Notre projet, avec un soutien populaire, c'est d'enclencher ce processus, sans rien lâcher sur nos convictions. 

Une bonne gauche contre la droite 

Pour battre les tenants du capital, il faut proposer un projet émancipateur qui a toujours pour ligne d'horizon, le progrès humain. Ce projet, qui doit avoir au cœur de tout la notion d'intérêt général, est indissociablement social et écologique. Ce projet, porté par toute la gauche de gauche, doit être antiproductiviste, féministe, démocratique, internationaliste, profondément laïc et républicain, se réclamant du rationalisme des lumières, uni dans la rue et dans les urnes. Bref, il faut une gauche musclée : une bonne gauche contre la droite. 

Pour finir, voici un extrait du discours de Marie-George Buffet au Meeting de lancement de la campagne des régionales, le 10 janvier 2010 qui éclaire bien le lien entre les considérations écologiques et sociales. Voici ce qu'elle disait : 

“Prenons un exemple concret : la fabrication d’un jeans d’une marque connue. Le coton vient du Bénin. Les fils à coudre sont produits en Irlande puis sont envoyés en Espagne pour être teint. Puis ils partent à Tunis pour être mis en bobine avant d’être expédiés à Ras Djebel, petit village à une bonne heure de route de Tunis. Le polyester est acheté au japon ainsi que la fermeture éclair, qui elle est produite en France. Les rivets et les boutons sont achetés à une entreprise allemande qui importe d‘Australie. J’oublie la toile qui est fabriquée à Milan ou peut-être à Francfort. Vous êtes perdus ? Moi aussi ! La seule chose à retenir, c’est que l’on dépense des tonnes de pétrole dans un seul but : rechercher à chaque étape des salariés les plus mal payés” 

Écologie et socialisme sont indissociables ! 

Quelques références 

http://www.m-pep.org/spip.php?article619
http://socio13.wordpress.com/2010/01/24/depuis-30-ans-les-salaires-baissent-sauf-au-sommet-par-jacques-sapir/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Leveraged_buyout" width="200"/></img>]]>
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<title>3 visions de l'Europe</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=22&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Les cartes sont des représentations simplifiées et subjectives de la réalité. Il n'y a pas une façon objective de produire une carte, mais il une multitude de représentations possibles, chacuns des choix effectués étant pensés et assumés (ou non). Quoi qu'il en soit, une carte ne peut jamais être considérée comme totalement objective. 

Quelle est la bonne représentation de l'Europe ? 

Prenons l'exemple de l'Union européenne. La représentation habituelle de cet espace consiste à y représenter les régions (NUTS2) et de colorier les differentes unités territoriales en fonction du fait que le critère étudié y est plus ou mois fort (exemple sur la répartition de la richesse ici) . Pourtant, cette représentation elle même n'est pas neutre. En effet, celle-ci laisse la part belle aux grands territoires alors que les petits territoires, qui peuvent avoir un poids important pour la variable étudiée, sont très peu visibles. De façon générale, les territoires qui couvrent une grande superficie (nord de la Suède, nord de la Finlande) sont très largement visibles alors qu'ils sont très peu peuplés tandis que certains territoires sont très peu visibles alors qu'ils sont très denses (Londres, Bruxelles, ...). 

Cette représentation dite classique a donc des défauts et montre une certaine conception de l'Europe. 

Représentation par anamorphoses 

De façon générale, une anamorphose est une image déformée à l'aide d'un système optique ou d’un procédé mathématique. En géographie, cela permet de déformer les unités territoriales (polygones) sur la base d'un attribut rapporté à la superficie des entités (densité). Plusieurs méthodes de déformation existent. Ici, la méthode utilisée est basée sur un algorithme inspiré du processus physique de la diffusion des gaz. Il s'agit simplement d'un calcul de densité dans une grille régulière donnée qui est progressivement déformée jusqu'à ce que la densité de chaque zone soit égale à la densité moyenne. Le calcul de l'anamorphose débouche ainsi sur la déformation du fond de carte pour montrer l'importance d'un phénomène donné. Grace à cette méthode, on peut donner à voir plusieurs perceptions de l'espace (espace géographique, espace économique, espace naturel, espace démographique, ...). 

3 visions de l'Europe 

En appliquant cette méthode à l'Union européenne, nous pouvons construire les trois cartes représentés ci-dessus, parues dans une étude pour le Parlement Européen (Régions en déclin : un nouveau paradigme démographique et territorial, PE 408.928, IP/B/REGI/IC/2007-044, juillet 2008), qui représentent 3 visions de l'Europe selon 3 angles differents (économie, social, environnement). Sur la carte rouge, les régions sont déformées selon un critère de richesse. Ainsi, les régions au fort PIB seront très visibles alors que les régions pauvres seront peu visibles. En conséquence, l'europe de l'Est, très pauvre, apparait comme rabougrie. Il en est de même pour le nord de la Scandinavie très peu peuplé et donc ne possédant pas une grande quantité de richesse. A l'opposé, on peut observer notament une Grande Bretagne obèse de richesse. La carte verte, tends à mettre en évidence les zones naturelles. Celà aboutit à la sur-représentation des pays nordiques qui ont à disposition un vaste espace naturel. Enfin, les données régionales harmonisées sur le social étant quasi inexistantes en Europe, la carte bleu (domaine social) a été déformée sur la quantité de population. 

Les choix cartographiques ne sont pas anecdotiques et ne relèvent pas seulement de la recherche esthetique. Plus qu'une simple description de la réalité, la carte de géographie véhicule un message qui peut être aussi politique. Choisir d'insister sur tel ou tel aspect pour convaincre, tout en respectant les règles de sémiologies graphiques admises par la communauté scientifique, voilà le coeur du metier de cartographe. 

Si la représentation par anamorphose vous interesse, je vous conseille le site ci-dessous : http://www.worldmapper.org/" width="200"/></img>]]>
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<item>
<title>Le parti de gauche acte II Un parti clairement ecologique</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=21&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Nouveau logo, nouveau porte-parole, nouvelle devise. Depuis la convention nationale des 5 et 6 décembre derniers, le parti de Gauche affirme clairement son identité écologique. En nommant Martine Billard (issue des verts) comme porte parole, en intégrant symboliquement du vert à son logo et en y inscrivant la mention "écologie", le PG est on ne peut plus clair. Cependant, en plein somment de Copenhague sur le climat et après le succès d'Europe écologie aux européenne, on pourrait penser qu'il s'agit là d'un effet de mode. Mais il n'en est rien ! En effet, l'écologie comme pivot central de la réflexion au sein du parti de gauche a été très fort depuis sa création. 

Un parti écolo depuis de début 

Ces jours, ci, on peut voir les journaux titrer "Mélenchon fan d'écologie" (Le Monde) ou "Mélenchon aussi passe au greenwashing" (Marianne) comme si il s'agissait de la nouvelle lubie du député européen. Or, si le PG veut aujourd'hui revendiquer son ancrage écolo, cette notion est au cœur de sa réflexion depuis le premier jour. 

Ainsi, je me suis amusé à décortiquer le premier discours de Jean-Luc Mélenchon au meeting de lancement du Parti de Gauche le 29 novembre 2008. Le texte du discours est en intégralité sur son blog. Son discours, illustré graphiquement par le nuage de tags ci-dessus est très clair au sujet de la place de l'écologie dans le projet qui sera celui du PG. Dès le début de son discours, il énonce par exemple : "La planification écologique est aujourd’hui nécessaire pour engager la transition entre le modèle actuel de production, de consommation, de vie et d’échange et le modèle de développement écologique qu’il est urgent de faire naître." Plus loin : "Nous proposons la planification écologique pour piloter la transition du mode de production actuel vers le mode de production futur." Plus loin encore, il évoque "la révolution idéologique que l’écologie politique nous propose et qu’il convient de réaliser." Bref, alors que les mots "parti" et "gauche" sont les plus présents dans le discours (logique puisque l'objet était de lancer le parti de gauche), l'occurrence du mot écologie (ou écologique) apparaît 20 fois, devant république, (15 fois) et socialisme (14 fois). La nouvelle devise du PG est donc bien Écologie - Socialisme - République, l'écologie en tête. CQFD ! 

Un an après ce discours, la prise en compte réelle de l'écologie au sein du PG ne fait plus le moindre doute et c'est là tout l'enjeu de notre démarche. Car pour la gauche, c'est "une refondation intellectuelle qui nous fait nous revendiquer de l'écologie politique au nom de l'intérêt général humain pour parvenir au socialisme et à la république". 

Écologie de gauche / écologie de droite 

Pourquoi revendiquons nous une écologie de gauche ? Parce que nous pensons que l'écologie ne peut pas être apolitique. Au contraire, avec l'apparition assez nouvelle d'une écologie dite de droite, l'écologie est aujourd'hui un vrai élément de clivage. 

