PARIS, 10 juin 2013 (AFP) - Le gouvernement veut inscrire dans la loi le droit des journalistes d'accéder aux centres de rétention, où sont placés les sans-papiers avant leur expulsion, a annoncé lundi le ministère de l'Intérieur.
"L'accès des journalistes aux centres de rétention sera dans le prochain projet de loi immigration", qui doit être présenté en Conseil des ministres à la rentrée, a indiqué à l'AFP l'entourage de Manuel Valls.
Les modalités pratiques pour "permettre aux journalistes d'entrer sans empêcher les services de fonctionner" ne sont toutefois "pas encore arrêtées", a ajouté cette source.
En France, la loi pénitentiaire de 2009 établit précisément sous quelles conditions un directeur de prison peut refuser à un journaliste d'entrer dans son établissement.
Mais rien n'existe pour les centres de rétention administrative (CRA) ou les zones d'attente en aéroport. Dans ce vide juridique, l'administration refuse quasiment systématiquement les demandes de journalistes.
Environ 25.000 personnes sont passées en 2011 par un CRA de métropole et autant en Outre-Mer, selon un rapport d'associations publié fin 2012.
Depuis plus d'un an, les réseaux Migreurop et Alternatives européennes mènent une campagne baptisée "Open Access" pour faciliter l'accès aux structures de détention des étrangers sur l'ensemble du continent européen. Dans ce cadre, Reporters sans frontières (RSF) avait transmis en octobre un recours au ministère de l'Intérieur pour obtenir l'accès en CRA.