
Alors qu'il est dores et dejà annoncé que le couperet de la finance tombera sur la France au lendemain de l'election présidentielle, les deux "grands" partis manquent de réponses. Entre la concurrence libre et non faussée assumée par Sarkozy et son traité de Lisbonne ravageur et Hollande qui défend une social démocratie sympathique mais devenue inopérante face à un capitalisme qui s'est transnationalisé, la crise a de beaux jours devant elle. Et ce ne sont pas les réponses autoritaires et xénophobes d'un Front national obnubilé par les questions d'immigration qui seront crédibles face à un capital prédateur que le parti de la famille Le Pen a toujours cajolé. Cette crise que nous avons sous les yeux, qui est une crise de la spéculation et non une crise de la dette dite souveraine, produit beaucoup de pauvres, mais aussi beaucoup de riches ; bref, elle accroît les inégalités. Face à cela, un seul remède, le partage des richesses.
Place au peuple
"Une insurrection qui éclate, c'est une idée qui passe son examen devant le peuple"
(Victor Hugo, les misérables)
Partout dans le monde, quand le peuple se révolte, il descend dans la rue et occupe l'espace public. Après la place Tharir au Caire, la plaza del Sol des indignés à Madrid ou Occupy Wall street, ce fut au tour de la France et de sa prise de la Bastille le 18 mars dernier. Avec 120 000 personnes rassemblées devant les yeux incrédules des journalistes médusés, le peuple français a fait lui aussi immersion sur la scène politique. Au fur et à mesure que ce mouvement grandit, le peuple s'éduque, se conscientise et grandit. Il est là non pas pour soutenir simplement un candidat, mais bel et bien sur des idées et un contenu politique dont il est lui même le maître d'œuvre. La révolution citoyenne nécessite l'implication populaire car la révolution ne se décrète pas d'en haut. Il n'y a pas d'homme providentiel. Bref, c'est le retour du peuple.
Melenchon présisons
"Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience"
(Jean Jaurès)
Aussi talentueux et fort en gueule qu'il soit, Jean-Luc Mélenchon n'est pas notre sauveur. C'est notre porte drapeau, notre porte parole, celui qui défend la parole commune. Dans les meetings du front de gauche, on ne crie pas son nom, on crie "RESISTANCE" ! Ces masses de femmes et d'hommes qui se rassemblent à ses meetings ne sont pas une foule de supporters venus soutenir un chef, ils forment une assemblée consciente au service d'un projet politique élaboré collectivement. On ne deplace pas 120 000 personnes à la bastille un jour de pluie pour entendre parler 20 minutes quelqu'un à une tribune, aussi bon orateur qu'il soit. On y va pour pour etre ensemble et faire une démonstration de force.
Tout comme notre projet, notre campagne est collective. Une seule consigne, n'attendez pas les consignes, tel est notre mot d'ordre. Si nous voulons prendre le pouvoir avec le Front de Gauche, c'est pour le partager car le peuple est partie prenante de la democratie ; on ne gouverne pas contre lui. Il faut donc en finir avec la monarchie quinquennale qui concentre tous les pouvoir dans les mains d'une seule personne. Il faut passer à la 6e république. S'il est est élu, Jean-Luc Mélenchon sera le dernier président de la 5e république. Une fois au pouvoir, le Front de gauche convoquera une assemblée constituante. Cette assemblée aura la charge de définir les règles de la 6e république pour qu'enfin le peuple puisse exercer pleinement sa souveraineté. Cette 6e république sera parlementaire, sociale, féministe et participative.
L'Humain d'abord
"Osez ! Ce mot renferme toute la politique de notre révolution"
(Saint-Just)
Élaboré collectivement par de nombreux acteurs de l'autre gauche rassemblés au sein du Front de Gauche, l'Humain d'abord est le programme proposé au peuple Français pour l'élection présidentielle et les élections législatives à venir. Plaçant l'Humain au coeur de son projet, le Front de Gauche rappelle à travers ce programme que l'économie est au service des peuples, et non l'inverse. Ainsi, notre programme partagé propose en premier point de partager les richesses et d'abolir l'insecurité sociale. Cela passe par l'instauration d'un salaire maximum, d'une augmentation du SMIC à 1700 euros, de la mise en place d'un effort de solidarité partagé par l'établissement de 14 tranches d'impôts sur le revenu, de la titularisation des précaires de la fonction publique et de faire en sorte de le CDI redevienne la norme dans notre pays. Halte au précariat (précarité/prolétariat). Mais, même si nous nous appuyons sur la demande pour relancer l'économie, nous ne voulons pas la croissance à n'importe quel prix. Conscients des ravages du productivisme, notre cap, le socle de notre programme, c'est la planification écologique. Le capitalisme s’est structurellement développé selon une économie de gaspillage des ressources naturelles. Il est temps de penser le développement et le progrès humain sur le temps long et donc planifier. Nous créerons donc un pôle financier public qui permettra d’investir dans une réorganisation de notre appareil de production. Par l'intermédiaire d'un protectionnisme social et écologique, nous relocaliserons l'économie pour que cesse hémorragie de la desindustrialisation. Enfin, avec la règle verte, nous engagerons la sortie des énergies carbonées. Évidemment, rien de tout cela n'est possible dans le cadre du traité de Lisbonne dont il faudra sortir. Notre projet est au service du progrès humain et a pour objectif l'émancipation des femmes et des hommes de notre pays. Bref, c'est l'Humain avant la finance.
Prenez le pouvoir
"La meilleure forteresse des tyrans, c'est l'inertie des peuples"
(Machiavel)
La révolution citoyenne est en marche ; elle est inéluctable. Car alors que chaque jour, la crise financière frappe un peu plus durement les plus démunis, la cocotte minute boue. Y mettre un couvercle dessus n'y changera rien. Que ce soit en Grèce, en Espagne, en Italie ou au Portugal, les peuples d'Europe n'en peuvent plus. Dans cette Europe qui est plus riche qu'elle n'a jamais été, le peuple est laissé pour compte et chaque jour un peu plus dépossédé de sa souveraineté. Pourtant, en démocratie, c'est le peuple qui gouverne. Le souverain, c'est nous ! Reprenons le pouvoir. Vous aussi, aidez nous a faire avancer la révolution citoyenne. L'austerité n'est pas une fatalité, prenez le pouvoir.