D'un côté, l'écologie de droite mise sur des avancées technologiques qui permettraient d'apporter des solutions de remplacement à l'épuisement énergies fossiles. C'est l'idée de "croissance verte". C'est comme si, pour régler le problème de l'obésité, on attendait de trouver un médicament miracle sans s'interroger sur un moyen de modifier nos modes de vie.
A gauche, au contraire, il y a une remise en cause du dogme de la croissance qui n'est plus considérée comme forcément bénéfique. De ce côté là, les théoriciens de la décroissance comme Paul Ariès ont beaucoup à nous apprendre. Ainsi, pour régler le problème de l'obésité, la gauche chercherait plutôt, tout en misant sur d'éventuelles solutions technologiques, à s'interroger sur notre mode de vie (Malbouffe, déterminants sociaux, ...). Autre différence avec la droite, la gauche croit au rôle de l'État pour gérer les questions écologiques, contrairement à la droite qui ne résonne qu'en terme de marchés. Enfin, au parti de Gauche, la pensée écologique est conçue comme un outil de transformation sociale de la société. On ne peut en effet déconnecter les questions écologiques des questions sociales. Et, tout la travail intellectuel de la gauche est de repenser une réponse globale intégrant la synthèse entre l'écologie et le socialisme. 

L'écologie peut fédérer toute la gauche 

Alors que je regrette la dérive centriste des Verts avec Europe écologie, la logique écologique peut au contraire être un moyen de regrouper toute la gauche, et rien que la gauche. Mardi 8 décembre 2009 avait lieu à l'Assemblée nationale le vote public solennel sur la proposition de loi visant à instaurer une planification écologique déposée par Martine Billard et les député-e-s du PG et du PCF. Bien que repousée par la droite, cette proposition a fédéré toute la Gauche (Parti de gauche, PCF, Verts, PRG et 134 députés PS sur 136). Tous les partis de droite (et donc le Modem) on voté contre ou se sont abstenus." width="200"/></img>]]>
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<title>Pierre Leroux Une figure oubliee du socialisme</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=20&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Né de parents pauvres à paris le 7 avril 1797, Pierre Leroux est un élève plutôt brillant mais il ne passera finalement pas le concours d’entrée à polytechnique et deviendra ouvrier typographe. Engagé très tôt dans la lutte pour la liberté, il s’engagera au sein de la Charbonnerie, organisation qu’il jugera par la suite peu organisée et teintée d’amateurisme. En 1824, il fonde le Globe, journal libéral à vocation encyclopédique qui deviendra un journal d'opposition à la restauration. En 1830, de plus en plus convaincu que la liberté doit être nécessairement complétée par l’association, il adhère au mouvement saint-Simonien (qu’il quittera assez vite) et entre de plein pied dans le socialisme. A partir de cette date, il comprend en effet que l’accomplissement de la république est le socialisme puisque, dit-il, le socialisme est la doctrine qui «ne sacrifiera aucun des termes de la formule Liberté, Egalité, Fraternité, Unité mais qui les conciliera tous». Selon lui, la fraternité est le lien entre liberté et égalité. Après avoir vendu le Globe, il fonde la revue encyclopédique (1835) puis la revue indépendante (1841) avec Georges Sand où il poursuit sa réflexion. En 1843, Pierre Leroux s’installe à Boussac dans la creuse avec sa famille et ses amis pour y fonder une imprimerie et un phalanstère (selon le modèle conçu par Fourier). Suivront de nombreux disciples (e.g. Pauline Roland) séduits par la vie en communauté et l’application du circulus basé sur l’emploi d’engrais humains (approche écologique avant l’heure). De Boussac, il fera paraître la revue sociale en collaboration avec Georges Sand. Après avoir été élu maire de Boussac, il siégera à l’assemblée de 1848 jusqu’au coup d’état de décembre 1851 en tant que député d’extrême gauche. Le coup d’état le contraint à s’exiler en Angleterre, dans l’île de Jersey puis à Lausanne. De retour à Paris, il y mourra au lendemain de la Commune en avril 1871. 

Pierre Leroux et le socialisme républicain

Alors qu’il s’est longtemps considéré (à tort) comme l’inventeur de mot socialisme qu’il utilisait au départ comme opposition à l’individualisme, Pierre Leroux a cependant longtemps été considéré avec Karl Marx, comme l’un des deux inventeurs du Socialisme, avant de tomber dans un des nombreux abîmes de l’Histoire. Karl Marx incarnait de socialisme révolutionnaire, alors que Leroux (Tout comme Jaurès l’a été ensuite) incarnait le socialisme républicain. En effet, Leroux pensait que, alors que la révolution permettait d’instaurer la République, la République avait tous les outils pour aboutir, par la réforme, au Socialisme (la révolution par les urnes). Pour Pierre Leroux, le socialisme républicain est un socialisme démocratique. 

La réflexion politique de Pierre Leroux a très tôt été centrée sur la notion de Liberté. « La liberté, c’est le pouvoir d’agir. La politique a donc pour but, au premier chef, de réaliser parmi les hommes la liberté. Faire que les hommes soient libres, c’est faire qu’ils existent, ou en d’autres termes, qu’ils se manifestent. Manquant la liberté, il n’y a que le néant et la mort ; la non liberté, c’est la défense d’être ». Et, c’est par la mise en regard des notions de liberté et d’égalité comme processus d'émancipation, dans un cadre républicain que Leroux a basé son engagement politique.

C'est lui aussi qui proposa, avant Marx, une vision de la société séparée en deux classes distinctes. Je cite : « Je dis que le Peuple se compose en deux classes distinctes de condition et distinctes d'intérêt : les Prolétaires et les Bourgeois. Je nomme Prolétaires les hommes qui produisent toute la richesse de la Nation. [...] Je nomme Bourgeois les hommes à la destiné desquels la destinée des Prolétaires est soumise et enchaînée ».

Ses combats ont étés nombreux. Il a toujours combattu l’économie libérale anglaise mais aussi la toute puissance de l’état, de la violence et de l’avant garde pour prendre et exercer le pouvoir. Il s’est prononcé contre la peine de mort et contre l’esclavage. Il a lutté pour que la république aboutisse à une démocratie politique et sociale. Il a activement milité pour la liberté de la presse et de réunion et plus généralement pour la liberté de pensée. Lui même très croyant, Il croyait fermement au bienfait de la séparation de l’église et de l’état. Enfin, au contact de Georges Sand et de Pauline Roland, Pierre Leroux s’est aussi précocement prononcé pour le vote des femmes (aux élections locales). 

L'histoire est un éclairage du présent pour construire l'avenir

Même si les apports du matérialisme historique de Marx ou du socialisme Républicain de Jaurès sont majeurs dans la pensée socialiste contemporaine, l'histoire du socialisme est beaucoup plus riche et diversifiée. Le Parti de Gauche étant un parti creuset (lieu où se retrouvent et se mêlent diverses choses), il doit puiser sa force dans toute l'histoire du socialisme et aller nourrir sa réflexion dans la richesse du passé. C’était d’ailleurs déjà l’approche de Leroux qui allait chercher dans l’histoire « un éclairage du présent et une façon de construire l’avenir ». A nous de faire de même. 

"Celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre." (Karl Marx) " width="200"/></img>]]>
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<title>Charcutage electoral </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=19&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Mardi 20 octobre 2009, les députés français ont adopté le projet de loi relatif au redécoupage des circonscriptions pour les prochaines élections législatives. Ce projet de loi présenté par Alain Marleix, secrétaire d'État chargé des collectivités territoriales, implique la suppression de 33 circonscriptions et la création 33 autres sur le territoire national.

Selon Martine Billard, députée de Paris, «Le débat aura été caricatural de bout en bout». En effet, ce redécoupage concerne majoritairement des circonscriptions de gauche : 45% des députés UMP conservent leur circonscription intacte contre seulement 35% des députés de gauche. De plus, sur 33 circonscriptions supprimées, 23 sont de gauche.

Censé reposé sur des critères démographiques, dans les départements qui ont vu leur population augmenter, toujours selon martine Billard, «le découpage atteint des sommets assez improbables qui n'ont pas grand chose à voir avec les considérations démographiques ou la continuité territoriale». Bref, même si ce redécoupage était nécessaire, la plus petite circonscription représentant 35.000 électeurs et la plus grosse 220.000, il a à coup sur été réalisé avec des ciseaux tordus. 

Selon Thomas Legrand, chroniqueur politique sur France inter, il y aurait bien une solution. Selon lui, «la solution d’une démocratie moderne, transparente et honnête, bref la solution normale serait de confier le découpage, non pas à un ministre, non pas à une commission de parlementaires de tous bords qui se mettraient immanquablement à négocier…mais à une commission composée de géographes et de démographes». Si l’on y réfléchit, confier le choix du découpage au ministre, c’est un peu comme permettre à un joueur de poker d’aller mélanger les cartes tout seul dans sa chambre avant de les distribuer! 

En Seine-et-Marne, le nombre de circonscriptions passe de 9 à 11. Seulement 2 circonscriptions restent inchangées. En voici le détail :

1ère circonscription
Cantons de : Melun Nord, Melun Sud, Perthes
2ème circonscription
Sans changement

3ème circonscription
Cantons de : Le Châtelet-en-Brie, Montereau-Fault-Yonne, Moret-sur-Loing, Mormant

4ème circonscription
Sans changement

5ème circonscription
Cantons de : Coulommiers, Crécy-la-Chapelle, La Fertésous- Jouarre, Communes de : Bailly-Romainvilliers, Magny-le-Hongre, Serris

6ème circonscription
Cantons de : Lizy-sur-Ourcq, Meaux Nord, Meaux Sud, Communes de : Cuisy, Forfry, Gesvres-le-Chapitre, Juilly, Marchémoret, Montgé-en-Goële, Monthyon, Oissery, Le Plessis-l’Evêque, Rouvres, Saint-Mard, Saint-Pathus, Saint- Soupplets, Vinantes

7ème circonscription
Cantons de : Claye-Souilly, Dammartin-en-Goële (moins les communes de Cuisy, Forfry, Gesvres-le-Chapitre, Juilly, Marchémoret, Montgé-en-Goële, Monthyon, Oissery, Le Plessis-l’Evêque, Rouvres, Saint-Mard, Saint-Pathus, Saint- Soupplets, Vinantes ), Lagny-sur-Marne, Mitry-Mory

8ème circonscription
Cantons de : Roissy-en-Brie, Thorigny-sur-Marne (moins les communes de Bailly Romainvilliers, Magny le Hongre et Serris), Torcy

9ème circonscription
Cantons de : Brie-Comte-Robert, Pontault-Combault, Tournan-en-Brie, Commune de Combs-la-Ville

10ème circonscription
Cantons de : Champs-sur-Marne, Chelles, Noisiel, Vairessur- Marne 

11ème circonscription
Cantons de : Combs-la-Ville (moins la commune de Combs-la-Ville), Le Mée-sur-Seine, Savigny-le-Temple" width="200"/></img>]]>
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<title>Une bonne gauche pour la droite</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=18&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Dimanche prochain, se tiennent des élections législatives partielles dans la 12ème circonscription des Yvelines. Le candidat unique de l'autre Gauche est François Delapierre, secrétaire national du Parti de Gauche. En face, le candidat de l'UMP est un poids lourd, David Douillet. Si vous voulez suivre cette campagne pour mettre une bonne gauche à la droite, accédez au site de François Delapierre en cliquant ici :
[Une bonne gauche contre la droite] " width="200"/></img>]]>
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<title>Avenir de la poste :  2,2 millions de citoyens ont  "vote"</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=17&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Du 28 septembre au 3 octobre 2009, les principaux syndicats, plus de 80 associations et partis de gauche (dont le PG), appelaient à participer à une consultation sur l'avenir du statut de la poste. Cette "votation citoyenne", organisée dans toute la France, avait pour objectif de faire s'exprimer le plus grand nombre de citoyens sur les évolution importantes concernant un symbole du service public à la française : La Poste. Ainsi, dans les mairies, à la sortie de stations de métro, dans la rue, devant les bureaux de poste, les militants avaient disposé des urnes, et des bulletins de vote. A la question "Le gouvernement veut changer le statut de la Poste pour la privatiser, êtes-vous d'accord avec ce projet ?", chacun pouvait de cocher le oui ou le non du bulletin de vote. 

Un enjeu européen 

Depuis le traité de Maastricht (1992), le processus progressif de libéralisation de la Poste n'a eu de cesse d'avancer à grands pas (directives postales de 1997, 2002 et 2008). En France, depuis 2005, certaines régions ont vu fermer plus de la moitié de leurs bureaux de poste (voir carte) tandis que ceux qui restent ne sont souvent ouverts qu'une demi journée ou quelques heures par semaine. Selon les plans du gouvernement, le changement du statut de la poste est la dernière étape nécessaire pour une ouverture totale à la concurrence dès le 1er Janvier 2011. Bref, l'objectif est de casser un service public qui fonctionne au nom du dogme européen néolibéral, dont on sait que les recettes datent d'un autre temps (avant le crise) et ne marchent pas. 

D'ailleurs, les exemples européens de privatisation des services postaux sont éloquents. Privatisée en 1999, la poste anglaise a été renationalisée en catastrophe après 1,5 milliards de livres de perte. En Suède dont la privatisation a eu lieu dès 1993, le timbre bat des records de prix (augmentation de 90% entre 1993 et 2003). Aux Pays-Bas, c'est la multinationale TNT qui gère à présent le service postal avec une suppression de 11000 à 13000 emplois envisagée dans les années qui viennent et un développement considérable du travail à temps partiel. Même topo en Allemagne, où TNT post embauche des enfants de 13 ans payés au lance pierre pour distribuer les prospectus. Bienvenu dans le monde de la dérégulation... 

90% des votants sont opposés au changement de statut de la Poste 

Même si le résultat de cette consultation est sans appel, l'enjeu de cette "votation" était l'ampleur de la participation. Or, selon les derniers chiffres, la participation s'élèverait à plus de 2 millions de suffrages.

Beaucoup d'élus de droite ont critiqué cette démarche en indiquant que la question était ambigüe, qu'il n'y avait pas de contrôle des urnes, etc.. Bref, que cela n'avait aucune valeur. Oui, la question était orientée. Mais la forte participation montre à coup sur l'attachement des citoyens au service public postal. Le gouvernement ne peut pas ne pas tenir compte de ce résultat. En conséquences, il doit organiser un véritable référendum et ouvrir un débat sur le sujet. C'est ce que nous demandons. Selon un sondage IFOP réalisé ce week-end, 6 français sur 10 expriment le souhait de voir le gouvernement organiser un référendum. Ne pas tenir compte de ce qu'il s'est passé dans les "urnes" cette semaine, serait un déni de démocratie. Les services publics appartiennent à tous les citoyens. C'est au souverain (le peuple) de décider s'il veut les démanteler ou non. 

Enfin, cette mobilisation nous apporte un dernier enseignement. De la même façon que le Front de Gauche pour les européennes nous a permis d'engranger une expérience de lutte en commun, pour cette votation, tous les acteurs de gauche ont travaillé ensemble. Cela montre bien que la gauche a des points de convergences et des valeurs communes. Dans une periode de crise du capitalisme, le clivage gauche/droite reste plus que jamais pertinent. Y avait-il des militants du MODEM pour tenir les urnes ? Bien sur que non ! " width="200"/></img>]]>
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<title>Outre Rhin, un vent nouveau souffle a Gauche</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=16&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Victoire de la droite, faible participation et dégringolade de la social démocratie 

Ce dimanche, avaient lieu les élections législatives en Allemagne. Selon les résultats officiels, le suffrage s'est soldé par une large victoire de la droite composée des libéraux (14.6%) et des conservateurs (33.8%) avec la reconduction d'Angela Merkel au poste de chancelière. Sur 622 sièges que comptera le Bundestag, 332 seront occupés par la nouvelle coalition. 

Même si le score des conservateurs est en recul de 4 points par rapport à 2005, la victoire de la droite étant surtout assurée par la percée des libéraux du FDP, l'enseignement majeur de cette élection est la dégringolade du parti social démocrate. En effet, le SPD qui, après avoir gouverné 4 ans avec la droite dans un gouvernement de coalition, subit un grave revers en perdant 12 points par rapport à 2005 (23% aujourd'hui contre 34,2% il y a 4 ans). La social démocratie paye ici son alliance contre-nature avec la droite, et illustre clairement l'impasse de cette ligne politique d'accompagnement du libéralisme incapable de mobiliser l'électorat, et en particulier l'électorat populaire. Pour ces élections, la participation atteint en effet un niveau historiquement bas. 

La bonne nouvelle vient de l'autre gauche 

Cependant, au milieu de ce marasme, la bonne nouvelle vient de l'autre gauche. En passant de 8,7 % en 2005 à 11,9 % aujourd'hui, Die Linke devient le 4e parti représenté au Bundestag avec 76 députés (22 de plus qu'en 2005). Les scores sont particulièrement impressionnants dans les regions les plus pauvres d'ex Allemagne de l'Est (voir figure plus haut). Dans la capitale, le score de Die Linke dépasse les 20%. 

Ce parti, emmené par L'ex social démocrate Oskar Lafontaine, a fait campagne sur des revendications sociales fortes avec un programme de rupture à gauche : nationalisation des banques, impôt sur la fortune, salaire minimum... Et ca marche. Alors que la social démocratie est incapable de mobiliser son électorat, en en particulier les classes populaires , un récent sondage montre que Die Linke est devenu le parti privilégié des chômeurs avec 26% des voix. Bref, ce bon résultat est un événement politique majeur pour la gauche européenne. Un vent nouveau souffle à gauche. 

Die Linke, une boussole pour le front de gauche 

Dès sa création, le parti de gauche a pris pour modèle le parti de gauche allemand. Ainsi, dès son meeting de lancement le 30 Novembre 2008, aux cotés de Marc Dolez et de Jean-Luc Mélenchon, se tenait Oskar Lafontaine. Lors de son intervention, il déclarait : "Si vous voulez des changements, camarades, il faut reconstruire la gauche - en Allemagne, en France, partout en Europe. L'expérience allemande nous montre qu'une gauche européenne réorganisée et forte peut faire bouger les choses en forçant les autres partis à réagir. Construisons ensemble cette nouvelle gauche, une gauche qui se refuse aux compromis pourris !"

Pour suivre le même chemin que l'Allemagne, les partis de l'autre gauche doivent s'unir et travailler ensemble dans le cadre du front de gauche. C'est en s'unissant et en passant devant le parti socialiste aux élections (donc, pas d'alliance avec le PS au premier tour), que nous pourrons faire pencher le rapport de force en notre faveur. Soyons clairs devant les électeurs et proposons leur un vrai projet cohérent de gauche en rupture avec la logique capitaliste, sans compromission avec la droite. C'est ainsi que nous pourrons passer en tête de toute la gauche. 

Comme en Allemagne, quand l'autre gauche se rassemble, elle peut l'emporter. En ce moment, se tiennent des élections municipales partielles à Corbeil-Essone. Au premier tour, qui a eu lieu dimanche, si la droite reste en tête (30.7%), la liste du Front de Gauche (en alliance avec le NPA) arrive en seconde position (24.3%) devant le parti socialiste (19%) et les verts (7.7%). De plus, la gauche est en ballottage favorable puisque la somme des voix de gauche totalise près de 51%. Autre exemple, le 11 octobre auront lieu des élections législatives partielles dans la 12ème circonscription des Yvelines. François Delapierre, secrétaire national du Parti de Gauche est le candidat unique de toute l'autre gauche, soutenu par le PCF (suppléante), Gauche unitaire et le NPA. Bref, la dynamique du Front de Gauche est en marche. Et c'est de cette façon qu'on pourra mettre une bonne gauche à la droite. 

Pour gagner, pérennisons, élargissons et renforçons le Front de Gauche." width="200"/></img>]]>
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<title>Le monde selon Amo Peters</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=15&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Cette carte du monde vous parait bizarre ? L'Afrique semble allongée alors que l'Europe ou l'Amérique du Nord sont ratatinées en haut de la carte. Pourtant, cette représentation cartographique prends en compte la taille réelle des continents... L'Afrique et l'Amérique du Sud sont immenses me direz vous. Et bien oui. Dans la réalité, l'Afrique est 15 fois plus grande que le Groenland. L'Europe semble minuscule car, dans la réalité, elle est toute petite : l'Union européenne représente à peine plus de 3% des terres émergées de l'ensemble de la planète.

Cette projection cartographique a été inventée en 1973 par l'historien cartographe allemand, Amo Peters. Très critique envers la projection de Mercator, qui a l'inconvenant de sureprésenter les riches pays du Nord, il proposa cette nouvelle représentation cartographique qui suscita bien des débats et des controverses. Pourtant, cette carte a l'avantage de conserver le rapport de surface : les surfaces des pays sur la carte sont proportionnelles à leurs surfaces dans la réalité (ce qui n'est pas le cas pour la carte de Mercator).

Très appréciée des alter-mondialistes, cette carte a pour intérêt majeur de donner un poids plus important aux pays du Sud, par rapport aux types de représentation traditionnels. De plus, elle permet de s'affranchir de l'habituelle vision européocentriste du monde, où l'Europe est systématiquement au centre de la carte. Seul inconvenant, le monde n'a pas cette forme. Si cette représentation a pour avantage de de conserver les surfaces, elle a l’inconvénient d’écraser les distances et les directions. 

Cependant, je pense que le message est clair. Cette projection est un exemple typique de représentation cartographique engagée, dans le sens d'un monde plus équilibré et plus équitable. L'engagement militant peut se glisser vraiment partout, même dans une simple planisphère. 

Vive la cartographie militante." width="200"/></img>]]>
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<title>Le grand "remue-meninges" </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=14&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Je suis un militant heureux. Heureux d'avoir adhéré a un parti politique qui, loin de faire ce qu'on appelle souvent péjorativement, de la politique politicienne, relance le grand chantier de la réflexion politique à gauche pour tenter de tracer un futur pour notre société, basé sur l'intérêt général et la notion de bien commun. Cet été en effet, le Parti de Gauche (PG) a tenu sa première université d'été à Clermont-Ferrand : le grand "Remue-méninges". Bien loin de la bataille d'ego de la Rochelle, ont eu lieu 3 jours studieux de réflexion et d'échanges dont l'objectif était de réfléchir sur les questions théoriques, institutionnelles, organisationnelles et stratégiques afin de préparer le congrès fondateur et programmatique du Parti de Gauche qui aura lieu au mois de décembre. Ici donc, pas de combats d'ego, mais des interventions et des débats sur le fond qui ont permis de donner de la cohérence à la pensée collective du PG. Il faut dire que le chantier est énorme pour relancer la machine à gauche. Seul point négatif, le nombre de place était limité et tout le monde n'a pas pu s'y rendre (moi le premier).

Néanmoins, deux axes centraux se sont dégagés des nombreuses interventions qui ont eu lieu au cours de ces 3 jours (heureusement retransmis en parti sur le site web du PG). Tout d'abord, la notion d'émancipation a été centrale. Avec notamment l'intervention de Jacques Généreux, qui a suscité bien des débats, on sent que, à la lumière des dernières connaissances scientifiques, la réflexion sur le socialisme, sur le progrès humain, sur la notion de la liberté [...] est a nouveau relancée. Le deuxième axe fort de cette rencontre a été l'ambitieux projet de faire la synthèse entre le socialisme et l'écologie. Avec les interventions de Corinne Morel Darleux et de Martine Billard, la question écologique a vraiment été centrale. Le coeur de la réflexion est ici d'apporter une réponse globale au productivisme capitaliste en repensant l'utilité sociale de la production. Cette question a d'ailleurs été centrale depuis les premiers jours de création du Parti qui vise à l'accomplissement d'une gauche sociale, écologique et républicaine. 

Bref, reste maintenant à dégager un projet (paquet) cohérent pour les 3 élections à venir (régionales, présidentielle et législatives) et discuter, argumenter et échanger avec les autres partenaires du front de gauche (qu'il faut prolonger, élargir et pérenniser). Beaucoup reste à faire mais la machine est en marche. La gauche est en mouvement. A nous de convaincre les classes populaires sur notre projet pour enfin battre la droite dans ce pays. 

Camarade, la gauche ne se relèvera pas sans toi !" width="200"/></img>]]>
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<title>Des elections europeennes aux elections regionales</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=13&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Plus d’un mois après les élections européennes et à moins d’un an des élections régionales, tirons le bilan à froid de la première confrontation du Parti de Gauche (et du Front de Gauche) avec le suffrage populaire. 

Premier enseignement : une forte abstention

Partout en Europe, comme en France, les citoyens se sont massivement abstenus. En Île-de-France, cela a été particulièrement le cas dans les communes populaires. Ainsi, les deux communes qui se sont le plus abstenus en Île-de-France sont deux communes de Seine-Saint-Denis : Stains et Clichy-sous-Bois (plus de 77% d’abstention). De plus, alors que l’hyperabstention populaire devient, au fil des élections un phénomène récurent, celle-ci s’est particulièrement accentuée par rapport aux européennes de 2004. En 2004, on s'abstenait déjà plus dans les communes populaires que dans les communes aisées. En 2009, alors que l’abstention augmente dans les quartiers populaires, elle stagne dans les communes riches. Par exemple, en 2009, les électeurs de Neuilly (commune aisée) on a voté autant qu'en 2004 (à 50%) alors qu’a Gennevilliers (commune populaire), l'abstention est passée de 62 à 67%. 

Deuxième enseignement : le score du Front de Gauche

Contrairement aux élections de 2004, la dynamique créée cette fois ci par le Front de Gauche a permis, d’envoyer un député au groupe GUE (Gauche unitaire européenne) au parlement européen pour la région Île-de-France. Cette stratégie d’union a également bien fonctionné au niveau national puisque 5 députés du Front de Gauche ont étés élus. Une alliance avec les autres partis de l’autre gauche aurait permis d’aller beaucoup plus loin et de vraiment changer la donne. 

Prochaine étape : les régionales

Dans moins d’un an, auront lieu les élections régionales. Il s’agit d’une élection à 2 tours, avec alliance possible entre les deux tours. Une seule stratégie possible : prolonger le front de gauche. Les discussions ont déjà commencé avec les acteurs de l’autre gauche, notamment avec le NPA. Les choses semblent aller dans le sens d’un front plus large que pour les européennes. Tout cela reste à fortifier.

Pendant la campagne des régionales, nous devrons aller chercher les électeurs populaires. En tant que parti de Gauche, c’est notre devoir d’essayer de convaincre les classes les plus défavorisées. L’abstention n’est pas la bonne façon d’exprimer un mécontentement. Il n’y a pas de changement possible sans implication populaire. 

Enfin, la ligne politique du PG, qui sera définie au congrès fondateur en décembre 2009, devra être fortement centrée sur l’écologie politique. Après la volonté affirmée dès la création du Parti de Gauche de mettre en place une politique de gauche anti productiviste, le récent ralliement de Martine Billard, ex-députée vert de Paris nous incite à poursuivre dans cette voie. 

Pour les régionales : 

Prolongeons et élargissons le Front de Gauche
Conquerrons les classes populaires
Mettons l’écologie politique de gauche au cœur de notre projet " width="200"/></img>]]>
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<title>Pour une planification ecologique</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=12&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, le monde a pris conscience de la crise écologique que vie en temps réel notre civilisation. Aujourd'hui, personne ne nie plus le rôle de l'activité humaine dans le changement climatique. 

Les riches détruisent la planète

La carte ci-dessus montre la géographie des émissions de CO2. Les 3 principaux foyers émetteurs de CO2 sont les 3 pôles de la Triade (Europe, Amérique du Nord, Asie Pacifique). Cette carte, correspond comme 2 gouttes d'eau à la répartition des richesses à la surface de la planète. D'où, le constat : ce sont les riches qui polluent. L'empreinte écologique, indicateur inventé par le WWF, nous amène au même résultat. Celui ci montre qui si tout le monde vivait comme un Étasunien, il faudrait plus de 5 planètes terres. Il en Faudrait plus de 3 avec un mode de vie européen. 

L'écologie n’est pas soluble dans le capitalisme

S’il y a collusion entre la géographie des pays riches et la géographie des pays pollueurs, c’est que développement est souvent synonyme de croissance (économique). Or, est-il possible de préserver l’environnement tout en ayant une conception de la croissance basée sur la production et la consommation ? Les économistes de droite disent qu’il faut relancer l’offre pour relancer la croissance. Les économistes de gauche disent qu’il faut plutôt relancer la demande pour relancer la croissance. Bref, tout le monde est d’accord pour relancer la croissance… Pourtant, alors que notre mode de vie n’est pas viable, il serait temps de s’interroger sur la façon de surpasser ce système en sortant du capitalisme. Selon José Bové, "l'écologie n'est pas compatible avec le capitalisme" (Le monde, 2 mars 2009). Car en effet, il y a une contradiction intrinsèque entre la volonté capitaliste de produire, consommer et posséder toujours plus, et l’urgence environnementale qui nécessite vite des modes de vies plus viables sur le long terme. Donc, il y a bien un lien manifeste entre la nature du capitalisme et la gravité de la crise écologique puisque celle-ci trouve son origine dans le système capitaliste et le modèle productiviste qui le sous-tend. Ce n’est certainement pas le capitalisme vert ou la régulation par des marchés à polluer qui feront avancer les choses. Prêt en aucun cas à renoncer à leurs modes de vies, les pays riches ont inventé le développement durable : Continuer à favoriser la croissance du PIB grâce aux leviers habituels (consommation/investissement), tout en réunissant les conditions pour que cette croissance soit « propre ». Pourtant c’est une impasse… 

Pour une écologie de gauche

Incompatible avec le capitalisme, l’écologie ne peut s’abstraire du clivage gauche/droite. La droite ne peut pas surpasser ce modèle car le consumérisme est au cœur de son idéologie. C’est pourquoi, je pense que la vraie écologie ne peut être que de Gauche : une gauche démocratique, favorisant l'implication populaire et qui se recentre sur ses valeurs. Ainsi, dès le meeting de lancement du Parti de Gauche (29 novembre 2008), Jean Luc Mélenchon avait appelé les « écolos de gauche » à contribuer au projet du PG en plaçant l'écologie politique au coeur des orientations du Parti et en consacrant son tout premier Forum à la planification écologique. Car en effet, seule la gauche peut porter un tel projet puisqu’il faut instaurer dès aujourd’hui une culture de la solidarité pour réunir les conditions d’une solidarité envers les générations futures. C’est un projet forcément global qu’on ne peut déconnecter d’un programme économique ou social. Tout se tient, comme dirait Ségolène Royal. Avec le parti de gauche, nous avons donc entrepris notre « bifurcation idéologique. Le Parti de gauche est, à sa manière républicaine un parti partie prenante de l'écologie politique. » (JL Mélenchon, entretient avec le magazine la Décroissance, avril 2009). 

Pour une planification écologique

Donc, une seule solution possible : le dépassement du capitalisme. Il faut sortir du capitalisme et instaurer une culture de la solidarité pour impulser la mise en place d'une solidarité envers les générations futures car une société dont les valeurs reposent sur la compétitivité et sur l’individualité ne peut pas résoudre l’urgence écologique. Puisque l’économie de marché n’est pas capable de mettre l’intérêt général au premier plan, nous proposons une méthode : la planification écologique, car la planification, à condition d’être démocratique, est porteuse de l’intérêt général. Planification écologique, volontarisme politique, implication populaire et démocratie, sont les mots clés qui peuvent permettre de faire avancer les choses. 

On avance

La semaine dernière, malgré le bon score le la liste Europe écologie aux élections européennes, Martine BILLARD, députée de Paris, a annoncé lors d'une conférence de presse à l'Assemblée Nationale, sa décision de quitter le parti des Verts et de co-organiser le congrès fondateur du Parti de Gauche qui aura lieu en décembre. A nous de construire maintenant un projet politique crédible dont la question écologique, intimement liées aux autres aspects de notre programme, sera centrale." width="200"/></img>]]>
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<title>L'Utopie selon Thomas More</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=11&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/La carte ci-dessus, est une représentation cartographique de l'île décrite dans l'œuvre en latin de Thomas More : Utopia (1516). Cet ouvrage, à l'origine du terme d'utopie - qui provient d'un néologisme grec qui désigne à la fois le lieu qui n'est pas et le lieu du bonheur - décrit une île mystérieuse aux confins du monde : l'île d'utopie. Le cœur de ce livre est le récit, par le navigateur Raphaël Hythloday, d'un voyage fictif dans une île imaginaire à la société idéale. Sur cette île aux 54 villes, le langage, les institutions et les lois sont parfaitement identiques pour tous. Tous les citoyens effectuent à tour de rôle leur service agricole pour nourrir la collectivité pendant que les autres ont accès à l'instruction. La duré de travail quotidienne est fixée à 6 heures pour les hommes et pour les femmes. Les Utopiens ne font jamais la guerre sans de grave motifs et chacun est libre de choisir sa religion... 

Au delà de la description d'une société jugée idéale, ce livre est aussi une critique précoce et virulente du capitalisme et de la société anglaise d'Henri VIII dont l'inégalité des richesses et l'intolérance religieuse sont les principales cibles. 

Parfois caractérisé de révolutionnaire, Thomas More est avant tout un humaniste chrétien. Très critique envers l'intolérance religieuse, il finira décapité sur l'échafaud pour avoir combattu le projet qui allait faire du roi d'Angleterre, le chef de l'Église. Son œuvre, et en particulier Utopia, reste une première référence majeure dans le combat humaniste pour l'émancipation. 



Extraits

"L'île d'Utopie a deux cent mille pas dans sa plus grande largeur, située à la partie moyenne. Cette largeur se rétrécit graduellement et symetriquement du centre aux deux extrémités, en sorte que l'île entière s'arrondit en un demi-cercle de cinq cents miles de tour, et présente la forme d'un croissant dont les cornes sont éloignées de onze mille pas environ. [....] Amoaurote est la capitale de l'île; sa position centrale en fait le point de réunion convenable pour tous les députés". 

"Les Utopiens ont la guerre en abomination, comme une chose brutalement animale, et que l'homme néanmoins commet plus fréquemment qu'aucune espèce de bête féroce. Contrairement aux mœurs de presque toutes les nations, rien de si honteux, en Utopie, que de chercher la gloire sur les champs de bataille". 

"Les religions, en Utopie, varient non seulement d'une province à l'autre, mais encore dans les murs de chaque ville en particulier; ceux-ci adorent le soleil, ceux-là divinisent la lune ou tout autre planète. Quelques-uns vénèrent comme Dieu suprême un homme dont la gloire et la vertu jetèrent autrefois un vif éclat"." width="200"/></img>]]>
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<title>Le score du front de gauche aux elections europeennes</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=10&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Forte abstention (populaire) 

Le premier constat concernant ces élections européennes est relatif à l’abstention. Ces élections n’ont pas mobilisé l’électorat. Particulièrement prononcé dans les pays d'Europe de l'Est (80% en Slovaquie, 79% Lituanie), le taux d’abstention moyen est de 56% en Europe. En France, il est de 60%. L’abstention a touché en particulier les classes populaires (hyperabstension populaire). Selon les enquêtes sorties des urnes, 70% des ouvriers et 70% des jeunes se sont abstenus. Dans la commune de Moissy-Cramayel où je réside, l’abstention dans le quartier le plus populaire (quartier de Lugny) atteint presque 80%. 

Effondrement de la gauche européenne 

Parallèlement à l’effondrement de la participation, la gauche européenne est en constante régression. Le parlement européen que nous venons d’élire (pour ceux qui ont eu le courage d’aller voter) est le plus à droite depuis 1979. En pleine crise du capitalisme, la droite remporte ces élections dans 25 pays sur 27. En France, l'UMP est la liste qui est arrivée largement en tête. En France commme en Europe, cet echec de la gauche montre l’impasse de la ligne social démocrate qui n’est pas capable de proposer un projet alternatif au libéralisme. Le score catastrophique du parti socialiste en France devrait lui faire prendre conscience que le mouvement vers le centre qu’il amorce n’est pas la bonne voie à suivre. 

Le score de "l’autre gauche" en progression 



Alors que la sociale démocratie s’effondre, son aile gauche est en progression, et particulièrement le Front de gauche avec 6.5% des suffrages exprimés. Ainsi, 5 députés siègeront au parlement européen au groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE), contre 3 auparavant (alors que le nombre total de députés français passe de 78 à 72). 



Si l'on compare le score du Front de Gauche avec les résultats de la liste PCF de 2004, on note une progression globale dans presque tous les départements (85 sur 96 en métropole). Avec une participation plutôt superieure à la moyenne, la progression est particulièrement marquée dans le Sud-Ouest (Effet Mélenchon). 

Si le front de gauche avait été bâti avec toute l’autre gauche, il aurrait pu avoir 12 élus au lieu de 5. En effet, l’addition du nombre de voix des listes Front de Gauche, NPA et LO nous permet de faire le simple calcul suivant : 

Nord : 2 élus au lieu de 1
Est : 1 élu au lieu de 0 (au détriment du FN)
Ouest : 1 élu au lieu de 0 (au détriment de l’UMP)
Ile de France : 2 élus au lieu de 1 (au détriment de l’UMP)
Sud Ouest : 2 élus au lieu de 1
Sud Est : 2 élus au lieu de 1 (au détriment du FN)
Centre : 1 élu au lieu de 0 (au détriment de l’UMP)
Outre-mer : 1 élu (pas de changement)

Le résultat montre aussi qu’une telle union aurait permis de bouleverser le paysage politique de l’élection. 

Prolongeons le Front de Gauche pour les régionales 

 

Pour finir, voici la déclaration du Bureau national du Parti de Gauche le 11 Juin 2009 :

Dans la perspective des prochaines élections régionales, le Parti de Gauche propose d’ouvrir des discussions sur les changements politiques à opérer dans la gestion des régions. Il constate que le PS et les Verts abordent cette échéance avec une stratégie d’alliances à la carte. Dans ces conditions, il se prononce pour la constitution de listes du Front de Gauche, autonomes et ouvertes à toute l’autre gauche. De telles listes pourraient prendre la tête de la gauche et faire élire de nouveaux gouvernements pour nos régions. Si elles n’y parvenaient pas, elles se mobiliseraient évidemment pour battre la droite au deuxième tour. Elles seraient bien sûr disposées pour cela à fusionner avec la liste de gauche arrivée en tête si les conditions politiques le permettent, notamment si celle-ci ne comprend pas de représentants du Modem, car on ne peut vouloir incarner une alternative au système en s’alliant avec ses partisans. " width="200"/></img>]]>
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<title>Joyeux anniversaire</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=9&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Il y a 4 ans, jour pour jour, le peuple français rejetait le projet de constitution européenne (TCE). À la question « Approuvez-vous le projet de loi qui autorise la ratification du traité établissant une Constitution pour l'Europe ? », 54,68% des électeurs ont répondu NON. Alors que la plupart des "élites" et presque tous les medias (à part l'huma) avaient fait campagne pour le OUI, le peuple français s'était saisi de la question pour finalement rejeter ce projet néolibéral. Ce jour, le 29 Mai 2005 est une grande victoire de la démocratie. C'est donc un jour à célébrer. 

Aujourd'hui, à 9 jours du scrutin des élections européennes, l'implication populaire est loin d'être aussi forte qu'il y a 4 ans. C'est le moins qu'on puisse dire. Il faut dire qu'après le vote massif pour rejeter le TCE, Nicolas Sarkozy avait fait ratifier le traité de Lisbonne au parlement avec l'aide du parti socialiste. Copie conforme du TCE, le traité de Lisbonne n'est pas un traité simplifié puisque la version consolidée du texte est encore plus longue que le TCE et que son contenu est quasiment identique. Un seul peuple en Europe a été saisi par référendum au sujet de ce texte, l'Irlande, ... et l'a rejeté ! Les peuples sont vraiment pénibles de donner leur avis quand on leur demande... 

Beaucoup plus que le 9 Mai, journée officielle de l'Union européenne, le 29 mai est donc bien un jour à célébrer pour l'Europe et pour la démocratie. Car c'est bien ce jour là que le peuple (en France puis aux Pays-Bas) s'est saisi des questions européennes et a fait valoir son choix dans les urnes, en connaissance de cause, après de nombreux débats contradictoires et argumentés. Le projet européen doit se construire avec les peuples et non dans leur dos. Construisons ensemble une autre Europe. Respectez notre NON
NON au traité de Lisbonne
Vive l'Europe et vive la démocratie !" width="200"/></img>]]>
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<item>
<title>Le pecheur et le capitaliste</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=8&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Au bord de l'eau, dans un petit village du sud de l'Inde, un canot rentre au port. Un américain qui est là, complimente le pêcheur tamoul sur la qualité de ses prises et lui demande combien de temps il lui a fallu pour les capturer. 

- Pas très longtemps, répond l'indien tamoul.
- Mais alors, pourquoi n'êtes-vous pas resté en mer plus longtemps pour en attraper plus ? demande l'Américain. 

L'Indien répond que ces quelques poissons suffisent à assurer la subsistance de sa famille. L'Américain demande alors :

- Mais que faites-vous le reste du temps ?
- Je fais la grasse matinée, je pêche un peu, je joue avec mes enfants, je fais la sieste avec ma famille. Le soir, je vais au village voir mes amis, nous buvons du thé au lait et nous chantons. J'ai une vie bien remplie.

L'Américain l'interrompt :

- J'ai un MBA de l'université de Harvard et je peux vous aider. Vous devriez commencer par pêcher plus longtemps. Avec les bénéfices dégagés, vous pourriez acheter un plus gros bateau. Avec l'argent que vous rapporterait ce bateau, vous pourriez en acheter un deuxième et ainsi de suite jusqu'à ce que vous possédiez une flotte de chalutiers. Au lieu de vendre votre poisson à un intermédiaire, vous pourriez négocier directement avec l'usine et même ouvrir votre propre usine. Vous pourriez alors quitter votre petit village pour Bombay, Los Angeles, puis peut-être New-York d'où vous dirigeriez toutes vos affaires.

L'Indien demande alors :

- Et combien de temps cela prendrait-il ?
- 10 ou 20 ans, répond l'Américain.
- Et après ?
- Après ? C'est là que ça devient intéressant, répond l'Américain en riant, quand le moment sera venu, vous pourrez introduire votre société en bourse et vous gagnerez des millions.
- Des millions ? Mais après ?
- Après ?... Vous pourrez prendre votre retraite, habiter dans un petit village côtier, faire la grasse matinée, jouer avec vos enfants, pêcher un peu, faire la sieste avec votre famille, et passer vos soirées à boire du thé au lait et à chanter avec vos amis..." width="200"/></img>]]>
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<title>Apres le PIB : vers un indicateur de proges humain</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=7&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Comment mesurer la richesse d'une nation ? Depuis Adam Smith et Malthus, cette question a suscité beaucoup de débats parmi les économistes. Petit à petit, un indicateur (et une vision de la richesse) s’est imposé à tous les autres : le PIB (produit intérieur brut). 

Qu'est ce que le PIB ? 

Le PIB est un agrégat de la comptabilité nationale qui vise à mesurer le niveau de production du pays. En clair, c'est une mesure de la production. Inventé par Simon Kuznets en 1934, le PIB s'est imposé logiquement après la seconde guerre mondiale alors que les pays européens étaient en reconstruction. Dans la mesure où il quantifie la production d'un pays, le PIB (et surtout son taux de croissance) est souvent perçu comme un bon indicateur de l'activité économique. De la même façon, le PIB par habitant est souvent compris comme un indicateur de qualité de vie. 

Ce que le PIB ne mesure pas 

Cet indicateur a de nombreuses limites. 

Premièrement, il ne prend pas en compte l'auto-production. Si je fais pousser des pommes dans mon verger et que je les mange, celles ci ne sont pas prises en compte dans le calcul du PIB. Par contre, si je les vends sur les marchés, elles contribuent au PIB. Il en est de même pour les travaux ménagers. Toutes les corvées domestiques ne sont prises en compte que si j'embauche quelqu'un pour les faire à ma place ou si je suis payé pour les faire moi-même. Cela vaut pour l'activité bénévole en général.

Deuxièmement, le PIB ne prend pas en compte, ce que les économistes appellent, les externalités (i.e. dommages collatéraux). Si une entreprise produits des déchets, émet du CO2 ou pollue une nappe phréatique, cela n'a pas d'impact négatif sur le PIB (au moins à court terme). Encore mieux, lorsqu'il faudra créer de l'activité pour dépolluer ou traiter les déchets, cela fera aussi augmenter le PIB. On construit, le PIB augmente, on détruit, le PIB augmente, on pollue, le PIB augmente, on dépollue, le PIB augmente. C'est magique...

Troisièmement, le PIB donne une mesure de ce qui est produit, sans donner d'information sur le contenu de cette production. Produire des fleurs, des armes ou de produits toxiques aura le même impact sur l'augmentation du PIB. On se doute toutefois qu'à long terme, l'impact ne sera pas le même.

Quatrièmement, le PIB ne prend pas en compte (directement) tout ce qui n'est pas marchand. Par exemple, le fait que la vie démocratique d'un pays soit excellente ou que le peuple soit cultivé, ou le fait qu'il y ait des paysages magnifiques, ne sont pas pris en compte dans le PIB (cela vaut pour le patrimoine en général). Toutefois, on peut tout de même penser que le le niveau de culture ou d'éducation, contribuent à coup sur à la croissance (et sont intégrées de façon indirecte au calcul du PIB).

Cinquièmement, il y a la question de la répartition. Le PIB mesure la production mais à aucun moment la façon dont celle-ci peut être répartie parmi la population. Qu'il y ait beaucoup de riches, beaucoup de pauvres ou beaucoup de classes moyennes cela n'a aucune importance. 

D'autres indicateurs 

Pour toutes ces raisons et alors qu'il est souvent compris comme tel, le PIB n'est pas un indicateur de bien être. Ainsi en 1990, le premier rapport mondial sur le développement humain, présente un nouvel indicateur conçu en réponse aux manques du PIB : l'indice de développement humain (Voir carte). Celui ci, tente non pas de mesurer l'activité économique d'un pays, mais au contraire la satisfaction des besoins humains essentiels. Pour cela, et en s'appuyant sur la déclaration universelle des droits de l'Homme de 1948, l'IDH vise à mesurer la qualité de la vie réelle des populations. Cet indicateur est construit a partir de 3 composantes jugées essentielles : la santé (mesuré par l'espérance de vie à la naissance), le niveau d'instruction (mesuré par taux d'alphabétisation des adultes et le taux de scolarisation), et le niveau de richesse (mesuré par le PIB par habitant). 

Dans la lignée de l'IDH, de nombreux autres indicateurs ont étés crées pour mesurer des aspects spécifiques liés à la qualité de la vie. Voici quelques exemples :

BIP40 : mesure de la pauvreté et des inégalités.
ISS : Indicateur de santé sociale.
ISP : Indice de sécurité personnelle.
IPV : Indice de progrès véritable.
Indice de bien-être économique.
Empreinte écologique.
... 

Vers un indicateur de progrès humain 

Malgré ses défauts, le PIB mesure assez efficacement une certaine conception de la richesse basée principalement sur la production de bien matériel. Or, l'urgence écologique nous alerte clairement sur le fait qu'il est temps de changer de modèle de développement, un modèle qui ne soit pas basé sur la sur-abondance matérielle, celle-ci n'étant pas viable. D'ailleurs, ce n'est pas l'abondance matérielle qui rendra la société harmonieuse. Ainsi, pour accompagner la mise en place d'un tel modèle et sortir du capitalisme, il nous faut un nouvel indicateur qui nous serve de boussole : c'est l'indicateur de progrès humain (IPH), proposé par Jacques Généreux dans son dernier livre (réf. ci-dessous). 

L'IPH doit reposer sur ce que les sciences humaines nous apportent sur la connaissance intrinsèque de l'être humain. Il doit être construit sur un fondement anthropologique solide. Or, ce que l'on sait aujourd'hui, contrairement à ce que nous racontent les fables libérales ou autres robinsonnades, est que l'être humain est construit par ses rapports sociaux. L'être humain aspire à être "soi" en tant qu'être autonome, mais toujours en étant en interaction avec autrui (avec la société). Chaque être humain est construit comme une dialectique de ces 2 composantes : être soi et être avec. 

L'IPH doit donc porter ça en lui. Pour cela, il devra être construit autour des 4 axes suivants. Le progrès, c'est d'abord l'émancipation, c'est-à-dire la liberté publique, l'épanouissement (être soi). C'est aussi l'harmonie sociale, le vivre ensemble, la mixité (être avec). Le progrès humain ne peut se faire que dans un cadre de justice et d'égalité (liberté réelle). Enfin, le progrès humain ne peut être réel que s'il prend en compte le droits des générations futures à disposer de ces mêmes droits (écologie). Un indicateur de progrès humain, ne peut donc être que global et intégrer ces 4 éléments au travers d'indicateurs statistiques variés qui restent à déterminer collectivement de façon démocratique. 

Un indicateur forcément démocratique 

La méthode est tout aussi importante que le contenu même de l'indicateur car la force de celui ci est bien qu'il mesure ce que la société considère collectivement comme étant le progrès humain. Ainsi, le contenu de celui-ci doit être compris par le peuple et créé démocratiquement : débats à l'assemblée nationale et ratification par référendum. Ainsi, chaque nation ne construira pas son IPH de la même façon. Et c'est justement parce que celui ci mesurera ce que chaque peuple considère comme progrès humain, que la comparaison entre nations sera possible. 

Tout cela reste à faire. Pour changer de modèle de développement, il faut que les peuples se saisissent de ces questions. Cela passe forcément par une implication populaire massive. Sans cela, le capitalisme se moralisera, se reformera, se reconstruira, mais ça sera toujours le capitalisme. " width="200"/></img>]]>
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<title>Elections europeennes  Le decoupage electoral est-il neutre ?</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=6&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Le 7 Juin prochain ont lieu les élections européennes. C’est un grand moment démocratique. Les citoyens de 27 pays (i.e. 497 millions d’habitants), voteront la même semaine pour élire pour 5 ans les futurs députés européens. Même si le parlement a encore un rôle limité dans les institutions de l'Union, c'est l'instance la plus démocratique. Les députés européens sont élus au suffrage universel direct, secret, à la représentation proportionnelle, avec un seuil de représentativité fixé à 5%. 

Découpage électoral en grandes régions. 

Dans une volonté affichée de rapprocher les députés européens des électeurs, depuis les élections européennes de 2004, la France a découpé son territoire national en 8 circonscriptions électorales (grandes régions). Ce procédé, non imposé mais autorisé par les règles électorales européennes, a principalement pour objectif d'éviter que le vote soit utilisé comme un vote sanction pour le gouvernement national. Pour ces élections, 5 autres pays on également divisé leur territoire en circonscriptions (Irlande, Belgique, Pologne, Royaume-Uni et Italie). 

En France, chaque grande région a un nombre de siège à pourvoir, celui-ci étant défini sur les bases du dernier recensement : 10 pour le Nord-Ouest, 9 pour l'ouest, 9 pour l'est, 10 pour le Sud-ouest, 13 pour le Sud-Est, 5 pour le Massif central et le Centre, 13 pour l'île-de-France et 3 pour l'outre-mer (72 au total). Pour l'attribution des sièges, la règle utilisée est celle de la plus forte moyenne (méthode d'Hondt). Les listes n’ayant pas obtenu 5 % des suffrages exprimés dans la circonscription ne participent pas à la répartition des sièges. 

Une méthode défavorable aux petits partis 

Sur la base du dernier sondage publié par l'IFOP daté du 11 Mai 2009, j'ai tenté de voir quel était l'effet réel de ce découpage sur l'attribution des sièges de députés. A partir des chiffres annoncés par ce sondage, j'ai appliqué la méthode d'Hondt, dans un premier temps comme si la France était composée d'une seule circonscription électorale (cas 1), et dans un second temps avec le découpage effectif en 8 grandes régions (cas 2). 



Même si les chiffres ci-dessus peuvent changer assez vite selon qu'une liste fait 0.5% de plus ou 0.5% de moins, dans tous les cas, le découpage en circonscriptions a un effet principal de favoriser les grands partis (i.e. score élevé) au détriment des petits partis (i.e. score plus faible). Dans l'exemple ci-dessus, le couple PS-UMP obtient 6 sièges de plus dans le cas 2 que dans le cas 1. A l'opposé, Le front de gauche et le MPF-CPNT perdent 3 sièges chacun. Notons au passage que, alors que le seuil officiel pour obtenir des députés est de 5%, avec ce score la liste emmenée par de Villiers (MPF-CPNT) n'obtient aucun siège. 

le véritable enjeu de ce découpage 

L'objectif principal de ce découpage est donc bien d'amoindrir l'effet proportionnel de cette élection, car plus le nombre de siège en jeu est faible, moins l'effet proportionnel est important. Par exemple, en outre-mer, où il n'y a que 3 sièges à pourvoir, on peut raisonnablement penser que le score minimal pour obtenir un député doit être de l'ordre de 20%. 

La justification faite de ce découpage est d'inciter à placer le débat sur le terrain européen (et non sur le terrain national). Or, les 2 partis qui sont favorisés par ce découpage (PS/UMP) ont tout intérêt à ne pas lancer une campagne trop centrée sur les sujets européens. En effet, alors que le PS et l'UMP s'affrontent dans les médias et à l'assemblée nationale sur tous les sujets, le PPE et le PSE votent 9 fois sur 10 ensemble au parlement européen. Alors qu'en France, le PS dit qu'il faut tout faire pour ne pas reconduire Barroso, 6 de ses commissaires sont du PSE. Enfin, rappelons que, alors que les français s'étaient saisis (enfin) du débat européen lors du référendum sur le TCE pour finalement le rejeter, ces 2 partis avaient fait campagne pour sa ratification et sont aujourd'hui favorables au traité de Lisbonne, copie conforme du TCE. Bref, ils ont tout intérêt à ne pas ouvrir un débat qui peut les défavoriser. 

D'une part, le découpage en grandes régions défavorise les petits partis qui mènent une campagne active (e.g. Europe écologie et Front de Gauche), et d'autre part, avantage les gros partis qui font tout pour ne pas parler d'Europe. En Pologne, alors que le territoire a été découpé en 13 circonscriptions électorales (record d'Europe), un taux d'abstention de près de 80% est annoncé. Est-ce vraiment un hasard ?" width="200"/></img>]]>
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<item>
<title>La Turquie est-elle en Europe ?</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=5&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Depuis le 1er Janvier 2007, l'Union Européenne compte 27 états membres. Cela représente, en 2000, 3% des terres émergées de la planète, 8% de la population, mais surtout 22% de la richesse et presque 19% des émissions de CO2. Et, alors que 3 pays sont actuellement officiellement candidats à l'intégration à l'Union (Macédoine, Croatie et Turquie, et peut être bientôt l'Islande), se pose alors la question des limites de l'Europe, question particulièrement sensible dans le cas de la Turquie. Pour Sarkozy, favorable à un "partenariat privilégié" plutôt qu'à l'adhésion pleine et entière de la Turquie à l'Union, "la Turquie est en Asie mineure" (sic) et ne peut donc intégrer un espace dont seuls les pays européens peuvent faire parti. Dans une récente émission de radio sur France inter, j'entendais Michel Barnier dire que sur les cartes, on voyait tout de suite que la Turquie n'était pas en Europe. Autre pays, autre exemple, en octobre 1987, la demande d'adhésion du Maroc à l'Union européenne a été rejetée d'un revers de main sous prétexte que le Maroc n'était pas un pays européen. 

L'argument géographique est-il vraiment objectif et honnête ? 

Y-a-t-il un continent Européen ? 

Le mot continent vient du latin continens terra, (i.e. terres continues). Un continent renvoie donc à une vaste étendue de terre à la surface du globe. Si on opère une généralisation cartographique de la répartition des terres et des mers (carte 1 ci-dessous), on observe qu'en lieu et place d'un éventuel continent européen, on ne trouve qu'un golfe méditerranéen, ou un simple cap du continent Eurasiatique. Il y a 5 continents (plus l'Antarctique), mais pas d'Europe. Pour Paul Valéry, l'Europe n'est qu'un "appendice occidental de l'Asie". 

Mais, cette notion de continent est un peu réductrice. L'Union Européenne concentrant une masse de population et de richesse, on peut se demander si l'Europe ne serait pas un espace démographique ou économique aux frontières bien définies. Si on effectue une autre généralisation cartographique sur la population (carte 2 ci-dessous) ou sur la richesse (carte 3 ci-dessous), l'espace comprenant l'Union Européenne délimite dans le premier cas, un espace Euroméditerranéen, et dans le second cas, un espace Euro-Africain encore plus vaste. Mais toujours pas d'Europe... 

Le continent Européen n'existe pas ! 

L'utilisation d'un argument géographique, aussi pratique que définitif, est en fait un moyen démagogique pour ne pas débattre des vrais enjeux d'une adhésion de la Turquie à l'Union Européenne. Pourtant, le débat mérite d'être ouvert. Alors que l'intégration massive de 12 nouveaux pays à l'UE depuis 2004 a certainement été un frein à la mise en place d'une Europe politique et alors qu'il aurait sans doute fallu avancer dans le sens d'un approfondissement avant l'élargissement, l'adhésion de la Turquie risque de ne pas arranger les choses. De plus, dans cet espace ou prime la concurrence libre et non faussée, l'ouverture à un nouveau réservoir de main d'œuvre bon marché est du pain béni pour les entrepreneurs, mais probablement une catastrophe pour les travailleurs qui risquent de subir de plein fouet les effets du dumping social. Peut être est-il nécessaire d'arrêter le processus d'élargissement "tant que les institutions n'auront pas été démocratisées et que les droits sociaux n'auront pas été garantis" (texte du PG adopté lors du congrès fondateur). 

Non à la théorie choc des civilisations. 

Cependant, l'adhésion de le Turquie serait un message fort quant à l'ouverture de l'UE aux différentes cultures. L'Union Européenne est une construction politique qui ne doit pas se construire sur des critères culturels ou religieux. Plutôt que de s'allier avec les Etats-Unis dans un grand marché transatlantique et ainsi consolider une vision Huntingtonienne d'un bloc occidental face aux autres civilisations, il serait à coup sur préférable d'ouvrir les portes de l'UE à la Turquie. Opposé à l'adhésion de la Turquie, Silvio Berlusconi est quant à lui favorable à l'adhésion d'Israël. L'argument géographique a bon dos... 

La question des limites de l'Europe est une question complexe. La seule solution est démocratique. Discutons, débattons, argumentons... mais sans démagogie ! 

Pour finir, voici ce qu'écrivait Halford Mackinder en 1904 : 

"Une vaste ceinture de terres presque inhabitées, parce que pratiquement arides, s'étend à travers toute l'Afrique du Nord jusqu'à l'Arabie, formant le désert du Sahara. L'Afrique centrale et du Sud se trouvaient coupées de l'Europe et de l'Asie pendant la plus longue partie de l'Histoire, de manière aussi absolue que l'étaient les Amériques ou l'Australie. En fait, la frontière méridionale de l'Europe était, et demeure, le Sahara beaucoup plus que la Méditerranée, car c'est bien le désert qui sépare l'homme noir de l'homme blanc". " width="200"/></img>]]>
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<title>Pour une repartition des richesses en Europe</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=4&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/En Europe, l'écart de PIB par habitant (en euro) entre le pays le plus riche (Luxembourg) et le pays le plus pauvre (Bulgarie) est de l’ordre de 1 à 20, de 1 à 13 si on exclut le Luxembourg. Au Niveau régional, au-delà de la concentration de richesses bien visible dans les zones métropolitaines, la carte ci-dessus dessine surtout le fossé économique qui sépare l’Europe de l’Ouest de l’Europe de l’Est. Les régions les plus défavorisées se trouvent à l’Est alors que les régions les plus favorisées se situent dans l’Ex-Europe des 15. A l’exception de l’ex-RDA, La limite entre ces 2 zones suit précisément la limite du Rideau de fer. 

Une telle situation n’est pas sans créer quelques tensions. Et, alors que nous vivons une crise économique grave, la solidarité européenne ne s’exprime que très faiblement, certains pays pauvres de l’Union Européenne étant obligés de demander de l’aide auprès du FMI. Bref, il est urgent de réorienter les politiques de l’UE vers un objectif premier de solidarité. Cela pourrait commencer par un doublement du budget européen dont l’utilisation serait pilotée démocratiquement par un parlement européen aux pouvoirs renforcés. Ensuite, si nous considérons les pays d’Europe de l’Est comme autre chose qu’un réservoir de main d’œuvre bon marché, il est urgent de mettre en place une harmonisation sociale par le haut (e.g. salaire maximum et salaire minimum européen fixé en fonction du niveau de richesse par habitant de chaque pays) et de sortir du dogme néolibéral de "concurrence libre et non faussée". Enfin, peut être est-il temps également de remettre sur la tapis la question du protectionnisme européen, défendu notamment bec-et-ongles par le démographe Emmanuel Todd. 

Les élections européennes sont le 7 juin…" width="200"/></img>]]>
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<title>Cooperation vs Competition:  Le dilemme du prisonnier</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=3&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Mettez-vous en situation : Vous êtes un criminel arrêté par la police et enfermé en isolement. Vous avez un complice, arrêté et enfermé lui aussi. Vous ne pouvez pas communiquer avec lui. Voici les règles. 

Si l’un avoue et pas l’autre, celui qui a avoué sera emprisonné à perpétuité tandis que l’autre sera libéré. Si vous niez tous les deux, vous écopez tous les deux de 20 ans de prison. Si vous avouez tous les deux, le jugement est plus clément, vous écopez chacun de 10 ans de prison.

Dilemme… Avouer ou pas avouer ?

Il y a 4 cas de figures :

- Nous avouons tous les deux, j’écope de 10 ans de prison.
- J’avoue et l’autre nie, je suis enfermé à perpétuité.
- Nous nions tous les deux, j’écope de 20 ans de prison
- Je nie et l’autre avoue, je suis libéré

Donc, si mon complice avoue, j’ai le choix entre avouer (10 ans) et nier (libéré), donc je nie. Si mon complice n’avoue pas, j’ai le choix entre avouer (perpétuité) ou nier (10 ans), donc je nie. Le seul choix rationnel est donc de ne pas avouer. Le problème est que mon complice fait le même raisonnement et nous écopons tous les deux de 20 ans de prison. Nous aurions pu amoindrir notre sanction si nous avions pu nous entendre (i.e. coopérer) et avouer tous les deux.

Le dilemme du prisonnier est un exemple célèbre de la théorie des jeux. En effet, John Nash, (Prix Nobel 1994) a montré très tôt qu'alors qu'il existe des solutions collectives préférables, la compétition entre individus rationnels aboutit au pire des choix possibles. C’est un résultat essentiel de l’économie la plus orthodoxe qui soit puisqu'il démontre l’inefficacité de la "main invisible du marché" ou de la "concurrence libre et non faussée". Pourtant, la construction européenne et la mondialisation libérale se fait sur ces bases, en faisant comme si ce résultat essentiel n'avait jamais été démontré..." width="200"/></img>]]>
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<title>Un 1er mai unitaire </title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=2&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/160 000 manifestants en Ile-de-France, 45 000 à Bordeaux, 35 000 à Marseille, 30 000 à Grenoble et à Toulouse. Au total, 1.2 million de personnes ont manifesté sur 280 cortèges. C’est un premier mai historique. En 2003, alors qu'on était en plein mouvemen" width="200"/></img>]]>
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<title>Mourir aux frontieres de l'Europe</title>
<link>http://blog.lambert.free.fr/index.php?id=1&type=texte</link>
<description><![CDATA[<img src="http://blog.lambert.free.fr/images/Ce poster a remporté le premier prix du Festival international de de géographie de Saint-Dié des Vosges en 2008." width="200"/></img>]]>
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